Sécurité: Simon Compaoré rappelle aux Koglwéogo qu’ils ne sont «ni policiers, ni gendarmes, ni juges»

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Le Ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure (MATDSI), Simon Compaoré, a rencontré certains Kolgweogo ce lundi 7 mars 2016 à Ouagadougou. Cette rencontre visait à « permettre à l’autorité en charge de la sécurité intérieure, de s’imprégner du mode opératoire des Koglwéogo et de les recadrer vis-à-vis des règles en matière de sécurité ».

Le 26 février 2016, des individus se réclamant des Kogléweogo de Boutourou avaient arrêté et séquestré un catéchiste sous prétexte qu’il refusait de s’acquitter des frais d’adhésion au groupe d’auto-défense. Le 1er mars 2016, c’était  à leur tour d’être arrêtés et ligotés par leurs pairs de Léo et Sapouy. Une situation que d’aucuns qualifiaient de « dérapage dans les rangs des Kogléweogo ».

Cette rencontre était donc prévue se tenir entre le MATDSI et les Kogléweogo de Léo. Ceux de Léo ne sont pas venus. En lieu et place, ce sont les Kogléweogo de la Gnagna qui étaient face au ministre de la Sécurité. Occasion pour Simon Compaoré de préciser que « les Kogléweogo existent depuis décembre 2010 par un récépissé délivré par l’ancien Haut-commissaire de Ouahigouya, Jean-Baptiste Zongo ».

Pour le ministre Simon Compaoré,  il faut voir plutôt le rôle positif que jouent les Kogléweogo que de leur faire un faux procès. « Il n’est pas possible et loisible à l’Etat central d’installer des commissariats et des brigades de gendarmerie dans tous les 8 900 villages que compte le Burkina Faso. C’est parce qu’il y a eu une telle initiative, que les populations ont pu assurer leur propre sécurité », fait remarquer le ministre de la Sécurité. Et d’ajouter que « cela n’est pas tombé du ciel comme on veut le faire croire ». La collaboration entre Kogléweogo et forces de sécurité est une  « opération gagnant-gagnant », affirme le ministre.

« Ni policiers, ni gendarmes, ni juges »
Le Burkina Faso étant un Etat de droit, le ministre d’Etat a rappelé aux Kolgwéogo qu’ils ne sont « ni policiers, ni gendarmes, ni juges ». Par contre, ces Initiatives locales de sécurité font parties de ce que le ministre Compaoré appelle « police de proximité ». Il est donc nécessaire et impérieux pour ces structures qui naissent, de se faire reconnaitre par l’autorité administrative et d’éviter d’outrepasser ce qui est prévu par la loi. « Aucune dérive ne sera tolérée désormais », a martelé Simon Compaoré. D’ailleurs, Simon Compaoré prévoit faire une descente dans les localités concernées les jours à venir en vue de rencontrer et sensibiliser les acteurs.

Pour sa part, Daouda Harro, président des Koglwéogo de Bogandé depuis le 12 février 2016 (date de sa mise en place), est plus que satisfait de cette rencontre qui permettra selon lui, de recadrer les choses. Au total, ce sont 75 coupeurs de route et des voleurs d’animaux qui ont été arrêtés, 35 motos et 19 fusils qui ont été récupérées par les hommes de Daouda Harro. « Vous pouvez circuler aujourd’hui dans notre région appelée communément zone rouge avec vos biens sans crainte », rassure M. Harro. A l’entendre, « il appartient désormais au gouvernement de prendre ses responsabilités ».

Abel Azonhandé

Fasozine