Roch Kaboré face aux citoyens: «Il faut un trait d’union entre ses paroles et ses actes»

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A la faveur d’une initiative de deux ONG, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, prenait part à l’émission «Dialogue citoyen », dans le cadre du « Présimètre ». Lors de ce rendez-vous en direct sur la télévision nationale, il s’est agi pour le chef de l’Etat d’apporter des éclaircissements aux préoccupations des citoyens, ce mardi 26 avril. Au lendemain de cet entretien,  nous avons sillonné les artères de la ville de Ouagadougou, en vue de recueillir les avis des uns et des autres, sur les propos tenus par M. Kaboré.

Maïga Adama, étudiant à l’Université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou

« Je pense que cela est tout à fait normal et logique qu’il se présente face à ses concitoyens et qu’il puisse répondre aux questions de ces derniers. Je cautionne cela, dans la mesure où on a besoin de sentir ses dirigeants s’exprimer sur leur gestion des affaires courantes. En clair, j’ai beaucoup apprécié cette initiative. Cependant, il faut souligner qu’en termes d’actions sur le terrain, je ne le sens pas réellement. Nous disons que le début peut déterminer la suite. Alors, il gagnerait à se mettre au travail, car il y a beaucoup à faire. Il lui faut sortir du silence. Et de façon formelle, cette sortie médiatique est bien, mais ça ne doit pas s’arrêter à cela. Il faudrait donc à cet effet qu’il y ait un trait d’union entre paroles et actions. Sortir pour parler, vous savez tout le monde peut le faire. Alors personnellement je suis très regardant sur les actions qu’il aura à mener. »

Rasmané Ouédraogo, diplômé sans emploi

« Disons que j’ai apprécié le  fait que le président s’adresse ainsi à la Nation. Pour moi, c’est une bonne initiative que de déballer et étaler ses projets, faire le bilan d’une certaine manière de ses 100 premiers jours à la tête du Faso, mMais aussi, donner des perspectives pour la suite de son quinquennat. Lors de ce rendez-vous face à nous citoyens, il a tenté comme il pouvait de répondre aux différentes questions qui fusaient un peu de partout et traitant de plusieurs sujets d’actualité. Je trouve qu’il a eu à donner des réponses adéquates à ces préoccupations. Cette sortie médiatique du président du Faso, me donne l’impression que l’homme qu’il est va joindre l’acte à la parole. Du moment où lui-même sait qu’il a en face une population regardante, une jeunesse débout »

Inoussa Sawadogo, jeune entrepreneur

 « L’initiative de se présenter face à la presse et de répondre aux questions des citoyens est quelque chose de louable. Mais j’estime qu’il n’a rien dit de concret, c’est juste un mirage. Quelque chose du genre l’arbre qui cache la forêt et comme on le dit de façon terre à terre c’est blaguer tuer. Je retiens par exemple qu’il dit qu’en trois mois, on ne peut pas réaliser grande chose. Pour moi cette hypothèse ne tient pas la route. Pour dire vrai, en ce qui concerne une quelconque réalisation, je crois c’est beaucoup plus une question de volonté. A l’entendre, c’est à croire qu’ils sont encore au stade de l’essai et qu’ils ne s’étaient pas préparés à gérer le pays. On se dirait qu’ils ont été surpris de se voir confier les rênes du pays, il y a beaucoup de tâtonnements. Et sur le plan économique, sincèrement beaucoup reste à faire.»

Rosalie Tinto, assistante de direction  

«En tout cas, le chef de l’Etat a été clair et précis dans ses propos, à cette occasion. J’apprécie le fait qu’il ait accepté de se prêter au jeu. Après l’avoir écouté, il me semble qu’il tient beaucoup à prendre en compte les aspirations de la population, et cela me donne personnellement bon espoir pour la suite. Maintenant, on ose croire que ce ne sont pas des paroles en l’air qui ont été proférées par le président du Faso. »      

Guy Serge Aka

Fasozine