Paul Kaba Thiéba : « Le PNDES est en marche, malgré un front social particulièrement agité »

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Paul Kaba Thiéba : « Le PNDES est en marche, malgré un front social particulièrement agité »

Tout en disant comprendre l’impatience de certains Burkinabè, le chef du gouvernement les invite à faire confiance au gouvernement. Car, le PNDES est en marche.
« Le PNDES est notre voie pour changer structurellement et durablement notre économie et assurer à chaque Burkinabè un développement solidaire et inclusif. Et le PNDES est en marche malgré un front social particulièrement agité », a assuré d’entré le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba. Faut-il le préciser, depuis janvier 2016, le front social est en ébullition. Grèves, sit-in et autres revendications sociales se sont succédé. Communication, économie et finances, commerce, infrastructures, éducation nationale, enseignement supérieur, santé, l’économie numérique… quasiment tous les ministères ont été touchés par les revendications sociales.

Et, le gouvernement a dû délier le cordon de la bourse pour répondre aux préoccupations des travailleurs. « Le coût financier de ces revendications est considérable et il doit être apprécié à sa juste valeur par les différents partenaires sociaux », a confié le chef du gouvernement. Sans une précision sur le montant mobilisé pour résoudre ces crises. Mais, « l’effort financier imprévu consenti par l’Etat au titre des gestions budgétaires 2016 et 2017 est considérable et il impacte négativement le ratio masse salariale sur recettes fiscales qui s’approche dangereusement du seuil de 50%, ce qui limite les possibilités d’investissement sur ressources propres », a-t-il précisé.

Dialogue social : Le gouvernement privilégie le dialogue social, mais…

Malgré les coûts énormes pour satisfaire ces revendications, le gouvernement préfère privilégier le dialogue social conformément à la vision du Président Roch Marc Christian Kaboré. Cette option n’est pas un aveu de faiblesse mais un choix réfléchi et assumé. Mais, si les valeurs qui régissent le droit de grève devaient « être défendus par l’usage de la force, le gouvernement assumera ses responsabilités », a martelé Paul Kaba Thiéba.

Mais, la recrudescence des revendications sociales risque de porter des dommages irréparables à l’économie nationale et remettre en cause les espoirs suscités par le PNDES et la croissance retrouvée. C’est pourquoi, malgré le coût économique très lourd de ces revendications sociales, le gouvernement continue d’œuvrer à la mise en œuvre du PNDES. Mieux, l’économie burkinabè a renoué avec la croissance en 2016, avec un taux de 5.9% contre 4.0% en 2015. Cette performance a été réalisée à la faveur d’un taux d’exécution financière de plus de 61.1% et d’exécution physique de 54.5% des objectifs PNDES.

Un taux de croissance de 7,8% attendu en 2017

Pour l’année 2017, l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre du PNDES est plus que d’actualité. Plusieurs réalisations entrant dans le cadre du PNDES seront effective cette année. Ces réalisations concernent les domaines de l’énergie, de la santé, de l’éducation et d’approvisionnement en eau potable… Et, c’est un taux de croissance de 7,8% qui est attendu pour cette année.

En matière d’emplois, le chef du gouvernement a annoncé le lancement du programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes. La création de cet instrument de financement des initiatives des jeunes et des femmes s’inscrit en droite ligne du programme présidentiel et est le signe de la volonté du chef de l’Etat d’apporter une réponse forte au chômage des jeunes. « En attendant la mise en œuvre de l’unité de gestion dans les prochains jours, j’informe tous les jeunes et les femmes que les ressources sont disponibles à des conditions d’accès voulues très souples et que les guichets de réception des dossiers ouvriront bientôt », a précisé Paul Kaba Thiéba.

Un nouveau programme doté de 16,5 milliards de francs

Ce Programme sera doté d’une enveloppe financière de 16,5 milliards de francs CFA répartis sur trois ans dans l’optique de contribuer à la réduction du chômage et du sous-emplois des jeunes et des femmes au Burkina. Il est attendu de ce programme la création et la consolidation de 90 000 emplois directs et la création de plus de 100 000 emplois indirects. Et les ressources seront réparties entre les guichets des fonds déjà existants au niveau du ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelle et celui en charge de la promotion de la femme.
Les dépôts de demandes de financement pourront s’effectuer dès le lundi 26 juin 2017 dans les guichets du FASI, du FAIJ, du FAPE et du FAARF.

Le premier ministre a également abordé des questions d’actualité, notamment sur la sécurité, les factures impayées à la presse, les infrastructures routières, les promesses de réalisations d’usines de transformation, le 11 décembre à Gaoua…
En tous les cas, le chef du gouvernement a invité l’ensemble des Burkinabè à l’union autour du pour l’avènement d’un Burkina prospère. Car, soutient-il, « la mise ne œuvre réussie du PNDES n’est pas une affaire du gouvernement, mais une affaire patriotique ».

Moussa Diallo
Lefaso.net

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