Procès du putsch : Les révélations de Simon Compaoré sur Djibrill Bassolé

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Le 27 février 2018 se tiendra le procès du coup d’Etat de septembre 2015,  lequel implique le Général Djibrill Bassolé. Le changement de poste du Président de la chambre de contrôle Jean Marie Ouattara, le 24 janvier 2018, a suscité un levé de bouclier au sein du parti de Djibril Bassolé,  la NAFA, qui redoute un procès biaisé.  Interrogé lors d’un point de presse ce jeudi 8 février 2018 à Ouagadougou, sur la probabilité qu’il y ait une immixtion de l’exécutif dans ce procès, le ministre d’Etat auprès de la présidence Simon Compaoré dit être  étonné qu’une telle question soit adressée au gouvernement.     

A l’en croire, depuis que le procès s’annonce, des gens font des pieds et des mains pour tenter de bloquer le procès et le retarder, « alors que nous étions tous d’accord qu’on a trop attendu », dit-il.

« On pourrait dire même que la justice a été lente mais comme vous le savez et comme les juges se sont expliqués, vu le nombre de personnes qu’il faillait entendre aussi bien les présumés coupables que les témoins, il fallait prendre tout ce temps pour ne pas bâcler le dossier », tente de justifier le président par intérim du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Il a félicité  tous  les acteurs de la justice « qui n’ont pas dormi pour instruire ce dossier qui est maintenant mûr et qui va passer devant le juge ».

S’exprimant sur la  liberté provisoire qui a été accordée à Djibrill Bassolé, Simon Compaoré opine que si l’on devait interroger les populations, «  sur 100 personnes vous ne trouverez pas 10 à 15 personnes prêtes à comprendre une telle liberté provisoire qui serait accordée à ce prévenu ».

Projet de fuite ?

« Parce que la raison,  poursuit Simon Compaoré, au début on nous a dit que c’est pour cause de maladie. Mais depuis qu’il est en résidence surveillée,  nous n’avons pas appris qu’il est sur un lit et qu’il est mourant. Mieux, il reçoit régulièrement. Ce qui veut dire qu’on a eu raison, parce que rien ne pouvait nous assurer qu’une fois de l’autre côté, il reviendra devant le juge ».

Si l’on en croit Simon Compaoré,  les informations qui lui parvenaient montraient qu’il y avait un gros risque que Djibrill Bassolé prenne la fuite s’il n’avait pas été assigné à résidence surveillée.  « Certains d’entre vous n’hésiteraient pas à décocher des flèches contre le pouvoir en disant, c’est des arrangements, ils savaient qu’il n’allait plus revenir. Or nous souhaitons que les témoins et les acteurs soient là au moment de l’ouverture du procès  et nous ne tenions pas à être responsables par rapport à une éventuelle fuite de celui-là qui doit répondre devant les juges », tranche celui qui était dans un passé récent ministre en charge de la sécurité.

Et d’ajouter :  « Si c’est ça l’immixtion, je crois que c’est une bonne immixtion. Ça nous rassure que le 27 février  au moins il pourra se présenter devant le juge ».

Perturbation du procès ?

S’agissant de la sortie de la NAFA qui émet des inquiétudes quant à l’impartialité de la justice militaire, Simon Compaoré estime que c’est une fuite en avant qui ne saurait empêcher le droit d’être dit. D’ailleurs,  il dit être au courant que dans un secteur de la ville de Ouagadougou, des individus sont en train d’instrumentaliser des jeunes dans l’intention que ceux-ci organisent une manifestation et ainsi perturber le procès.

Max KABORE

Burkina24

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