Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants

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Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants

Mme Ibro Adamou Souradja promotrice de Idée féminine, spécialisée dans la transformation des épices et assaisonnements naturels (Niger)

« Je n’ai remarqué que le Burkina »

Vraiment c’est la première fois pour moi de participer. J’apprécie l’organisation du salon. C’est une bonne idée qui nous a permis de savoir comment les gens apprécient nos produits. Nous avons également les Burkinabè qui sont venus avec leurs produits. Au-delà de la vente – parce que quand on vient à ce genre de rencontre ce n’est pas pour se remplir seulement les poches – c’est d’espérer rencontrer des gens, échangé, avoir des ouvertures et si possible envisager l’exportation. J’ai par exemple échangé avec certaines personnes qui font du marketing en ligne et cela m’intéresse.

Je comptais me renseigner à la fin. On a dit que c’est un salon de l’UEMOA, mais je n’ai remarqué que le Burkina. Je n’ai pas vu les autres pays. Sur la fiche qui nous été soumise, j’ai proposé le Sénégal pour la prochaine édition, parce que je n’ai pas vu un exposant de ce pays par exemple. Je souhaite que les organisateurs améliorent les prochaines éditions, nous donne des stands plus spacieux. Il faut également revoir le prix des stands, permettre à plus de femmes de participer.

Kahit Hien, promoteur de FasoPro, promotion et valorisation de produits à base d’insectes

« On est quelque peu déçus »

Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants
Kahit Hien

C’est ma deuxième participation à ce salon, après celui de Ouaga. L’objectif de notre présence ici, c’est que nous ne visons pas que le Burkina Faso. C’est vrai que de façon général, il n’y a pas beaucoup de participants cette année, il n’y a pas d’affluence dans les stands, on ne sait pas pourquoi. On est quelque peu déçus. On a l’impression que ce sont des produits made in Burkina qui se sont déportés sur le territoire nigérien, alors que l’un des objectifs était de rencontrer des acteurs de l’UEMOA qui font la même chose que nous et avec qui on pourrait échanger, partager des idées, les difficultés qu’on rencontre ; essayer de voir les moyens de s’inspirer de certaines pratiques d’autres PME de la sous-région.

Pour ce qui me concerne, c’est la distribution qui m’intéressait. Je suis sur un produit vraiment particulier. Ce n’est pas évident de trouver des grossistes qui s’intéressent à la distribution. L’idéal pour moi était donc de trouver des acteurs qui ont à peu près les mêmes difficultés que moi et qui sont arrivés à mettre en place des structures, des stratégies de distribution pour mieux vendre leurs produits. A ce niveau donc, je suis resté sur ma faim, je n’ai vraiment pas rencontré de promoteurs qui évoluent dans le même sens.

Si j’ai des recommandations à l’endroit des organisateurs, c’est leur demander de clôturer la participation, une semaine ou dix jours avant l’événement. Cela leur permettra de faire le point et être sûr que le salon ne sera pas l’affaire d’un seul pays. Si ça doit être le cas, vaut mieux organiser le salon dans ce pays, au lieu de faire déplacer seulement les acteurs d’un pays. On a l’impression qu’on vient imposer nos produits aux nigériens, alors que si c’est tous les pays de l’UEMOA qui étaient représentés, cela allait donner la vraie dimension du salon, qui est de promouvoir toutes les PME de l’UEMOA.

Ils n’ont qu’à travailler avec les Etats, de sorte à ce qu’on puisse subventionner un certain nombre de PME pour qu’elles participent au salon, pour donner une dimension plus régionale au salon. J’ai l’impression qu’on met l’accent sur les personnalités, alors qu’avant tout ce sont les PME. Les personnalités ne regardent les événements que lorsqu’ils ont une certaine maturité, un certain engouement. Si les organisateurs réussissent l’événement, les gouvernants d’auront pas le choix que de suivre et s’y intéresser.

