Procès putsch: Quand six témoins déchargent les Sergents Nobila et Boué

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Audience-marathon ce vendredi 15 mars 2019 dans la Salle des Banquets de Ouaga 2000 ! Au total six témoins ont déposé à la barre du Tribunal militaire. Des témoignages à décharge en faveur de deux accusés.

Les auditions ont connu un rythme accéléré  à Ouaga 2000 ce 15 mars 2019. Six témoins cités par les avocats de la Défense, Me Flore Toé et Me Babou Bama, ont dit ce qu’ils savaient des évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants. C’est Konsamyouré Sawadogo dit Salam, commerçant de son état, qui a ouvert le bal des témoignages du jour.

Cousin du Sergent Nobila Sawadogo, un accusé dans cette affaire, l’homme âgé de 62 ans a été autorisé à déposer sans prêter serment. Selon ses dires, il était avec le Sergent Nobila dans la matinée du 16 septembre 2015 en famille. Me Flore Toé, avocate du Sergent saisit la balle au bond pour faire observer ce qu’elle considère comme une évidence.

« Cela confirme bien que mon client n’était pas au Palais présidentiel dans la matinée du 16 septembre », dit-elle. Une deuxième personne, appelée à témoigner et citée par l’avocate, est invitée à rejoindre le perchoir. Ruffin Sawadogo, 40 ans, est employée de commerce. Elle affirme que le Sergent Nobila est venu faire des achats chez elle le 16 septembre aux environs de 12h ou 13h.

Le Parquet trouve qu’elle ressemble plus à une supporter…

Son témoignage réconforte Me Toé qui précise que son client, après avoir quitté son cousin, s’est rendu chez la commerçante afin de se procurer des fournitures scolaires. Rien, selon l’avocate, n’indique que le Sergent incriminé faisait partie du commando parti à l’assaut du Conseil des ministres le 16 septembre 2015. « Nous nous sommes quittés vers 15h », tente de se remémorer Dame Ruffin. Les membres du Ministère public prennent la parole, l’air dubitatif.

Ils invitent le Tribunal à prendre ce témoignage avec des pincettes. « Madame Ruffin Sawadogo ressemble plus à une supporter qu’à un témoin », lance un parquetier. Le Sergent Jean G. Yonli, le troisième et dernier témoin à décharge en faveur du Sergent Nobila est appelé à comparaitre. Le Sous-Officier, campé dans sa tenue militaire, dit avoir reçu un appel du Sergent Nobila aux environs de 15h.

« On ne savait pas ce qui se passait. Mais j’ai entendu le Major Badiel dire que si quelqu’un appelait, qu’on lui dise de rejoindre le camp. C’est ce que j’ai fait. Et le Sergent Nobila est arrivé vers 17h. Il s’est changé et il est ressorti », témoigne le Sergent Yonli. Sa déposition est accueillie telle une parole d’évangile du côté de la Défense de l’accusé Nobila.

Après ces trois témoins à décharge, trois autres sont passés devant le Tribunal. Cette fois-ci, ce sont les intérêts d’un autre accusé, le Sergent Boué Meda avec pour Conseil Me Babou Bama, qui étaient en jeu. L’Adjudant-Chef Major Issouf Guiré est le premier à passer à la barre.

L’expert en sécurité informatique, Younoussa Sanfo, à la barre le lundi prochain

Le Sous-Officier supérieur de Gendarmerie informe que lui et l’épouse de l’accusé l’ont conseillé de s’en démarquer dès les premiers moments de cette affaire. Chose qu’il aurait faite avant de « s’échapper » le 22 septembre puis se réfugier à la Gendarmerie. Le Major Guiré était en fait le Chef de service de l’épouse du Sergent Boué, elle aussi Gendarme.

L’avant dernier témoin du jour, le Capitaine Kaboré Moussa Moïse Wendpanga, quant à lui, retient que le « petit Boué » était de la mission de sécurité rapprochée du Président Macky Sall du 18 au 20 septembre. « On ne se connaissait pas avant cette mission », rassure-t-il. Pour couronner l’audience-marathon du jour, c’est le petit frère direct, même père même mère, du Sergent Boué qui est invité à témoigner.

Malgré une « faute d’orthographe » dans son nom de famille, Arsène Z. Bouyo fait savoir que durant toute la soirée du 16 septembre, son grand frère n’est pas sorti de la maison. « Le 17 septembre matin, il est parti au camp. Il est revenu vers 12h pour repartir à 15h. Il a dit qu’il avait été retenu pour une mission de sécurité rapprochée qui commençait le 18 septembre », foi de l’étudiant de 24 ans.

L’audience du jour a été suspendue aux environs de 16h moins après que l’appariteur ait constaté qu’il n’y avait plus personne dans la salle réservée aux témoins. Rendez est pris pour le lundi 18 mars 2019 avec à la barre l’expert en sécurité informatique, Younoussa Sanfo.

Noufou KINDO

Burkina 24

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