Santé sexuelle : L’ONIDS/BF forme des acteurs sur la gestion de l’hygiène menstruelle

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L’Organisation pour de nouvelles initiatives en développement et santé au Burkina Faso (ONIDS/BF) entame la mise en œuvre de son projet « Gestion de l’hygiène menstruelle » (GHM). C’est dans ce cadre que la structure renforce, du 16 au 18 mai 2019 à Ouagadougou, les capacités des animateurs, des relais et des superviseurs dudit projet sur la thématique.

La gestion de l’hygiène des menstrues est un sujet assez complexe. La plupart des personnes n’ose pas l’aborder, à l’école comme à la maison, tant le sujet demeure toujours tabou. Les adolescentes dont l’âge se situe entre onze et quinze ans sont surprises de voir pour la première fois leurs menstrues. Et ce, souvent dans la cour de l’école, en classe ou en pleine séance de gymnastique. Mises en face d’une telle situation, elles se sentent très souvent déboussolées.

« La gestion de l’hygiène menstruelle est un problème au niveau de nos sociétés. Nous avons remarqué que l’apparition des règles confère justement à la femme son statut de femme. Puisque la première phrase des mamans, c’est : « A partir d’aujourd’hui, tu es une femme ». Etre une femme, au-delà d’être de sexe féminin, c’est de pouvoir être acceptée dans une société avec tout le rôle de socialisation qu’on confère à la femme, notamment le rôle reproducteur, le rôle de la gestion de la famille, etc. », explique Flore Gisèle Donessouné/Coulibaly, Secrétaire générale de l’ONIDS/BF.

Mais, poursuit-elle, au-delà de cet aspect, on a remarqué qu’une fois que cette phrase est dite, après, c’est la jeune fille toute seule qui se retrouve à gérer toutes les conséquences liées à son statut de femme, notamment les douleurs pendant les règles, comment gérer sa propreté pendant les règles, comment pouvoir vivre dans son environnement avec une certaine dignité.

Une fille sur dix s’absente des cours pendant ses périodes de menstrues

« On s’est rendu compte qu’il y a effectivement problème, d’autant plus que c’est un tabou. Dans beaucoup de sociétés traditionnelles ou même au niveau religieux, une fois qu’on est en période de menstrues, la femme est systématiquement considérée comme impure. Tout ça est stigmatisant surtout pour la jeune fille qui vient de voir ses premières règles », fait comprendre la Secrétaire générale de l’ONIDS/BF.

Elle indique que c’est dans ce cadre que le projet Gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) dénommé « Hygiène menstruelle, ma santé, mon droit », a été initié par l’ONIDS/BF, grâce au soutien financier de « Amplify Change ». Le but est de contribuer à briser les tabous, réduire la stigmatisation liée à la gestion de l’hygiène menstruelle, partager des informations sur le référencement des victimes de stigmates et amener les autorités à prendre conscience de cette situation et à intégrer cet aspect dans les programmes politiques en matière de santé sexuelle et reproductive.

L’atelier de formation de trois jours à Ouagadougou vise à outiller davantage 25 acteurs dudit projet sur les aspects de la gestion de l’hygiène menstruelle. L’atelier regroupe notamment des animateurs, des superviseurs, des relais/points focaux des établissements et des centres. La facilitation de la formation sera assurée par l’expert Inoussa Sissao, agent à la Direction de la promotion de l’éducation inclusive, de l’éducation des filles et du genre. Pour ce dernier, la gestion des menstrues est une préoccupation du système éducatif.

A l’en croire, selon les statistiques, une fille sur dix s’absente des cours pendant ses périodes de menstrues. « Cela fait quatre jours d’absence toutes les quatre semaines. C’est énorme pour la fille, c’est énorme en termes de difficultés d’apprentissage, en termes de plus-value et de réussite scolaire », regrette-il. Très souvent, le manque d’eau et de latrines appropriées à l’école est pointé du doigt comme n’étant pas des conditions favorables pour l’apprentissage au niveau des filles. La réponse aux préoccupations sur la thématique y va de la promotion de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents.

Noufou KINDO

Burkina 24

Source : Burkina24.com

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