Kady Traoré, promotrice d’une PME dans l’agroalimentaire (Mali)
« Il faut soutenir les organisateurs dans leur engagement »

Je fais du thé de rônier, de bissap, de Moringa, de balanites. Je fais aussi l’huile de soja et de sésame. Je n’ai pas pu participer à la deuxième édition qui s’est passée au Mali. Mais cette année, j’ai tenu à venir voir. Les opportunités à saisir, les thèmes développés, m’ont attiré.

Je tiens à féliciter les organisateurs de ce salon. C’est vraiment bien vu d’avoir pensé à l’organiser. Cela donne un coup de pouce à l’intégration sous régionale et tisse des liens avec d’autres promoteurs et clients de la sous-région.
Il faut soutenir les organisateurs dans leur engagement. Personne ne viendra nous apporter le développement, il faut qu’on casse les frontières des blancs. Il faut se donner la main, changer les mentalités. Je ne me plains pas du tout. Ce que j’ai amené, le gens ont apprécié, j’ai eu des contacts. Il y a des gens d’ailleurs qui sont intéressés par mes produits, ils veulent que cela soit vendu chez eux.

Eugénie Lompo de Fasobeautex, confection-production de pagnes tissés traditionnels… (Burkina Faso).

« Il faut impliquer le pays hôte dans l’organisation »

Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants
Eugénie Lompo

C’est notre première participation. Au niveau organisation, c’est bien. C’est une initiative à féliciter. Organiser, ce n’est pas facile, mais il y a eu des manquements et dans toute organisation, c’est ainsi, rien n’est totalement parfait.

Seulement on est venus en tant qu’exposant et là, on n’a pas vu l’affluence qu’on aurait voulu voir. La participation des personnes extérieures a manqué. Je ne sais pas si c’est parce qu’il n’y a pas eu une bonne communication extérieure. On est venus pour vendre, on n’a pas pu vendre. On a juste un peu vendu, et c’est entre nous Burkinabè. Ce ne sont pas des personnes de l’extérieur qui ont acheté nos produits.
On aurait voulu avoir la participation des autres pays, surtout du Niger.

Nous sommes sur leur territoire, mais j’ai l’impression que ça ne les intéresse pas, ou qu’il n’y a pas eu assez de communication. Il faut peut-être les motiver, les impliquer dans l’organisation, qu’ils sentent qu’on est chez eux et qu’on organise le salon avec eux. Et que ce ne sont pas des Burkinabè qui délocalisent leur événement, mais que c’est un salon qui appartient à tout le monde. Il faut donc impliquer le pays hôte.

Farida Sakandé, de Aka Confection (Burkina Faso)

« On s’attendait à quelque chose de plus grand »

Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants
Farida Sakandé

Notre entreprise œuvre pour la redécouverte de l’artisanat textile sous toutes ses formes. Nous sommes venus nous faire découvrir et inviter les gens à s’habiller en Faso Danfani.

Il n’y pas eu assez de contacts, ni beaucoup de marché. Mais on a quand eu le minimum. On est un peu satisfait. On s’attendait à quelque chose de plus grand. Comme c’est un salon de l’UEMOA, on s’attendait plus à des participants de différents pays. Je pense qu’il n’y a pas eu assez de communications.

Maïdadji Ali, de Asusu Finance (Niger)

« Ce salon a été une opportunité pour nous »

Salon des banques et des Petites et moyennes entreprises (PME) : L’étape du Niger n’aura pas été simple, le sentiment de quelques participants
Maïdadji Ali

Nous sommes là pour pour faire la promotion de la finance islamique que les nigériens ne connaissent pas bien. Il y a une contrainte religieuse qui fait que les gens ne veulent pas aller vers les banques. Actuellement le taux de bancarisation dans l’espace UEMOA tourne autour de 13%. Mais au Niger, nous sommes à moins 4,7%. C’est un produit alternatif, une finance de l’éthique, pour faire face aux contraintes religieuses.

Ce salon a été une opportunité pour nous, de faire connaitre nos produits aux autres pays de la sous-région.


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Propos recueillis par Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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