Rencontre CODER-Blaise Compaoré : Il faut mettre fin à la provocation, estiment des OSC

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Rencontre CODER-Blaise Compaoré : Il faut mettre fin à la provocation, estiment des OSC

Pour le M21, le CAR, la COSCA, le MPRESCA, et la Ligue des jeunes du Burkina, l’heure est grave. Le sacrifice des camarades de lutte tombés suite à l’insurrection populaire et le coup d’Etat est en train d’être vain. « La lutte du peuple est en train d’être vendue », a dit Marcel Tankoano qui a lu la déclaration commune.

« Depuis plusieurs semaines, nous suivons les gesticulations d’une coalition appelée CODER, qui nous parle de réconciliation alors qu’elle cherchait juste une astuce pour aller rencontrer Blaise Compaoré », a –t-il poursuivi, indiquant par ailleurs que le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) est l’organe habilité par les autorités pour parler de réconciliation.

Ce doublon est le signe de l’arrogance des responsables de la coalition, foi des auteurs de la déclaration.

Alors quel est l’agenda caché de la CODER ? Réconciliation à propos de qui et par rapport à quoi ? Se demandent ces OSC pour qui, il ne faut pas sauter les étapes. La vérité et la justice d’abord, le reste ensuite.

Rencontre CODER-Blaise Compaoré : Il faut mettre fin à la provocation, estiment des OSCLes têtes de proue de la CODER en ont pris pour leur grade au cours de cette rencontre. D’abord le président d’alors de la coalition qui a conduit la délégation en Côte d’Ivoire pour rencontrer l’ancien président Blaise Compaoré. « Gilbert Noel Ouédraogo a pleuré pour demander pardon dans tout le pays ; aujourd’hui, c’est lui qui est à la tête de cette action de défiance envers les insurgés ». Les OSC préviennent que s’il a oublié, elles vont très vite le lui rappeler.

Ensuite, Ablassé Ouédraogo qui, a l’issue de la rencontre avec l’ancien chef d’Etat, a laissé entendre qu’il a pardonné. « Ablassé Ouédraogo qui a soupé à toutes les tables et qui, comme une girouette suit la direction du vent, a décidé lui aussi, de défier les insurgés ». « Les bourreaux qui pardonnent ceux qu’ils ont tués, spoliés, ruinés…c’est du jamais vu », a poursuivi Marcel Tankoano.

Face à ces ‘’gesticulations’’ de la CODER, les OSC sont convaincues que les martyrs doivent se retourner dans leurs tombes et leurs familles doivent être au bord des larmes.

Les mécontents demandent alors à la coalition d’arrêter ses provocations, « au risque d’être responsable des conséquences qui adviendront ».

Rencontre CODER-Blaise Compaoré : Il faut mettre fin à la provocation, estiment des OSCLes responsables des OSC ont déjà eu une rencontre avec le président Roch Kaboré à ce sujet, et ce dernier, selon le communiqué de la présidence parue dans la presse, les a rassurés que cette coalition n’a pas son soutien. Marcel Tankoano et ses camarades demandent alors au président du Faso de dissoudre la CODER.

Aux juges qui ont en charge les dossiers de l’insurrection populaire et du putsch, ils demandent d’accélérer le traitement. Selon les signataires de la déclaration, la justice burkinabè doit comprendre son rôle historique et suivre le cours de l’histoire. ‘’Trop c’est trop’’, il faut juger ces dossiers pour enfin situer les responsabilités.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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