Produits impropres à la consommation : L’empoisonnement à grande échelle se poursuit

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Produits impropres à la consommation : L’empoisonnement à grande échelle se poursuit

Des huiles produites localement dans des conditions à vous faire vomir vos trippes. Des animaux abattus dans des cimetières sans contrôles sanitaires et transportés dans les marchés et yaars. Des pâtes alimentaires, des biscuits, boites de conserve, des canettes… tous périmés. La liste est longue. Absolument tout ce que nous consommons est devenu suspect. Non content de reconditionner le riz, il semble que maintenant ils nous en vendent en plastique.

Et si c’était la partie visible de l’iceberg ? Et si le phénomène était plus important que ce que les forces de défense et de sécurité arrivent à nous montrer ? Jusque-là, en tout cas pour l’essentiel, le phénomène des produits impropres à la consommation concernent Ouagadougou

Là-bas, là où ‘’le chien est mort’’, plus qu’ici, le consommateur est livré à lui-même. Les jours de marché sont propices pour déverser sur le marché des produits qui devraient être jetés à la poubelle. Faites un tour un mercredi au marché de Djibo au nord du pays et vous aurez mal au vendre à la place de ces paysans venus des campagnes et qui se ruent sur les boites de conserve, et autres à l’origine et à la qualité douteuses. Un exemple parmi tant d’autres.

Le droit du consommateur est bafoué, avec la complicité d’une certaine ligue des consommateurs qui émargent pour ce qu’elle ne fera pas. Les membres de cette mafia organisée, ces dernières années se sont adonnés à un spectacle désolant, occupés à se battre pour leur positionnement et à se trainer devant les tribunaux. Tout cela pour ‘’nous’’ défendre ?

C’est à croire que notre pays est devenu une vraie poubelle dans laquelle on jette de la pourriture, de l’intérieur comme de l’extérieur. Des frontières poreuses, la faute à qui ? Il y en a qui sont pourtant payés pour contrôler tout ce qui entre sur le territoire national. Ils sont là, mais en grande quantité et sur des routes principales, des produits dangereux sont acheminés jusqu’à, vous et nous.
Même quand ce sont des denrées sans problèmes qui passent, entreposées dans des magasins et qui finissent par être périmés, il y a toujours un circuit pour les vendre.

Dans cet environnement de commerçants véreux tout autant que leurs complices, il faut saluer l’acte de celui qui le 8 mai dernier, est allé déclarer à la police municipale, 500 cartons de 24 boites de lait périmé. Un fait inédit. Certainement que le travail des fins limiers est en train de produire ses effets. Gageons que d’autres commerçants suivront les pas de cet éclaireur.

En attendant, que de ‘’véritables’’ politiques non populistes d’encouragement et d’incitation à la consommation des produits locaux se mettent en place, faites attention à ce que vous achetez. Et puisque les dates de péremption sont même falsifiées, il ne reste plus qu’à souhaiter que Dieu nous sauve.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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