Prix de la lutte anticorruption: Atiana Serge Oulon sacré pour la 2e année consécutive

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Le Réseau national de lutte anticorruption (RENLAC) a tenu sa 18e assemblée générale ordinaire le vendredi 27 avril 2018 à Ouagadougou. La cérémonie a donné le palmarès du prix de la lutte anticorruption qui a vu les journalistes du bimensuel Courrier confidentiel en presse écrite et Boniface Zagré de la radio Unitas de Diébougou remporter les premiers prix.
Pour avoir « levé le lièvre » sur des malversations au sein du secrétariat permanent des engagements nationaux, le journaliste de Courrier confidentiel, Atiana Serge Oulon a été récompensé par le Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC). Dans le domaine de la radio, c’est Boniface Zagré, qui, levant un coin du voile sur la pratique des pots-de-vin en milieu scolaire dans le sud-ouest qui a décroché le premier prix. Ils ont été distingués à l’occasion de la 18e assemblée générale ordinaire du RENLAC et s’en tirent chacun des premiers, avec la somme de  un million de francs CFA, un trophée et une attestation. Le lauréat en presse écrite a reçu cette deuxième consécration consécutive avec de la fierté, mais également comme une invite à la persévérance dans le travail. Il a participé à la compétition avec deux articles d’aout et décembre 2017 faisant cas d’entorses à la bonne gouvernance, de clientélisme, de détournement et de corruption au sein du secrétariat permanent des engagements nationaux. Pour cette édition, le jury du prix de la lutte anticorruption a reçu 85 œuvres, dont 80 en presse écrite et cinq en radio. Ce qui, de l’avis du lauréat Oulon, démontre la vitalité de la presse sur le plan de la veille citoyenne. Quant au premier prix en radio, Boniface Zagré, journaliste à la radio Unitas de Diébougou, il a dédié son trophée à la presse du sud-ouest. Selon lui, la corruption est un « missile silencieux qui gangrène toutes les couches socioprofessionnelles et le domaine scolaire n’est pas épargné ». C’est pourquoi il a choisi de traiter de la corruption en milieu scolaire dans le sud-ouest, pour dénoncer et interpeller. Il a par ailleurs invité les autorités « à prendre la corruption comme un problème d’Etat et sanctionner car, on a beau sensibiliser, le phénomène va perdurer ». La cérémonie de remise du prix de la lutte anticorruption s’est tenue en marge de la 18e assemblée générale ordinaire du RENLAC. Une activité qui a permis aux membres d’examiner et de valider les rapports d’activités et financier de l’année 2017 ainsi que le programme d’activité et le budget de l’année en cours. A l’occasion de la clôture des travaux, le secrétaire exécutif du RENLAC, Dr Claude Wetta a noté le caractère persistant de la corruption, rappelant les scandales touchant les différentes sphères du pouvoir politique et économique aussi bien sur le plan national, africain, qu’international. Autant de faits qui dénotent, a-t-il dit, des énormes défis sur le front de la lutte « que seule une volonté politique et réelle couronnée d’un engagement au sommet de l’Etat pourrait contribuer à relever efficacement ». C’est dans cette optique que le RENLAC, qui a fêté ses 20 ans d’existence en décembre 2017, a transmis un mémorandum d’interpellation au chef de l’Etat le mois dernier.

Fabé Mamadou OUATTARA

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