Pharmacovigilance : Le Burkina devient le deuxième pays africain à implémenter la Web-RADR

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Le Burkina Faso est le deuxième pays pilote en Afrique, après la Zambie, à implémenter l’application dénommée Web-RADR pour la pharmacovigilance. L’utilité première de ce logiciel de santé de renommée internationale est d’identifier et de répertorier tous les effets secondaires suspects ou indésirables liés aux produits et médicaments administrés aux patients. Une cérémonie de lancement officiel de ladite application a eu lieu ce jeudi 15 juin 2017 à Ouagadougou en présence des responsables du ministère de la santé et des représentants de partenaires techniques et financiers.

Le Burkina Faso, avec ses 3.500 médicaments enregistrés et ses 571 notifications signalées, est le premier pays francophone en Afrique sélectionné pour implémenter l’application Web-RADR. Il s’agit d’un outil en cours d’utilisation, notamment en Croatie et en Inde. Il est gratuit, simple d’utilisation, selon les techniciens, et pour l’heure utilisable sur smartphones ou tablettes sous Android et dans les zones avec ou sans connexion Internet. La finalité de l’application n’est pas loin des objectifs de l’Open Data (Ouverture des données).

« Elle (l’application) permet de signaler instantanément les effets indésirables liés aux produits de santé aux autorités sanitaires, de garder une trace des informations signalées précédemment et de recevoir des nouvelles et alertes officielles liées aux produits de santé que vous prenez ou qui vous intéressent. Cette application est la bienvenue dans notre système de santé », s’est réjoui le ministre de la santé, Pr Nicolas Méda.

Le problème de sous-notification et le long délai de transmission des fiches de notifications aux autorités sanitaires ont longtemps été décriés par les acteurs du système national de santé. C’est ainsi que lors de la rencontre des centres nationaux de pharmacovigilance en novembre 2016, le pays n’a pas hésité à se lancer dans l’expérimentation de cette nouvelle donne.

Suspension de la commercialisation du produit, restriction de son utilisation, modification de sa posologie…

L’application d’alerte et de notification a été lancée au Burkina Faso.

 

La réglementation actuelle au Burkina n’autorise pas les non-agents de santé à notifier les effets indésirables directement aux autorités sanitaires. C’est le travail du médecin ou de l’agent de santé. Mais Dr Arsène Ouédraogo, pharmacien à l’OMS, a expliqué que des réflexions sont en cours pour une utilisation de l’application par des groupes de patients ayant des pathologies particulières (les dialysés, diabétiques, hypertendus) afin de vérifier et de collecter les effets indésirables qu’ils ressentent en utilisant leurs produits.

Le ministre en charge de la santé s’est dit engagé à ce que tout agent, d’où qu’il se trouve, puisse utiliser l’App pour la surveillance des produits de santé. « Je m’engage également à apporter tout soutien nécessaire pour une meilleure utilisation de cette application et à suivre son impact sur le bon usage des produits de santé au Burkina Faso », a ajouté le ministre tout en remerciant l’OMS et ses partenaires.

Il faut noter pour rappel que le « Pays des Hommes intègres » est membre à part entière depuis 2010 du Programme mondial de surveillance des médicaments. Et la pharmacovigilance est un système de collecte de données sur les effets indésirables liés aux médicaments auprès des agents de santé et des patients.

Les résultats sont analysés et les risques évalués pour les patients qui les prennent et des mesures règlementaires qui s’imposent peuvent être prises : suspension de la commercialisation du produit, restriction de son utilisation, modification de sa posologie, etc.

Noufou KINDO

Burkina 24

 

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