Simon Compaoré : Les Koglweogo « font partie de la police de proximité »

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En lieu et place des Koglweogo de Léo, ce sont ceux de la province de la Gnagna qui ont répondu à l’appel du ministre de la sécurité intérieure, Simon Compaoré ce lundi 7 mars 2016. L’occasion a donc été saisie par ce dernier pour s’entretenir avec ces groupes d’auto-défense pour mieux les encadrer.

« Ce sont des Initiatives locales de sécurité (ILS) ». C’est par ces termes que le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré qualifie les Koglweogo dans leur ensemble, au même titre que les Dozo par exemple, dit-il. « Ces ILS font partie de ce qu’on appelle la police de proximité, qui révèle plusieurs variantes », précise le ministre.  

Historique. « L’affaire des Koglweogo ne date pas d’aujourd’hui », a noté Simon Compaoré en tirant vers lui, un récépissé au nom de l’Association Kolgweogo du département de Namissiguima/Province du Yatenga  datant du 1er décembre 2010 et établi à Ouahigouya par le Haut-Commissaire d’alors, Jean-Baptiste Zongo.

Simon Compaoré : Les Koglweogo « font partie de la police de proximité »

Simon Compaoré a rencontré les Koglweogo de la Gnagna ( à gauche) le lundi 7 mars 2016 – ©Burkina 24

Ce bref historique a amené Simon Compaoré à affirmer que le phénomène n’est pas nouveau.

Ainsi dit-il, les populations ont senti la nécessité de s’organiser pour assurer leur sécurité.

« Dans notre pays, il y a plus de 8 900 villages et on ne peut pas penser un seul instant qu’il est possible et loisible à l’Etat de placer et d’installer soit des commissariats de police ou des brigades de gendarmerie partout. Ce n’est pas possible », relève Simon Compaoré.

38 fusils. Pour ce dernier, il est nécessaire et impérieux que ces structures d’autodéfense qui naissent partout se fassent reconnaître dans leur ressort territorial pour pouvoir aider la police et la gendarmerie dans la sécurisation des personnes et des biens.

Cette rencontre « improvisée » avec les Koglweogo de la province de la Gnagna a donné lieu à des témoignages.

Le pasteur Sibiri Boulgou, président des Koglweogo de Mani, un département du Burkina situé dans la province de la Gnagna dans la région de l’Est, explique que ce qui l’a amené à intégrer les comités d’auto-défense, c’est le fait que « les voleurs avaient commencé à agresser les gens dans les maisons.

Donc, nous avons mis en place le Koglweogo de Mani. Le 16 janvier, nous avons arrêté plus 100 bandits qui travaillent actuellement avec nous. Nous avons pu récupérer 38 fusils. Actuellement, nous sommes en paix dans notre localité ».


Témoignage de Daouda Haro, président des Koglweogo de Bogandé

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Légalité. Pasteur Sibiri Boulgou précise que le but de sa structure n’est pas de « tuer ». « Je suis pasteur et nous ne voulons pas tuer. Nous voulons que les gens arrêtent de faire le mal. Nous n’avons pas de banques, c’est l’élevage qui nous fait subsister », poursuit-il.

En sus du président des Koglweogo de Mani, celui de Bogandé a également expliqué le but de son organisation. Le ministre de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, tout en saluant le travail des Initiatives locales de sécurité (ILS) a tenu à les inciter à s’inscrire dans la légalité.

Yannick SAWADOGO

Burkina 24

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