Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève

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Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève

Le Syndicat des médecins du Burkina, celui des infirmiers et infirmières, ainsi que le syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina, fédèrent leurs énergies pour préparer la relève. Ils ont bénéficié de l’accompagnement du syndicat des fonctionnaires d’Etat suédois afin de renforcer les capacités des jeunes travailleurs dans les domaines sus-cités.

Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève
Dr Alfred Ouédraogo, secrétaire général du Syndicat des médecins du Burkina

« Malgré nos spécificités, il y a souvent des actions que nous devons mener ensemble dans le cadre d’une union d’action syndicale et l’union se crée aussi à la base. Voilà, pourquoi nous mettons ensemble les jeunes de nos syndicats pour qu’ils puissent se connaître et travailler ensemble », a expliqué Dr Alfred Ouédraogo, secrétaire général du Syndicat des médecins du Burkina. Toute chose qui devrait permettre de s’inscrire résolument dans la préparation d’une relève syndicale active et combattante.

Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève
Pascal Ouédraogo, le secrétaire général du Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina

Tout en se réjouissant de la tenue effective de cet atelier de formation, Pascal Ouédraogo, le secrétaire général du Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina n’a pas manqué de préciser l’importance de la syndicalisation des jeunes travailleurs. « Il faut que les jeunes s’engagent dans le syndicalisme parce c’est à travers les syndicats qu’ils peuvent s’exprimer dans le cadre de la lutte pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. Quand on améliore les conditions de vie, on produit mieux et l’employeur aussi gagne. Pour que cette dynamique puisse aller de l’avant, il faut préparer la relève et pour cela, il faut que les jeunes soient impliqués dans le syndicalisme et qu’ils s’engagent réellement et
fortement », a-t-il lancé.

Les jeunes ont peur de s’engager…

Au cours de cet atelier, il s’agira de renforcer les capacités des jeunes à s’exprimer, prendre la parole pour défendre les intérêts des travailleurs, donc leurs intérêts. Au sortir de cette rencontre de trois jours, il est aussi attendu des participants (bénéficiaires) qu’ils puissent faire un travail de fond pour amener d’autres jeunes travailleurs à militer dans leurs syndicats respectifs. Car, un syndicat ne peut se construire que sur la base de ses militants et ce sont les jeunes qui sont à même d’impulser cette dynamique aux syndicats.

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Honorine Kabré, secrétaire général du syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina

« Nous avons constaté de plus en plus que les jeunes ont peur de s’engager, peur du lendemain parce que généralement, ils sont au début de leur carrière parce qu’ils ne savent pas ce qui peut se profiler à l’horizon. Donc, il sera question pour nous de leur donner beaucoup d’informations par rapport aux textes législatifs au niveau national et international pour qu’ils sachent que chaque travailleur a le droit de se syndiquer, de militer dans un syndicat, de défendre ses intérêts. C’est à ce prix qu’on peut espérer des conditions de travail meilleures, des conditions de vie meilleures », a souligné Honorine Kabré, secrétaire général du syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina.

Donner au syndicalisme un visage plus jeune

Ainsi, la case formation est incontournable pour la jeunesse afin de mieux maîtriser les tenants et les aboutissants d’un engagement pour sa patrie. Car, « Si un jeune n’est pas capable de s’engager pour défendre sa corporation, ce jeune ne peut pas s’engager pour défendre un pays. Nous pensons que l’engagement syndical est le moteur de l’engagement national et il nous faut des jeunes bien formés, engagés pour défendre leurs corporations et à long terme, ce sont ces jeunes-là qui vont défendre la corporation. Nous allons parler des questions d’insécurité », a ajouté le Dr Alfred Ouédraogo.

Cette rencontre réunit des syndicats amis venus du Tchad, du Mali, du Sénégal parce qu’il y a des actions communes que ces pays mènent ensemble dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. « Et nous allons aussi outiller nos jeunes en matière de lutte contre l’insécurité, mais surtout les amener à pouvoir mener des influences des politiques publiques, faire en sorte que les politiques publiques dans la plupart des pays puissent prendre en compte les préoccupations des jeunes dans le cadre de l’action publique », a ajouté Dr Ouédraogo. Et cela passe nécessairement par l’engagement et une détermination farouche. « Nous voudrions aussi que le syndicalisme ait un visage beaucoup plus jeune. Il ne faudrait pas que lorsqu’on parle de responsable syndical, que ce soit des personnes en fin de carrière ou même à la retraite », a-t-il poursuivi.

Aujourd’hui, les ¾ des travailleurs sont jeunes et il faudrait que les jeunes puissent s’engager pour défendre leurs corporations. Et l’engagement syndical, c’est aussi et surtout l’engagement dans le travail bien fait.

Le point de départ d’une union d’action syndicale au niveau de la santé

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quelques participants

C’est une somme de modules qui seront déroulés durant ces trois jours pour renforcer les capacités des participants. Cette rencontre se veut également le point de départ d’une union d’action syndicale au niveau de la santé. En plus de ces trois syndicats, d’autres syndicats frappent déjà à la porte, notamment le syndicat des pharmaciens, le syndicat des administrateurs des hôpitaux qui devraient rejoindre s’y joindre rapidement dans le cadre de l’international des services publics (un réseau de syndicats qui regroupent environ 20 millions de travailleurs à travers le monde). Toute chose qui constitue un vaste réseau de collaboration, de coopération syndicale à travers le monde.

Faut-il le rappeler, le syndicalisme a pour but d’influencer les actions publiques pour améliorer les conditions de vie de ses travailleurs, et partant, des populations sans avoir l’intention d’accéder à la gestion du pouvoir d’Etat.

Une cinquantaine de participants de quatre pays prennent part à l’atelier. Au nombre des communications prévues au cours de cet atelier, il y a, entres autres : Intégration des jeunes dans les structures syndicales ; Conventions collectives et dialogue social ; Comment faire progresser les jeunes vers un meilleur avenir et les défis de l’insécurité dans la sous-région ; les Campagnes stratégiques (Aperçu et lobby en faveur des jeunes travailleurs) ; Astuces et outils de communication pour les syndicats.

Les défis à relever

A travers cette rencontre, l’objectif est de réussir à relever un certain nombre de défis que sont :

Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève  le recrutement des jeunes travailleurs/euses dans les syndicats, la dynamisation des comités de jeunes ;
Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève  la formation de ces jeunes travailleurs et travailleuses à l’action syndicale, au leadership aux techniques de communication, de négociation et au dialogue social ainsi que les discussions au plan national en matière de gestion des conflits et de la consolidation de la paix
Santé au Burkina : Des Syndicats préparent la relève  la formation des jeunes travailleurs/euses en développement organisationnel et en analyse institutionnelle pour assurer la vie de leurs organisations ;

Moussa Diallo
Lefaso.net

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