Sécurité alimentaire en Afrique : Réduire la malnutrition et l’état de famine grâce aux biotechnologies

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Sécurité alimentaire en Afrique : Réduire la malnutrition et l’état de famine grâce aux biotechnologies

C’est sous le thème : « Les biotechnologies dans les systèmes de production durable pour une sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique » que s’est tenu le Colloque international sur la sécurité alimentaire en Afrique.

Ces journées ont rassemblé à l’Université Ouaga 1 plus d’une centaine d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, universitaires, doctorants, représentants du secteur privé, experts des ONG et de partenaires au développement venus d’une dizaine de pays d’Afrique et d’Europe.

Quatre panels et quatre sessions ont marqué les échanges scientifiques :

Les panels ont porté sur la question principale de la sécurité alimentaire. En effet, les participants ont fait d’abord l’état des lieux de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition en Afrique. Aussi, ils ont évoqué la problématique des changements climatiques ; des opportunités et des risques des organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que la valorisation des produits locaux.

Quant aux sessions, elles ont porté sur le thème des biotechnologies. Selon la convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique, Article 2, « la biotechnologie est définie comme « une technique qui utilise les organismes vivants ou les substances organiques pour créer ou modifier un produit, pour améliorer les plantes ou les animaux ou développer des micro-organismes à des fins spécifiques ». Au cours des quatre sessions, les participants ont abordé les thèmes suivants relatifs aux biotechnologies notamment :

Session 1 : Biotechnologies et productions agro¬pastorales durables pour assurer la disponibilité et l’accessibilité alimentaire en Afrique ;

Session 2 : Biotechnologies et valorisation des aliments locaux pour lutter contre la malnutrition (sous et surnutrition) et garantir la sécurité alimentaire en Afrique ;
Session 3 : Biotechnologies et protection de l’environnement pour une agriculture durable en Afrique ;

Session4 : Biotechnologies, Résilience et Nouvelles Stratégies économiques des populations rurales africaines face au changement climatique.

Un satisfecit général à l’heure du bilan du Colloque.

Pour le Pr Alfred TRAORE, président de Réseau africain des biotechnologies et par ailleurs Directeur du Centre de recherche en sciences biologiques alimentaires nutritionnelles de l’U.F.R. S.V.T de l’UO1-JKZ, « les débats ont été très enrichissants autour de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, deux aspects de l’alimentation conditionnant fortement la santé des populations, c’est-dire la force de travail pour le développement de nos Etats ».

Le Représentant du Parain, Pr Alou KEITA, dans son discours a rappelé l’intérêt des technologies et de l’innovation dans le développement des nations. Pour lui : « Face à l’incapacité des méthodes traditionnelles de productions agricoles, les biotechnologies se présentent aujourd’hui comme l’alternative d’optimisation de ces roductions », a-t-il soutenu.

Le Pr Jean Noel PODA, représentant le Ministre en charge de l’Enseignement Supérieur a relevé que « la sécurité alimentaire et nutritionnelle constitue un défi en Afrique où plus de 25 % de la population souffre de malnutrition sous toutes ses formes. C’est pourquoi les recommandations formulées à l’issue de ce colloque retiendront l’attention de tous les acteurs engagés dans la construction d’un développement durable au profit de notre continent : politiques, décideurs, ONG, communautés à la base ».

Au cours du Colloque, il a été lancé la publication du Journal du R.A.BIOTECH sous l’appellation : Journal International des Biotechnologies et des Sciences alimentaires (JIBSA). Aussi, ce colloque a permis de distinguer les dix (10) meilleurs travaux présentés par les jeunes chercheurs ou les doctorants incluant au moins 40 % de femmes.

Des recommandations du Colloque :

1. Améliorer les capacités en sciences, technologie et innovation à travers des programmes régionaux de formation pertinents et bien ciblés ;

2. Stabiliser les produits agricoles et pastoraux grâce à la mise en place des unités industrielles de leur transformation en vue d’accroître leur valeur ajoutée ;

3. Améliorer le contrôle qualité des aliments, pour répondre à des demandes de qualité, de plus en plus exigeante, de la part des populations, en ce qui concerne leur alimentation ; améliorer les capacités d’évaluation des impacts de nouvelles agriculture (biosécurité).

4. Promouvoir des innovations durables qui préservent l’environnement et qui accentuent la part des ressources renouvelables utilisées pour les activités agricoles. Prendre en compte d’autres services écosystémiques, alloués à l’agriculture : préservation de la biodiversité ;

5. Proposer aux acteurs de l’agriculture des technologies permettant une intensification de la production agricole, basée sur une meilleure efficience de l’utilisation de l’eau et des nutriments, et une capacité de contrôle des phytoparasites : amélioration de la gestion des ressources en eau, intensification du recyclage des éléments nutritifs des plantes (azote, phosphore), amélioration génétique des plantes cultivées avec une prise en compte des fonctions multiples qu’elles assurent pour les populations ;

Service de communication UO1-JKZ

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