Sécurité et défense: Ces ministères «ne devraient pas être occupés par des copains politiques»

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L’opposition politique qui accuse le pouvoir de « déstabilisation » des mairies qu’elle dirige ne démord pas et continue de réclamer le limogeage « pur et simple » des ministres de la défense et de la sécurité.

Au menu du rendez-vous des mardis au Chef de file de l’opposition politique (CFOP) ce 23 octobre 2018, l’attaque de la brigade de gendarmerie au « centre de la ville de Djibo » et la question des mairies dirigées par l’opposition politique.

Aristide Ouédraogo du Front patriotique pour le renouveau (FPR) et Youmali Lompo du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), conférenciers du jour, citent le maire de la ville qui aurait accordé une interview à la voix de l’Amérique, dans laquelle, il aurait affirmé qu’« il n’y a pas eu de renfort ». Ce qui provoque un étonnement de leur part en raison de la présence d’un détachement militaire dans la localité.

« Cette attitude, concèdent-ils, peut être comprise par l’effet des mines et des embuscades dans lesquelles les forces tombent en allant en renfort », avant d’ajouter que « ce ne sont pas les braves forces de défense et de sécurité qui saignent qu’il faut accuser (…) » mais « les autorités civiles qui sont censés fournir les moyens de combats notamment contre les mines ainsi qu’une puissance de feu au moins égale à celle de l’ennemi ».

Face au « revers, résultat d’une gouvernance défaillante », les conférenciers requièrent de « limoger purement et simplement » des ministères de la défense et de la sécurité qui « ne devraient pas être occupés par des copains et compagnons politiques » en les remplaçant par « des spécialistes expérimentés et compétents ». Le président du Front patriotique pour le renouveau ne cache pas son étonnement face à l’attitude de « retranchement » des ministres Jean Claude Bouda et Clément Sawadogo.

« Les attaques se sont passées la semaine dernière. De la semaine dernière, nous sommes à mardi, quel est le haut dirigeant de l’Etat qui est allé dans cette localité remonter le moral des populations ?, interroge Aristide Ouédraogo avant de faire part de son étonnement. Pas un seul ! (…) Le ministre de la défense ne s’est pas rendu lui-même pour remonter le moral des troupes ni pour encourager et remonter le courage des populations. Le ministre de la sécurité, pareil ».

Tentative de déstabilisation des mairies dirigées par l’opposition

La crise dans l’arrondissement 3 de la capitale Ouagadougou est imputée au parti au pouvoir par l’opposition. « Après de vaines tentatives de faire tomber madame le maire de l’arrondissement 3, le MPP a entrepris une vague tentative de déstabilisation de la quasi-totalité des mairies dirigées par l’opposition politique dans le Kadiogo », accuse le CFOP dans sa déclaration liminaire.

La tentative passe pour une « crise de folie consécutive à la marche meeting à succès du 29 septembre ». La maire Rainatou Ouédraogo/Sawadogo ne serait pas l’unique victime. Le maire Seydou Compaoré de l’arrondissement 7, « élu maire avec le concours de certains conseillers de la majorité », serait lui aussi sur la sellette. S’il a été l’objet d’« une motion de défiance fomentée par les conseillers municipaux MPP et alliés », avec pour motif qu’il « a pris activement part à la marche meeting de l’opposition » en plus d’avoir été président de la commission mobilisation de la marche meeting de fin septembre.

La même manœuvre, affirment les deux conférenciers, serait en répétition « dans plusieurs autres mairies dont l’opposition politique a la gestion ». Aristide Ouédraogo et Youmali Lompo s’affichent inquiets. Ils s’inquiètent qu’ à un « moment où tout le monde s’accorde sur le fait que l’unité nationale est plus que nécessaire, (…) pour le MPP ce qui importe le plus, c’est comment faire pour rester au pouvoir tout en déstabilisant l’opposition dans toutes les sphères de décisions (assemblée nationale, mairies, partis politiques) »

« Le pouvoir, analyse Youmali Lompo, président du PNDS, tente toujours de diviser pour pouvoir s’installer ». Avec les crises déclenchées dans les mairies où il y a eu des affrontements, « camp de ceux qui sont au pouvoir », cela témoigne selon lui de son « incapacité à discipliner » leurs militants.

Oui KOETA

Burkina 24

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