Quand «Il pleut sur Ouaga», le temps est sexy, c’est la saison des amours

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« Il pleut sur Ouaga »  du Franco-burkinabè Fabien Dao est en compétition au Festival de Film Francophone de Namur dans la section court métrage.

Il pleut sur Ouaga. C’est la saison des amours, le pays se reconstruit après la révolution. Alpha s’apprête à rejoindre sa bien-aimée en France. Mais sa rencontre avec Leïla sous la pluie lui ouvre les yeux.

Le temps des pluies à Ouaga est aussi bien court que le temps des cerises. « Temps sexy » c’est le moment où les températures s’évanouissent. C’est aussi le moment favori des couples, a-t-on l’habitude de dire à Ouaga. Les célibataires, eux cherchent à conquérir des cœurs.  « Ouagadougou quand le temps est sexy, c’est là que ça bite, ça bite partout », annonce la voix sous une pluie battante dès le début du film.

Musiques et pluie rythment cette comédie dramatique. Sékou, l’artiste chante  pour entretenir la romance. Tiré à quatre épingles, il se joue le maître des cœurs et n’hésite pas à donner des leçons de séduction aux jeunes. Les ambiances chaudes des boîtes de nuit de Ouaga ne sont pas en reste.

L’Idylle entre Alpha et sa dulcinée Cerise l’Européenne, ne durera que le temps des cerises. Des phrases de la chanson « Les temps des cerises », écrite par Jean-Baptiste Clément en 1866 et la musique composée par Antoine Renard en 1881  en voix off, servent de transitions aux séquences.

« Quand vous serez au temps des cerises, si vous avez peur des chagrins d’amour, évitez les belles ! »

« Moi, je ne crains pas les peines cruelles, je ne vivrai point sans souffrir un jour… »

Cette chanson a elle aussi servi à entretenir les combattants de la semaine sanglante de Paris en 1871. Alpha a le souvenir de « Ces temps des cerises » qu’il garde dans son cœur. Mais la scène se passe sous la transition, les radios n’annoncent pas de bonnes nouvelles venant depuis le camp des militaires du RSP. Pour les combattants de la démocratie, la lutte n’est pas terminée. La pluie s’annonce, chargée de vent et de poussière.

Le film s’impose par son ancrage dans le réel comme contexte où l’on essaye de vivre, de s’accommoder puis le cours des choses change avec les turbulences qui surviennent. Le réalisateur fait appel à de jeunes comédiens peu connus ou pas du tout de la scène, Ali K Ouédraogo et Eléonore Kocty pour incarner ces tranches de vie de jeunes Burkinabè sous la transition de façon subtile.

 « Il pleut sur Ouaga » est le troisième fils de Fabien Dao après Vindicte (2016) et Rikishi (2017). Mention spéciale du jury au festival « Tous courts » d’Aix-en-Provence en France en 2017, le film est  en compétition et tentera de décrocher le « Bayard » du court métrage ou le prix du public.

Revelyn SOME

Burkina24 

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