Programme élargi de vaccination : Le bloc épidémiologique de l’Afrique de l’Ouest fait le point des progrès accomplis

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Programme élargi de vaccination : Le bloc épidémiologique de l’Afrique de l’Ouest fait le point des progrès accomplis

Près d’un demi-million d’enfants en Afrique meurent de maladies évitables par la vaccination, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aussi, il est estimé à 30 millions le nombre d’enfants souffrant de ces maladies. À l’échelle mondiale, grâce à la vaccination, plus de deux millions de décès sont évités par an. À l’horizon 2030, la région africaine de l’OMS ambitionne de coordonner les efforts de l’ensemble des acteurs de la vaccination pour sauver 1,9 millions de personnes sur le continent.

En février 2016, la conférence ministérielle sur la vaccination en Afrique tenue à Addis-Abeba en Éthiopie a rassemblé les dirigeants politiques africains et les parties prenantes de la vaccination. Objectif : faire progresser l’accès universel en Afrique conformément au Plan d’action mondial pour la vaccination 2011-2020 et au plan stratégique régional pour la vaccination 2014-2020 avec un accent sur l’augmentation de la demande communautaire et le renforcement par les pays. Ladite conférence a abouti à la signature, pour la première fois, d’une déclaration ministérielle sur la vaccination en Afrique.

Garantir à tous les enfants un accès aux vaccins

Puis, en janvier 2017, le 28e sommet de l’Union africaine a adopté la « déclaration sur l’accès universel à la vaccination en tant que pierre angulaire de la santé et du développement en Afrique ». Approuvée par les chefs d’État, elle vise à garantir que tous les enfants d’Afrique aient accès aux vaccins dont ils ont besoin pour leur survie.

Programme élargi de vaccination : Le bloc épidémiologique de l’Afrique de l’Ouest fait le point des progrès accomplisLa réunion de Ouagadougou vise donc à faire le point sur les progrès accomplis au cours de l’année 2017 et le premier semestre 2018. Ce, en rapport avec les objectifs du plan d’action mondial pour la vaccination. Concrètement, l’atelier va se pencher sur les domaines suivants : l’éradication de la poliomyélite, la réduction du nombre d’enfants non-vaccinés dans le cadre de la vaccination systématique ; les stratégies de communication et de génération de la demande pour les services de la vaccination ; le financement des activités de vaccination ; la qualité des données de vaccination ; les défis de la logistique et de la chaîne de froid ; l’atteinte des objectifs d’élimination des maladies prioritaires évitables par la vaccination notamment la rougeole/rubéole, la méningite, la fièvre jaune, le tétanos maternel et néonatal ; et enfin l’introduction des nouveaux vaccins et nouvelles technologies.

« La rencontre 2018 des directeurs du PEV revêt un caractère important car elle se déroule à une période charnière de l’histoire de la vaccination. Cela fait une année que la déclaration d’Addis-Abeba a été adoptée par les chefs d’État lors du 28e sommet de l’Union africaine. Cette déclaration vise à garantir que tous les enfants d’Afrique aient accès aux vaccins dont ils ont besoin grâce à l’engagement politique et financier plus accrus des États, du secteur privé et de la société civile », a rappelé Dr Alimata J.

Diarra-Nama, représentant résident de l’OMS au Burkina. Puis, elle a assuré que l’OMS et l’ensemble des partenaires techniques s’engagent à soutenir les programmes de vaccination de tous les pays de du bloc de l’Afrique de l’Ouest dans les divers domaines notamment l’éradication de la poliomyélite, l’élimination de la rougeole et de la rubéole, l’élimination des autres maladies évitables par la vaccination.

Des progrès, mais encore insuffisants

Programme élargi de vaccination : Le bloc épidémiologique de l’Afrique de l’Ouest fait le point des progrès accomplisC’est Corneille Traoré, conseiller technique du ministre de la Santé, qui a présidé la cérémonie officielle d’ouverture de la réunion. « Des progrès considérables ont été réalisés dans la région, mais de nombreux indicateurs restent inférieurs à leur cible. Ces constats sont préoccupants et appellent à plus d’actions de la part des acteurs régionaux de la vaccination pour tirer parti de la déclaration d’Addis-Abeba », a-t-il reconnu.
Avant de préciser : « Les réunions annuelles des directeurs des programmes nationaux de vaccination qui visent à examiner les progrès réalisés par les pays et les défis auxquels ils sont confrontés pour atteindre les objectifs fixés, constituent d’importantes opportunités pour les gestionnaires du PEV d’échanger sur la situation actuelle des programmes et d’identifier les actions clés, y compris les innovations susceptibles d’améliorer la couverture et l’équité dans la région ».

Environ 200 personnes prennent part à cette réunion. Ils viennent des ministères de la Santé des pays membres ainsi que des partenaires techniques et financiers. Par ailleurs, un atelier parallèle des gestionnaires de données se déroulera du 25 au 26 septembre 2018 au siège de la représentation de l’OMS, à Ouagadougou. L’objectif est de les initier à un nouveau logiciel de gestion des données dénommé DHIS 2 appelé à être mis en place dans tous les pays.

Cette réunion se veut également une occasion de partage des meilleures pratiques dans les différentes composantes en matière de vaccination, des expériences avec de nouveaux vaccins et de nouvelles innovations.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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