Réconciliation et Unité nationale : Le Burkina s’intéresse à l’exemple du Togo

28

Le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) initie du 8 au 9 novembre 2018 à Ouagadougou, une rencontre de partage d’expériences sur le processus de justice transitionnelle au Togo avec l’ancien président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo. Il s’agira pour la première institution qui œuvre pour la consolidation de la paix au Burkina, de capitaliser l’expérience togolaise et non « nullement de dupliquer les mêmes recettes ».

« La justice transitionnelle est un nouveau concept qui n’est pas très bien comprise. Pourquoi j’insiste transitionnelle ? Il s’agit d’une justice qu’on essaie de mettre en place dans une société qui sort d’une crise dont l’ampleur est telle que les institutions peuvent ne même pas fonctionner normalement, d’où les faits sur lesquels doivent porter la justice et l’établissement d’une procédure ordinaire. Les faits sont tellement nombreux que l’on ne peut pas recourir au mécanisme ordinaire. Donc la justice transitionnelle peut se définir comme la justice à laquelle on recoure en tant de transition», a expliqué l’hôte du jour, l’Evêque d’Atakpamé, ancien président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo,  Monseigneur Nicodème Yves Barrigah.

Invité par le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) à partager l’expérience de son pays, le serviteur de Dieu et diplomate de carrière, va s’entretenir avec les conseillers du HCRUN, du 8 au 9 novembre 2018, sur le processus de justice transitionnelle du Togo en général et sur les axes stratégiques et opérationnels de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation en particulier.

« L’expérience du Togo a ses atouts et ses faiblesses. Nous avons, nous aussi, créé une commission parce que le Togo traversait des crises récurrentes. Notre commission a eu à exercer son mandat pendant près de trois (3) ans. Et nous avons remis au gouvernement des recommandations qui sont en phase de mise en œuvre. Je suis donc très heureux d’être au Burkina en ce jour pour partager surtout l’expérience que nous avons vécue. Quel a été notre plan stratégique ? Quelles ont été nos étapes opérationnelles pour peser sur tout ce qui a été fait dans notre pays afin d’aider le HCRUN également à bien assumer sa mission ? », a ajouté le diplomate Mgr. Barrigah.

Selon le président du HCRUN, Léandre Bassolé, il est important de partager avec les institutions similaires dans d’autres pays qui ont déjà parcouru un certain chemin et la mettre en comparaison avec le HCRUN pour voir ce qui peut être retenu de positif.

Réconciliation et Unité nationale : Le Burkina s’intéresse à l’exemple du Togo
L’ensemble des participants devant prendre part à la session de partage d’expérience – Ph. B24

Cependant, indique-t-il, « Il ne s’agit pas pour nous, quand nous parlons de partage d’expériences, d’opérer un copier-coller, parce que chaque pays a sa spécificité, ses réalités. Mais en échangeant sur certains points, vous pouvez trouver de matière à sauter les étapes difficiles ou à les contourner parce que ces institutions ont déjà eu à faire face aux mêmes défis. C’est donc pour cette raison, après être sorti, pour le partage d’expérience, comme vous le savez le Burkina a déjà été en Tunisie, au Rwanda, nous avons estimé que cette fois-ci, il est bon de faire en sorte que l’institution avec laquelle nous voulons échanger ces expériences vienne aussi au Burkina et permette au HCRUN de partager sur place chez nous cette expérience ».

L’ex président de la  Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo a également précisé qu’ « il ne s’agit pas d’un copier-coller car il n’y a pas de leçon à donner au Burkina ». Il s’agit juste, dit-il, de raconter le parcours du Togo afin que l’expérience puisse servir à cette jeune institution qui est le HCRUN.

Cette présente activité, à en croire au président du HCRUN, est inscrite dans le plan de travail dans le cadre du projet financé par le fonds de consolidation de la paix des Nations Unies avec l’accompagnement du PNUD et du Haut-Commissariat aux Droits de l’homme (HCDH). La session a débuté ce jeudi matin dans la salle de conférence du ministère en charge des affaires étrangères, et prendra fin le 9 novembre 2018.

Saga SAWADOGO (stagiaire)

Burkina 24

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Burkina24.com