Rapport 2018 de la Banque mondiale sur « l’évaluation de la politique et des institutions nationales » : L’Afrique subsaharienne a progressé de 3,1%

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Rapport 2018 de la Banque mondiale sur « l’évaluation de la politique et des institutions nationales » : L’Afrique subsaharienne a progressé de 3,1%

L’édition 2018 du rapport de la Banque mondiale sur « l’évaluation de la politique et des institutions nationales », plus connue sous son acronyme anglais CPIA, couvre la période 2017. Il fait état d’une amélioration de la qualité des politiques des institutions en Afrique subsaharienne de 3,1%. « La moyenne de 3,1 met fin à une baisse de la qualité des politiques enclenchée depuis près de quatre ans. C’est donc une bonne nouvelle (…) », a déclaré le chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, Albert Zeufack.

Il a en outre défini le CPIA comme un outil de diagnostic mesurant la qualité des institutions et des politiques dans un pays. Cet outil est basé sur seize indicateurs regroupés en quatre piliers que sont la gestion économique, les politiques structurelles, les politiques d’inclusion sociale et la gestion du secteur public et institutions.

« Le groupe D que nous qualifions généralement de gouvernance constitue 68% du poids de l’indice. Les trois autres n’en font que 24%. Les 8% restant sont attribués en fonction de la performance du portefeuille des projets Banque mondiale », a précisé M. Zeufack.

Rapport 2018 de la Banque mondiale sur « l’évaluation de la politique et des institutions nationales » : L’Afrique subsaharienne a progressé de 3,1%Il convient de souligner que le CPAI est construit sur une échelle de 3 à 6. Pour cette année, le Rwanda, comme de par le passé, s’est hissé au rang de premier pays ayant le score le plus élevé (4.6) dans le classement de cet outil. Il est suivi par le Sénégal (3.8), le Cap vert, le Kenya et la Tanzanie (3.7). Le Burkina Faso, le Ghana et l’Ouganda ne sont pas en reste (3.6). Le Bénin se positionne avec 3.5 et 3.4 pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire.

Le rapport souligne cependant qu’il y a des pays qui ont reculé entre 2016 et 2017. Au nombre de ceux-ci figurent la République démocratique du Congo et les Comores. Pour Albert Zeufack, « la tendance la plus importante se situe au niveau des pays fragiles comme le Soudan et le Soudan du Sud qui ont un mal à mettre en place des politiques qui conduisent à la réduction de la pauvreté ». Aussi a-t-il rappelé que le Nigéria, le Kenya et l’Ethiopie ont été rétrogradés en 2017, essentiellement en raison de la gestion des politiques macroéconomiques et plus précisément de la gestion de la dette.

Par contre, il a indiqué que la Gambie, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Malawi ont vu une amélioration de leur score sur le pilier de la politique monétaire. Le Bénin, le Cameroun, la Gambie et le Ghana, pour leur part, se sont positivement illustrés sur le plan de la politique budgétaire. Quant aux pays comme le Lesotho, l’Ouganda et le Togo, ils ont eu une augmentation de leur score sur les politiques et la gestion de leur dette. À ce niveau, souligne le chef de la Banque mondiale, « ces pays sont plutôt rares en Afrique qui n’ont pas augmenté leur dette de façon vertigineuse ces cinq dernières années et qui se sont attelés pour que ces dettes soient soutenables ».

Rapport 2018 de la Banque mondiale sur « l’évaluation de la politique et des institutions nationales » : L’Afrique subsaharienne a progressé de 3,1%Pour Albert Zeufack, les pays africains gagneraient à mettre l’accent sur l’indice CPIA, et cela pour plusieurs raisons. « D’abord, la méthodologie est extrêmement robuste. Elle a été testée et l’indice CPIA montre une corrélation forte avec la croissance et l’investissement. La deuxième raison, c’est que le CPIA se traduit par un bénéfice financier évident lorsqu’on améliore son score. Lorsque le score CPIA d’un pays augmente, cela se traduit par une augmentation de l’enveloppe des prêts concessionnels que la Banque mondiale octroie au pays. La troisième raison pour laquelle cet indicateur est extrêmement important, c’est qu’il s’agit d’un outil de formulation et de pilotage des politiques économiques », a-t-il dit.

Par la suite, les participants à la présentation du rapport ont émis des préoccupations. Pourquoi le CPIA n’est pas aussi bien connu que le Doing Business ? Ont-ils demandé. « Le CPIA était un secret bien gardé. Certains pays ont déjà pris connaissance et travail avec maintenant. Nous comptons sur vous les journalistes pour le mettre au niveau de vulgarisation qu’il mérite », a rétorqué M. Zeufack. Se prononçant sur les raisons de la croissance du Rwanda par rapport aux autres pays, il dira tout simplement que sur les quatre piliers du CPIA, le gouvernement a mis en place des institutions pour s’assurer que les réformes sont coordonnées.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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