Procès putsch : « Que justice soit rendue », lance un témoin

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A la suite de l’ancien Président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Mathurin Bako, deux témoins cités par le Parquet sont passés devant la barre du Tribunal militaire ce mardi 12 février 2019. Il s’agit du technicien supérieur de télécoms, Seydou Yao, et le Capitaine Cuthbert B. Somda de l’armée de l’air.

Le technicien supérieur de télécommunications, Seydou Yao, était un agent de l’ARCEP, au moment des faits. Ce témoin de 62 ans a été sollicité, de gré ou de force, à participer à l’opération de localisation de la radio tantôt dite de la résistance, tantôt dite pirate.

Appelés à interagir sur la déposition de M. Yao, les accusés, le Sergent Pagbelem, le Sergent-Chef Bouda et le Sergent-Chef Koussoubé, ont invité les membres du Tribunal à prendre ce témoignage avec réserve. « En tout cas, je n’ai rien à ajouter à ce qu’ils ont dit. Mais, que justice soit rendue », s’est contenté de dire le témoin cité par le Parquet en guise de mot de fin.

Le Capitaine Cuthbert B. Somda a ensuite été appelé à la barre. L’Officier de l’armée de l’air, né en 1973, dans sa tenue militaire, a comparu en qualité de témoin. Ce pilote dit avoir reçu un appel le 16 septembre 2015 vers 20h parlant d’une mission héliportée de la Présidence du Faso.

Au départ, à l’écouter, l’itinéraire premier était Ouaga-Banfora. Pendant qu’il préparait l’aspect technique du voyage, sans aucun détail sur l’objet de la mission, il reçoit l’information selon laquelle Ouaga-Niangoloko serait la nouvelle destination. « J’ai estimé qu’il n’est pas question de franchir la frontière comme cela », foi de l’Officier militaire.

« Nous ne défendons personne » (Le Parquet)

Finalement, c’est vers Niangoloko en territoire burkinabè qu’il a atterri, sur un terrain de sport avec à bord des membres de l’équipage et le Capitaine Seydou Gaston de l’ex-RSP. « La zone était sécurisée par des éléments de la Gendarmerie nationale du Burkina Faso. Nous avons récupéré des matériels de maintien de l’ordre avant de revenir sur Ouagadougou. En aucun moment, je n’ai eu le sentiment de soutenir le coup d’Etat. Je n’ai fait qu’exécuter les ordres de mes supérieurs », s’est expliqué celui qui était 4e dans la chaîne de décision qui a concouru à l’exécution de la mission en question.

Le Lieutenant Dianda, le Capitaine Zoumbri et le Capitaine Seydou Gaston et le Colonel-major Kéré, tous des accusés, sont invités à la barre pour des confrontations. Le témoignage du Capitaine Cuthbert Somda n’a été battu en brèche qu’à des détails près. Mais, à un moment donné, le mercure est monté d’un cran au cours de l’audience du jour, notamment entre le Parquet et le Colonel-major Kéré.

Une situation qui a conduit à une brève suspension de l’audience, question de « refroidir les cœurs ». En fait, pour l’accusé, le Ministère public ne fait que défendre la hiérarchie militaire qui, selon lui, n’est pas blanche comme neige dans cette affaire. Au Procureur de rétorquer : « Nous ne défendons personne. Nous ne faisons que poser des questions avec la plus grande sincérité ».

L’audience du jour a pris fin à 17h moins. Elle reprend ce mercredi 13 février 2019 avec à la barre un autre témoin.

Noufou KINDO

Burkina 24

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