Récréâtrales : Quand les comédiens « Dansent avec le diable »

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« Danse avec le diable » est l’une des nombreuses pièces de la 10e édition des Récréâtrales à Ouagadougou. Tirée du texte du guinéen Souleymane Bah et mise en scène par Bilia Bah, directeur de la compagnie la muse de Guinée, la pièce comme bien d’autres a refusé du monde jusqu’au soir de sa dernière présentation ce  2 novembre 2018.

A l’occasion d’un banquet, une femme décide de tout faire sauter dans une famille où les frères sont des ennemis. Elle y trouve une chanteuse de cabaret avec qui elle mène le dialogue. Cette dernière reste muette pendant un bout de temps à l’écouter lui raconter comment elle compte faire exploser sa charge à 20h30.  Le temps s’écoule et le kamikaze continue de tergiverser. Subitement la chanteuse prend le dessus et pousse le kamikaze à accomplir son acte. Réussira-t-elle sa mission ?

Une métaphore qui renvoie à la réalité des pays où le terrorisme sévit. Un combat difficile à mener d’autant plus qu’un terroriste peut en cacher un autre car les personnes qui se prêtent à ces actes sont des personnes qu’on ne soupçonne pas, qui vivent dans la communauté, des personnes sur qui on ne peut mettre un visage.

Dans la pénombre de la nuit, tout au fond de la cours de la famille, la scène commence avec la captivante voix de Sira Condé, artiste musicienne et comédienne de théâtre. En fond de scène, un orchestre disposé. Les musiciens et le maître des chœurs, brillent de par leur accoutrement.

Dans une lumière rouge, Abibatou Bah, vêtue de sa longue robe rouge, interprète magistralement le rôle du kamikaze. Avec des mimiques et le texte quelque peu comique, elle  attire l’attention, ne laisse pas indifférents les spectateurs assis à même le sol faute de place.

Une place est accordée à la musique pour ne pas être une musique diffuse mais crée et joué en temps réel avec le jeu des comédiens.

C’est dans cette atmosphère de dangerosité, de jouer avec le diable ou « danser avec le diable » pour se référer au titre de la pièce, que les deux comédiennes nourrissent la curiosité et tiennent le public en attente de l’acte. Mais dans la pièce, le détour est vite fait pour dénoncer d’autres injustices et on revient à la mission première, celle de faire exploser la famille.

Mais l’attentat suicide, sujet grave n’est finalement aussi qu’un prétexte pour immerger le public dans la complexité des rapports familiaux, le rapport à la société, les rapports femme et homme et des causes qui poussent à  ce « sacrifice ultime ».

Revelyn SOME

Burkina24

 

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