Simon Compaoré : « Je me porte bien dans la nouvelle robe qui m’a été taillée »

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Simon Compaoré n’en finit pas avec ses envolées lyriques dont lui seul a le secret et il s’en sert à chacune de ses sorties. Ce jeudi 8 février 2018, lors d’un point de presse qu’il a animé à Ouagadougou, Simon Compaoré s’est enfin prêté aux questions des journalistes qui le bousculaient depuis le lendemain du remaniement ministériel pour son avis sur son nouveau poste de ministre d’Etat auprès de la présidence. 

A la question d’un journaliste de savoir si son nouveau poste de ministre d’Etat auprès de la présidence n’était pas une façon de le mettre au garage, Simon Compaoré a d’abord laissé entendre qu’il n’était qu’un jeune ministre comparativement à d’autres personnes (il indexe l’actuel ministre de la sécurité intérieure Clément P. Sawadogo, plusieurs fois ministre sous Compaoré et Philippe Ouédraogo, ministre sous la révolution) qui ont changé plusieurs portefeuilles ministériels. (Rire dans la salle)

Et de continuer sur  un ton plus sérieux : « La fonction de ministre n’est pas une sinécure. Si vous saviez ce que je pensais,  vous n’allez même pas poser une question. Vous me voyez au garage ? Ça ne me ressemble pas », insiste-t-il.  « C’est  une mission que je vais m’évertuer à accomplir selon les forces que Dieu va me donner jusqu’à ce que la mission prenne fin.  Donc laissez Simon Tranquille.  En tout cas,  moi je me porte bien dans la nouvelle robe qui m’a été taillée », amuse-t-il la salle.

« Paul Kaba Thiéba  peut faire notre affaire, where is the problem ?”

A la question de savoir pourquoi le Premier Ministre Paul Kaba Thiéba a été reconduit alors que  beaucoup d’observateurs le voyaient partant,  Simon Compaoré, tout en amusant une fois de plus l’assistance,  indique que  « la réponse est simple ».

 « Comme le président ne vous a jamais consultés… Thiéba I,  j’ai au moins l’information que vous n’avez pas été consultés.  Thiéba II,  vous n’avez pas été consultés et c’est tout à fait normal que Thiéba III vous ne soyez pas consultés. C’est un pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat de choisir qui il veut, qui il pense qu’il peut faire son affaire à même de mettre en œuvre avec une équipe,  son programme pour qu’il soit au rendez-vous de 2020 », explique le président par intérim du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Selon lui, c’est même un débat inutile.

« Si vous pensez qu’il est inapte à la fonction, vous aurez l’occasion en 2020  de donner votre sanction. Mais en attendant, si le président pense qu’il peut faire son affaire, laissez le président s’assumer parce qu’au moins lui il a été élu. De notre côté,  on estime qu’il travaille, qu’il peut faire notre affaire, where is the problem ? ».

Quand la langue de Simon fourche, mais traduit bien sa pensée…

Abordant la question sur les changements répétitifs constatés à la tête du ministère en charge de la culture, Simon Compaoré répond en indiquant que ces changements sont dus aux « turpitudes » qui règnent actuellement au sein du Parti pour la Renaissance Nationale (PAREN), le parti de Laurent Bado qui a fait du ministère de la culture, sa chasse gardée.

Le Président du MPP se ravisera plus tard pour dire qu’en lieu et place de « turpitude » (qu’il avait employé deux ou trois fois), il voulait employer le mot « turbulence ». Un terme beaucoup plus souple selon lui. Il terminera en indiquant que « dans tous les cas, ce qui nous importe, c’est que nous avons quelqu’un à la culture qui reçoit une feuille de route de la part du chef du gouvernement et qui a l’obligation de faire en sorte que le restant du temps qui nous est imparti, il puisse accomplir correctement la mission à lui confiée ».

Maxime KABORE

Burkina 24

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