Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûres

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Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûres

Kantchari devient ainsi le 4e poste frontalier après Dakola, Madouba et Yendéré à être équipé avec le Système d’analyse des données et des informations migratoires(MIDAS), dans le cadre du projet, « Renforcement de la sécurité des frontières du Burkina Faso, Phase II », fruit de la coopération multilatérale entre le Japon, l’Organisation internationale pour les migrations et le Burkina Faso.

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresLedit projet mis en œuvre depuis avril 2017 est bâti sur trois axes majeurs. Il vise non seulement à renforcer les capacités opérationnelles et techniques des structures et des acteurs en charge de la gestion des frontières, surtout les forces de sécurité à travers la police des frontières, mais aussi à appuyer la collaboration entre ces forces de sécurités et des populations aux frontières.

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresAu poste de police frontière de Kantchari, les bâtiments ont ainsi été réhabilités et équipés en énergie solaire. Le Système d’analyse des données et des informations migratoires a été installé avec 6 postes de travail pour les agents et un poste superviseur pour le chef de poste. Les équipements nécessaires et l’établissement de la consultation de la liste d’alertes d’Interpol ont été acquis.

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresTamotsu Ikezaki, ambassadeur du Japon dont le pays est le partenaire financier du projet, a dit sa joie de savoir que ce système va renforcer les capacités de collecte, de stockage et d’analyse de données aux frontières, ainsi que la coopération et l’échange d’informations à l’échelle régionale et même internationale.

Pour le diplomate, « c’est un flux migratoire qui sera mieux contrôlé, c’est la lutte contre la criminalité transfrontalière qui sera plus efficace et c’est la sécurité des frontières qui sera renforcée », surtout en cette période où les pays du G5 sahel unissent leurs forces pour lutter contre le terrorisme et renforcer les bases de la stabilité et de la paix dans la sous-région.

MIDAS : important pour filtrer les mouvements

Développé par l’OIM en 2009, le Système d’analyse des données et des informations migratoires (MIDAS, en anglais), est opérationnel dans 19 pays et est en conformité avec les normes internationales. Il recueille, traite, stocke et analyse les données des voyageurs en temps réel grâce à un réseau extensif aux frontières. Il permet ainsi aux Etats de contrôler plus effacement les personnes qui entrent et sortent du territoire, tout en fournissant une base statistique pour la planification de leur politique de migration.

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresLe Chef de mission du bureau pays de l’OIM a quant à elle, noté que le poste de police frontière de Kantchari qui reçoit beaucoup de voyageurs avait besoin de ce système qui facilite le travail des agents dans la collecte en toute sûreté et très rapidement des données fiables, que celles-ci soient biométriques ou biographiques.
« Ces données sont reçues en temps réel à Ouagadougou, en même temps avec ce système d’information qui est connecté à Interpol, les agents pourront détecter les personnes suspectes, peut-être fichées au niveau international et qui peuvent mettre à mal la sécurité des personnes et des biens », a expliqué Fatoumata Wané .

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresLe ministre de la Sécurité Simon Compaoré, lui, a manifesté la gratitude du gouvernement et des populations aux partenaires techniques et financiers du projet. Selon lui, ses services ont constaté qu’il y a beaucoup qui font de faux documents de voyage. « Par cette pratique, il y a des bandits, des terroristes, des gens qui sont recherchés mais qui échappent aux contrôles au niveau des frontières ».

Poste de police frontière de Kantchari : Les mailles de filtrage plus sûresLes nouvelles installations qui de l’avis du ministre permettront de gérer de façon scientifiques les mouvements de population au niveau des frontières, sont l’une des solutions aux problèmes migratoires, au grand banditisme et au terrorisme que connaissent le Burkina Faso et le Niger.

Le projet, « Renforcement de la sécurité des frontières du Burkina Faso, Phase II », a officiellement terminé ses activités le 26 décembre 2017 et la cérémonie de Bantouani à Kantchari marquait son acte ultime, pour la remise des réalisations aux bénéficiaires. Ce sont 525 mille dollars US qui ont été mobilisés par le gouvernement du Japon qui depuis 2015, accompagne les projets de l’OIM-Burkina dans les projets qui couvrent la gestion des frontières en lien avec les questions de migrations.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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