Projets et programmes agricoles : Les acteurs du monde rural veulent être omniprésents

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Projets et programmes agricoles : Les acteurs du monde rural veulent être omniprésents

Elle faisait partie des femmes rapatriées de la Côte-d’Ivoire suite à la crise socio politique survenue dans le pays au début des années 2000. Aujourd’hui, présidente de l’union des femmes transformatrices de manioc au Burkina, Sabine Nana a été distinguée à l’instar de 107 autres acteurs dans les catégories agriculture, élevage, pêche et pisciculture et environnement. C’était ce vendredi à Kaya à la 20e édition de journée nationale du paysan. Véritable cadre d’échanges entre les différents acteurs (gouvernement, partenaires techniques, et financiers, secteur privé et producteurs), cette fête a réuni plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers et surtout des milliers de producteurs venues des quatre coins du Burkina.

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« L’agriculture ne peut se développer que par les agriculteurs eux-mêmes, bien sûr, avec l’appui des services techniques et l’accompagnement financier de l’Etat », foi du président de la Chambre nationale d’agriculture, Saidou Ouédraogo. A l’en croire, pendant des décennies le pouvoir public a toujours organisé les acteurs du monde rural pour répondre à des schémas qu’il a conçu. « Mais, clame-t-il, il est temps de nous organiser nous-mêmes pour affronter les exigences et les défis que nous commandent les changements climatiques et la mondialisation ». Ainsi, les acteurs du monde rural veulent être omniprésents en amont et en aval dans toutes les démarches que le gouvernement jugera utiles pour eux. Ils veulent être impliqués dans la conception, les négociations, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets et programmes. Citant le panafricaniste Nelson Mandela, Saidou Ouédraogo a lancé « Tout ce qui est fait pour vous sans vous est contre vous-même si apparemment tout semble être à votre avantage ».

Réflexion sur le format et la périodicité de la JNP
Pour le ministre de l’agriculture et des aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, il est désormais opportun d’approfondir la réflexion pour adapter le format de la Journée nationale du paysan pour un impact réel sur le secteur. En 2016, dans une étude conduite par les départements en charge du secteur rural, des suggestions ont été faites sur la périodicité et le format de l’événement.
Tout d’abord, pour la périodicité, les acteurs ont suggéré de transformer la JNP en une biennale.

Ensuite pour ce qui est du format, il est proposé dans un premier temps l’organisation conjointe de la JNP Etat/OPA/Secteur privé rural à travers un secrétariat permanent. Et dans ce second temps, les acteurs non étatiques doivent être responsabilisés dans l’organisation de la JNP avec une participation financière majoritaire de ces derniers. Selon le ministre Jacob Ouédraogo, « ces propositions feront l’objet l’un examen franc » au cours de la présente édition qui s’achève demain par le face-à-face entre le Chef de l’Etat et les producteurs.

En attendant, le représentant-pays de la FAO, Aristide Ongoné Obamé, a rassuré la disponibilité de l’organisation et de la communauté des pays amis du Burkina Faso de faire des résultats de cette journée nationale du paysan « un véritable tremplin d’intensification durable des productions agro-sylvo-pastorales dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire ».
Le jour 2 de la JNP a pris fin par l’ouverture de la foire agro-sylvo-pastorale à laquelle prennent part une centaine d’exposants.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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