Pandémie du covid-19 : Le Burkina répondra t-il à l’appel de l’ONU de libérer des prisonniers

28
Pandémie du covid-19 : Le Burkina répondra t-il à l’appel de l’ONU de libérer des prisonniers

Au moment où la pandémie du covid-19 est en train de gagner du terrain dans le monde, l’Organisation des nations-unies (ONU), appelle à la libération urgente de détenus.

Ce mercredi, 25 mars 2020, le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Michèle Bachelet, a exhorté les gouvernements et autorités des différents pays à travailler à réduire le nombre de personnes en détention dans les prisons. Cet appel qui entend éviter des « ravages » de la pandémie du coronavirus dans un environnement généralement surpeuplé, vise principalement les détenus les plus âgés, les malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible.

Dans certains pays, comme l’Iran, l’on n’a pas attendu l’interpellation de l’ONU. Ainsi, depuis le 17 mars, les autorités iraniennes ont annoncé la libération provisoire de 85 000 prisonniers purgeant une peine de moins de cinq ans. Une mesure qui ne s’applique pas aux personnes ayant été emprisonnées pour des manifestations anti-gouvernementales. Par ailleurs, avec l’évolution de la pandémie dans le pays, 7 000 prisonniers iraniens avaient pu sortir des prisons iraniennes en début mars. A la date du 17 mars, le pays enregistrait plus de 16 000 personnes contaminées par le covid-19 et 988 morts.

En Ethiopie, alors que le pays ne compte que douze cas de coronavirus, le gouvernement a décidé de prendre des mesures fermes pour éviter toute propagation de l’épidémie. Ce jeudi, 26 mars 2020, le Procurer général, Anadech Achebe, a annoncé la libération de 4 000 prisonniers. Il s’agit notamment des personnes condamnées pour des délits mineurs, des détenus devant être libérés dans les douze prochains mois et des femmes ayant un bébé. Faut-il s’attendre à une mesure similaire dans un pays comme le Burkina où l’on compte 152 personnes infectées à la date du 26 mars 2020 ?

En vue d’éviter une propagation de la maladie, le département en charge de la justice, a plutôt décidé de suspendre les visites dans les centres de détention à compter du 19 mars. Dans un communiqué du ministère de la justice datant du 19 mars, le ministre, René Bagoro, informe toutefois que : « les colis et repas venant de l’extérieur pour les détenus ainsi que les visites des avocats à leurs clients sont autorisées sous réserve du respect du dispositif de prévention contre le COVID-19 mis en place dans les établissements pénitentiaires ».

Mieux, soutenant que l’administration pénitentiaire a mis en place un dispositif de prévention primaire à l’effet de protéger le milieu carcéral, le ministre Bagoro indique que les différentes mesures de prévention pourraient évoluer en fonction de l’évolution de la situation. Ces mesures de prévention et de contrôle sont-elles efficaces ? Faut-il attendre que les choses s’empirent avant de prendre des mesures drastiques ? En attendant de prendre connaissance de ces mesures, on espère que le coronavirus n’arrivera pas à franchir les portes des prisons burkinabè.

Nicole Ouédraogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici