Pays du G5 Sahel : Les élections de 2020 au cœur d’une rencontre des présidents des juridictions constitutionnelles à Ouagadougou

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Pays du G5 Sahel : Les élections de 2020 au cœur d’une rencontre des présidents des juridictions constitutionnelles à Ouagadougou

L’année prochaine sera charnière pour les pays membres du G5 Sahel. En effet, sur les cinq, quatre organiseront des élections dans un contexte marqué par des attaques terroristes. Pour garantir des scrutins électoraux apaisés, les responsables des juridictions constitutionnelles des cinq pays sont en conclave du 21 au 23 octobre 2019 à Ouagadougou. Objectif, partager leurs expériences afin de trouver des solutions aux problèmes des Etats.

Quel rôle peuvent et doivent jouer les juridictions constitutionnelles pour des élections apaisées dans un contexte marqué par des attaques terroristes qui entraînent des déplacements de populations ? Pour répondre à cette question cruciale pour la cohésion sociale dans les pays membres du G5 Sahel, les responsables des Cours et conseils constitutionnels de ces Etats sont en atelier à Ouagadougou.

Organisé par le Département des affaires politiques de la Commission de l’Union africaine (DA/CUA) et l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA International), l’atelier sur les enjeux électoraux émergents dans la sous-région vise essentiellement à faciliter la discussion entre ces patrons de juridictions constitutionnelles. « La rencontre se veut un espace d’échanges, de partage d’expériences concrètes », a indiqué Dr Maurice Enguéléguélé, chargé principal de programme à IDEA International.


Une première pour le Burkina

Parmi les quatre pays du G5 Sahel qui vont procéder au renouvellement de leurs institutions par des élections, le Burkina figure en bonne place. Malheureusement, tous ces pays vivent la triste réalité des attaques terroristes qui entraînent un déplacement massif des populations vers les grandes villes. Si le Mali, le Niger et le Tchad ont déjà fait l’expérience de vote dans ce contexte, le Burkina fera son baptême de feu et cela suscite des inquiétudes pour les dirigeants.

« L’intérêt de la rencontre pour nous est vraiment important. Parce que nous allons avoir des élections en 2020 dans un contexte particulièrement difficile. Presque tous les pays du G5 Sahel vont connaître ces élections et nous allons discuter des conditions de tenue de ces élections », a indiqué Kassoum Kambou, président du Conseil constitutionnel du Burkina Faso.


Il a en outre fait remarquer que « pour le Burkina, c’est la première fois d’organiser des élections dans un contexte aussi difficile. Avec l’appui de l’IDEA International et du Département des affaires politiques de la Commission de l’Union africaine, on a organisé cet atelier pour un partage d’expériences afin de pouvoir aborder ces élections dans les meilleures conditions ».

« Les juridictions constitutionnelles peuvent accompagner les acteurs politiques »

Selon le représentant de la patronne du Département des affaires politiques de l’Union africaine, il est de notoriété publique que les principales crises politiques sur le continent sont engendrées par des élections mal menées. Mais quel rôle peuvent jouer les juridictions constitutionnelles pour éviter des situations chaotiques aux Etats ? A cette interrogation, Pr Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin et expert à cet atelier, a sa petite idée : « Lorsque des citoyens sont exclus du processus électoral, il y a toujours des tensions, des difficultés ; alors que c’est cela qu’il faut éviter à nos pays. Parce que c’est la paix qui permet de réunir les conditions du développement et de renforcer la cohésion sociale ».


A propos de la nouvelle donne qu’est le terrorisme, l’expert est catégorique. « Le terrorisme ne relève pas de la compétence des juridictions constitutionnelles qui sont là pour veiller au respect de la Constitution et des exigences de la vie commune. Pour cela, il appartient aux acteurs politiques de trouver les moyens de dialogue pour relever et donner satisfaction à certaines préoccupations qui sont peut-être légitimes. Lorsqu’il n’y a pas de dialogue, il n’y a pas de solution réelle. Certains pays ont connu des tensions, la violence ; la paix est revenue et les cours constitutionnelles ont accompagné ce mouvement », a-t-il ajouté.

A l’issue de tous ces échanges, Kassoum Kambou attend une chose : « Que les juridictions constitutionnelles sachent comment prendre en compte ces nouvelles donnes du contexte de nos Etats pour mieux assurer un bon déroulement des élections ».

Jacques Théodore Balima

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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