Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

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Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

A l’initiative de la Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest, en collaboration avec le Centre national de presse Norbert.Zongo et la radio Savane FM, Ouagadougou a abrité, le samedi 12 octobre 2019, un forum sur le thème « Comment mettre un terme aux rackets policiers aux pays des hommes intègres ? ». Cet évènement, troisième du genre, s’inscrit dans le cadre des activités du projet visant à promouvoir la gouvernance participative au Burkina Faso. Un projet mis en œuvre depuis 2018 avec divers médias.

Le forum a drainé, à la Direction générale de la coopération, des participants issus de la police nationale, des syndicats des transporteurs, des services de la gendarmerie, de la Ligue des consommateurs et des organisations de la société civile. Ils ont bénéficié de l’expertise de quatre communicateurs dont Luc Damiba, spécialiste anti-corruption ; le président de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat, Pr Luc Marius Ibriga ; le secrétaire général du syndicat de la police nationale, Armiyaho Zongo et le coordonnateur national de contrôle de forces de police, Bienvenue Claude Bado.


Soumaïla Rabo et Richard Tiéné étaient les modérateurs du jour. Le premier a défini le racket comme l’extorsion d’argent ou d’objet le plus souvent répétée et organisée, obtenue par chantage, terreur, violence. Selon le rapport de l’Observatoire des pratiques illégales de l’UEMOA, le Burkina Faso, le Mali et la Côte d’Ivoire tiennent la tête. Le Bénin peut s’enorgueillir d’être le seul pays à avoir connu des avancées en la matière.


Pourtant, il y a des dispositions qui interdisent le racket. A ce propos, le contrôleur général d’Etat a souligné que conformément à l’article 332.9 du code pénal , « tout agent qui sollicite, reçoit, exige ou ordonne de percevoir ce qu’il sait n’est pas être dû ou excède ce qui est dû, soit à lui-même, soit à l’administration, soit aux parties pour lesquelles il perçoit, est puni d’une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende égale au double de la valeur du produit de l’infraction si la valeur est inférieure ou égale à 500 000 F CFA, sans que cette amende puisse être inférieur à 2 000 000 de F CFA. D’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende égale au double de la valeur du produit de l’infraction si celle-ci est supérieure à 500 000 F CFA, sans que cette amende puisse être inférieur à 10 000 000 F CFA ».


Les causes du racket…}

L’abus de pouvoir n’est pas en reste. En effet, est puni d’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 2 000 000 à 10 000 000 F CFA, le fait pour un agent public d’abuser intentionnellement de ses fonctions ou de son poste en accomplissant ou en s’abstenant d’accomplir dans l’exercice de ses fonctions un acte en violation des lois et des règlements afin d’obtenir un avantage indu pour lui-même ou pour une autre personne ou entité, a-t-il signifié.

Parmi les raisons susceptibles d’expliquer la persistance du phénomène malgré l’existence de ses dispositions, le paneliste évoque l’ignorance de la loi par les victimes, les comportements inciviques, la précarisation de la situation des agents, la perte des valeurs d’éthique et déontologique. En plus de cela, il y a la politisation de l’administration, la subjectivisation de la vérité, la perte du sens de l’Etat et du bien commun.


Pistes de solutions

Après avoir suivi les communications prévues, les participants ont émis quelques préoccupations au cours des échanges. Le forum a aussi débouché sur une vingtaine de solutions pour venir à bout des rackets policiers. Au nombre de celles-ci figurent l’implication politique, de la société ; la mise en place d’un système permettant à l’usager de faire des dénonciations lorsqu’il est victime de racket ; la prise de sanction appropriée contre les agents auteurs de racket. Les participants ont aussi demandé à la hiérarchie d’instituer une prime à la bonne moralité, revoir un certain nombre de textes notamment le décret de 2003 qui institut des ristournes à reverser à la police par rapport aux amendes.

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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