Route Guiba-Garango, Réseaux électriques, eaux de surface dans le Plateau central : Trois accords de prêt ratifiés par les députés

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Les 105 députés, présents à la session parlementaire du jeudi 13 avril 2017, ont ratifié trois accords de prêt. Il s’agit des accords de prêt pour le financement du projet d’extension et de renforcement des réseaux électriques du Burkina, pour le financement du projet de construction de la route Guiba-Garango et enfin, de celui pour le financement du projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface, dans le Plateau central.

La Commission des affaires étrangères et des Burkinabè de l’étranger (CAEBE) de l’Assemblée nationale, est affectataire de ces trois dossiers pour le fond, qui ont été examinés par les députés, le jeudi 13 avril 2017, à l’hémicycle. Le premier dossier à être approuvé est celui portant ratification de l’ordonnance N°2017-002/PRES du 10 mars 2017 portant autorisation de ratification des accords de prêt N°2UV-0158 et d’Istisna’A et N°2UV-0159, conclus le 16 novembre 2016, à Marrakech au Royaume du Maroc entre le Burkina Faso et la Banque islamique de développement (BID) pour le financement du projet d’extension et de renforcement des réseaux électriques du Burkina Faso. En vue de satisfaire la demande d’énergie électrique qui est en forte croissance, plusieurs initiatives ont été prises par le gouvernement dans sa politique énergétique. Et le projet d’extension et de renforcement des réseaux électriques du Burkina, est une réponse à moyen terme, du gouvernement, avec le soutien financier de la Banque islamique de développement (BID) pour annihiler quelques contraintes importantes, singulièrement l’accès à l’énergie aux couches vulnérables. Son objectif global vise à améliorer les conditions de vie des populations dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, ainsi que dans les régions du Plateau central, du Centre, du Nord, du Sahel. Aussi, ce projet permettra d’augmenter le taux national d’accès à l’électricité de 2%, à travers le raccordement de 70 000 ménages à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou et la capacité du transit du réseau dans les régions concernées de 20 MW en 2016, à 100 MW à l’horizon 2020, afin de faire face à la demande croissante dans les régions du Plateau central, du Sahel et du Centre-Nord. Ce projet s’inscrit dans une vision commune des grandes orientations déclinées dans le PNDES, au regard des objectifs qu’il se fixe. D’une durée d’exécution de quatre (4) ans, le coût total du projet, y compris les imprévus physiques et financiers est estimé à environ 38 millions de dollars US. La BID participera au financement du projet, à travers un prêt de 7, 1 millions de dinars (soit 10 millions de dollars US) et une opération d’Istisna’a (27 millions de dollars US). La contrepartie du gouvernement est estimée à 1 million de dollars US, soit 3% du coût global du projet et porte sur la mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social du projet et le fonctionnement de l’unité de gestion du projet.

RN17, Guiba-Garango, démarrage des travaux en 2018

Le second dossier approuvé est l’ordonnance N° 2016 portant autorisation de la ratification des accords de prêts N°UV-150 Istisna’A et N°UV-151 Ijara, conclus le 17 mai 2016 entre le Burkina Faso et la Banque islamique de développement pour le financement du projet de construction de la route Guiba-Garango. Un projet qui se justifie par l’état actuel défectueux de la route Guiba-Garango, et sa contribution au désenclavement des régions du Centre-Est et du Centre-Sud à fort potentiel agropastoral et son insertion dans la Stratégie de développement du secteur des transports. Le financement du projet de construction et de bitumage de la route nationale n° 17, Guiba-Garango, a été approuvé partiellement par la Banque islamique de développement, à travers deux accords de prêt d’un montant de 45, 02 millions d’euros, soit 29 531 184 140 FCFA. La contrepartie nationale est évaluée à 2, 27 millions d’euros, soit 1, 489 milliards de FCFA. Le montant total du projet est donc estimé à 31, 020 milliards de FCFA. Le ministre des infrastructures, Éric Bougouma, s’est dit heureux de l’adoption de cette loi. En ce qui concerne le démarrage de ces travaux, il explique qu’il dépend des procédures avec le bailleur de fonds. «Procédures sur lesquelles nous avons pris un peu d’avance, puisque le consultant qui doit être sollicité pour faire la revue des études qui datent de plus de 10 ans, va bientôt être sélectionné et nous attendons l’avis de non objection de la BID», a indiqué le ministre. Aussi, il fait remarquer que l’avis général de passation des marchés a été lancé, ainsi que l’enclenchement de la procédure pour la sélection de l’entreprise qui effectuera les travaux. Pour ce qui est du démarrage des travaux, le ministre à laissé entendre qu’ils démarreront probablement, en 2018. Pour ce qui est des travaux de bitumage de la route Manga-Zabré, le ministre Bougouma informe que la procédure de sélection de l’entreprise qui doit exécuter les travaux est terminée et ils débuteront cette année. A cela, vont s’ajouter les travaux d’entretien de la route Tenkodogo-Garango et la construction de 50 km de pistes rurales qui vont s’additionner au programme d’aménagement de pistes rurales qui sont en cours actuellement.

Le dernier dossier ratifié est le N°2016-009/PRES du 30 décembre 2016 portant autorisation de ratification de l’accord de prêt N°2016060/PR BF 2016 18 00, conclu le 26 septembre 2016 à Ouagadougou, entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-Africaine de développement pour le financement du projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC). D’une durée d’exécution de cinq ans (2017-2021), ce projet a un cout total estimé à environ 11 milliards de FCFA HT. La BOAD financera à hauteur de 10 milliards de FCFA. La contribution des institutions de microfinance est évaluée à 216 millions de FCFA et la contrepartie nationale (8% du montant total HT) à 880 millions de FCFA. A en croire le ministre de l’eau et l’assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, cette adoption permettra à son ministère de disposer de tous les instruments pour la mise en œuvre de ce projet. Il souligne que ce projet est très important, car il permettra l’aménagement de 5 retenues d’eau. «Le régime hydraulique de notre pays est tel que la construction de barrages, constitue un service public et chaque barrage va générer à peu près 1 milliard de chiffre d’affaires», a-t-il informé. Avant de renchérir que les travaux débuteront, d’ici à la fin de l’année, si le programme n’est pas perturbé.

Pélagie OUEDRAOGO

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