Santé au Burkina : Le SYNTSHA dénonce la précarité des formations sanitaires

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Santé  au Burkina : Le SYNTSHA  dénonce la précarité des formations sanitaires

Des pannes fréquentes d’équipements, des ruptures de consommables et de réactifs, des pannes au niveau des services d’imagerie médicale et des laboratoires, des capacités d’accueil dépassés. Yalgado, selon le syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale, est devenu aujourd’hui l’ombre de lui-même. Pour le SYNTSHA, cette situation est due à une démission du gouvernement à l’égard des priorités du premier centre hospitalier universitaire du pays. Et si le SYNTSHA soutient qu’il n’a jamais cessé d’interpeller le gouvernement sur la situation de l’hôpital à travers ses différentes luttes, le Secrétaire général, Pissyamba Ouédraogo, affirme : « Les tergiversations du gouvernement face à la situation sont en train de confirmer la rumeur selon laquelle, il aurait programmé une mort lente de Yalgado puisque déjà, les services de chirurgie viscérale et de stomatologie sont pratiquement à l’arrêt ».

Quid du district sanitaire de Pouytenga

Pissyamba Ouédraogo confie que les structures du SYNTSHA, dans la recherche de la gouvernance vertueuse des services de santé, seraient « victimes de tracasseries et de répression ». Le cas le plus récent, dit-il, est la situation du district sanitaire de Pouytenga. A en croire le SG du SYNTSHA, des militants de la sous-section ont été réprimés à Pouytenga pour avoir critiqué la gestion du Médecin chef du district (MCD). « Il a opté pour un modèle de gouvernance répressif et anti-travailleur avec l’appui bienveillant des autorités administratives locales » a-t-il signifié, citant le gouverneur et la direction régionale de la santé du Centre-Est, les maires des communes de Pouytenga, Andemtenga et Kando, le Haut-commissaire du Kouritenga et le ministère de la santé.

Santé  au Burkina : Le SYNTSHA  dénonce la précarité des formations sanitairesLes différentes tractations ayant conduit à la nomination d’un nouveau MCD le 22 févrie 2018, le SYNTSHA dit par la suite, avoir assisté à « une véritable campagne anti-travailleurs et anti-SYNTSHA, pour venger le MCD ». Selon Pissyamba Ouédraogo, cela s’est traduit par le relèvement de 18 infirmiers chefs de poste (ICP) de leurs fonctions le 28 février 2018 et d’une note du Haut-commissaire qui enjoint les concernés à introduire des demandes d’affectation avant le 15 mars 2018. Cela, dit-il « en pleine année scolaire sous peine d’être affecté par l’autorité ». Puis de poursuivre, que la situation s’est empirée par « une déclaration publique du maire de Pouytenga le 15 mars 2018, menaçant les travailleurs de vindicte populaire s’ils osaient engager des luttes, une note du maire d’Andemtenga enjoignant les anciens ICP de quitter les logements administratifs le 15 avril au plus tard et l’installation des nouveaux ICP parfois, sous escorte des forces de l’ordre ».

En attendant l’annulation des décisions de nomination de nouveaux infirmiers qu’exige le SYNTSHA, le syndicat appelle l’ensemble des travailleurs de la santé humaine et animale du pays, à rester mobiliser pour « répondre massivement à un éventuel mot d’ordre de grève pour défendre le syndicat contre le démantèlement programmé du pouvoir et exiger la résolution des problèmes urgents auxquels sont confrontés les formations sanitaires, le CHU-YO en particulier ».

Aussi, Pissyamba Ouédraogo et ses camarades appellent le gouvernement à une mise en œuvre concrète du protocole d’accord gouvernement-syndicat du 13 mars 2017.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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