Santé et éducation : Deux commissions d’enquêtes parlementaires pour diagnostiquer les maux

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L’Assemblée nationale a, au cours de la plénière du jeudi 6 avril 2017, à Ouagadougou, adopté deux rapports relatifs à la création de deux Commissions d’enquêtes parlementaires (CEP) sur le système de santé et celui de l’enseignement au Burkina Faso.
Après les domaines du foncier urbain et des mines, la représentation nationale veut investiguer dans les secteurs de la santé et de l’éducation pour déceler les dysfonctionnements. La création de deux  Commissions d’enquêtes parlementaires (CEP) y relatives a été débattue, le jeudi 6 avril 2017, au cours d’une plénière au sein de l’hémicycle. Les discussions ont été présidées par le 2e vice-président de l’Assemblée nationale, Lona Charles Ouattara. Selon le rapport lu par le député, Joseph Sama, la création de la CEP sur le système de santé au pays des Hommes intègres se justifie au regard de plusieurs réalités. Si dans certains pays de la sous-région, les systèmes de santé sont des processus  dynamiques et évolutifs, a-t-il soutenu, celui de notre pays se distingue par des dysfonctionnements dus à des procédures et pratiques peu orthodoxes. Pour lui, en dépit des efforts consentis par l’Etat, l’offre de santé n’est toujours pas à la hauteur des attentes des populations. «L’insuffisance qualitative et quantitative du plateau technique, conjuguée au non-respect de la déontologie médicale, conditionne la mémoire collective des populations selon laquelle, certains centres de santé et agents ne font pas leur, l’éthique médicale et s’orientent beaucoup plus vers l’affairisme et l’enrichissement illicite», stipule le rapport inhérent à la création de la CEP sur le système de santé. Les objectifs de l’enquête parlementaire, selon le rapporteur Joseph Sama, vont consister à dresser un état des lieux  exhaustif du système sanitaire et à produire un rapport assorti de mesures correctives et de recommandations en vue de dynamiser son optimisation. A l’issue de la présentation du rapport, les 108 votants du jour l’ont adopté à l’unanimité.  Le président de la CEP sur la santé, Dr Julien Kouldiati, a indiqué que le travail d’investigation va se mener dans les 13 régions du pays. Des sous-commissions vont, a-t-il dit, faciliter la tâche dans ce sens. «Nous disposons de 60 jours pour déposer notre rapport, mais nous espérons qu’en fonction de la charge de travaux, ce délai  pourra être prolongé», a-t-il relevé.
Sur la même lancée, le second rapport portant création d’une CEP sur le système d’enseignement a  été débattu. Aux dires du rapporteur, Karidia Zongo/Yanogo, l’enquête vise à diagnostiquer les maux qui entravent la performance du secteur éducatif, du préscolaire à l’université, et à proposer des mesures correctives. Il s’agira de façon spécifique d’identifier les difficultés liées à l’offre éducative dans les différents niveaux d’enseignement, de déceler les problèmes de fonctionnement des structures éducatives et de recenser ceux inhérents à la gestion financière, matérielle et des ressources humaines. «Les valeurs cardinales de la société burkinabè telles que l’abnégation au travail, le patriotisme, le civisme, l’intégrité et la solidarité sont mises à rude épreuve. Pour remettre le pays sur le droit chemin, il est impérieux de résoudre les problèmes du système éducatif», a argué Mme Zongo. Au cours des débats, certains parlementaires se sont interrogés sur la possibilité de circonscrire l’objet de la CEP compte tenu de l’étendue du champ éducatif. Le président de la CEP, Luc Yé, a soutenu que l’éducation est un  tout dynamique et qu’il n’y a pas de problème à ce que la commission s’intéresse aussi bien à l’éducation formelle, non formelle qu’informelle.  Au final, les députés ont également approuvé à l’unanimité, la création de la CEP sur le système éducatif.
Karim BADOLO
AWA CISSE
(Stagiaire)

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