Roch Marc Christian Kaboré : « Nul n’est au-dessus de la loi, qu’on soit Koglwéogo ou pas »

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Roch Marc Christian Kaboré : « Nul n’est au-dessus de la loi, qu’on soit Koglwéogo ou pas »

De mémoire de Burkinabè, c’est la première fois qu’un président se soumette aux questions de ses concitoyens. Pour S.E.M. Roch Kaboré, cet exercice répond à un devoir de communication et de redevabilité. Deux journalistes étaient face au locataire de Kosyam ; Simon Gongo de la RTB télé et Edmond Coulibaly de Impact Tv. Les citoyens, eux, téléphonaient, réagissaient sur la plateforme « Présimètre » ou sur les réseaux sociaux. L’audience était en hausse au regard de la particularité de l’émission. Téléspectateurs, auditeurs et internautes attendaient le président du Faso sur plusieurs questions d’actualité.

Corruption et blanchiment de capitaux

La corruption. C’est le premier plat servi par les deux journalistes à leur invité. Le récent rapport de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC) sur la gestion de la Transition burkinabè a révélé plusieurs irrégularités. Pour le président du Faso, il y a eu un irrespect des textes dans le recours aux mesures exceptionnelles de passation des marchés publics. Et cela laisserait présager qu’il y a sans doute eu « des possibilités de corruption dans ce genre d’opérations ». Pour le moment, le gouvernement dit s’en remettre au jugement de l’ASCE-LC qui décidera s’il faut recourir à la justice ou non.

« Je voudrais être clair là-dessus, nulle part il n’a été dit que c’est la Transition qui assume les 86 milliards », a précisé le président du Faso. Pour lui, cette question du blanchiment de capitaux concerne une période de cinq ans et la révélation de cette affaire ne cache aucunement une « chasse aux sorcières ».De plus cet audit de la gestion de la Transition a été demandée par l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida.

« Le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro est toujours intacte et les relations avec la Côte-d’Ivoire sont suffisamment intactes », a déclaré le président du Faso. Mais comment concilier la voie diplomatique et la voie judiciaire pour un aboutissement heureux de cette affaire ? « La justice fait son travail mais en tant que président du Faso, je fais aussi le mien qui est de renforcer et consolider l’amitié entre nos deux pays », a conclu Roch Kaboré.

Les Koglwéogo et le respect de la loi

« Dès le départ quand le problème des Koglwéogo s’est posé, nous avons été très clairs. Nous avons dit qu’il y ait des citoyens qui s’organisent et aident les forces de l’ordre à lutter contre le banditisme est une chose mais que ces citoyens-là outrepassent ce rubicond pour sanctionner et récupérer de l’argent à des citoyens, c’est inacceptable », a martelé Roch Kaboré. Pour lui, ceux qui dépasseront les limites répondront devant la justice. « Nul n’est au-dessus de la loi, qu’on soit Koglwéogo ou pas », a-t-il lancé.

Certes, le « Présimètre » renseigne que 59,10% des populations ne sont pas satisfaites de la manière dont les autorités gèrent cette affaire de groupes d’auto-défense, mais le Chef de l’Etat a déclaré que dans les villages, 95% des citoyens soutiennent les Koglwéogo. Et que de façon générale, tout le monde a demandé que soit créée une passerelle de dialogue. Pour Roch Kaboré, il faut encadrer ces initiatives locales de sécurité pourvu qu’elles respectent les lois de la République.

Le président du Faso ne craint-il pas que ces Koglwéogo sapent l’autorité de l’Etat et deviennent incontrôlables comme dans certains pays ? « Chaque pays a ses expériences. Nous avons la chance qu’au Burkina, nous avons encore cette ouverture du dialogue. Et je crois que dans d’autres pays, il n’y en a pas. Le Burkina et le Burkinabè ont ceci de particulier que quel que soit le mode de confrontation dans lequel nous sommes, nous cherchons toujours par le dialogue à sauver le pays », s’est réjoui le président.

Inacceptable, la crise de Nagaré

Pour ce qui est de la crise de Nagaré, le président du Faso a rappelé que les sanctions les plus énergiques devront être prises contre les fautifs. « C’est inacceptable », a-t-il martelé avant de poursuivre que ce n’est pas l’Etat seul qui doit résoudre les questions d’incivisme au Burkina. La famille devrait, selon lui, jouer le rôle de guide en inculquant les valeurs du respect de la chose publique, du respect des instituteurs aux élèves. Pour ce qui est des mesures, Roch Kaboré a plutôt été évasif mais ce qui parait clair, c’est que chaque famille doit travailler à donner une bonne éducation aux enfants.

HBF
Lefaso.net

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