Ouaga : Un spécialiste en faux proposait des actes de décès à 6.000 F CFA

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Le 4 avril 2017, une enquête de la gendarmerie suite à une plainte déposée par l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo  pour présomption de fraude au baccalauréat conduit à une étudiante concernée par la pratique. Le lendemain, les enquêteurs parviennent à mettre la main sur le sieur P.Z. La perquisition à son domicile permet alors de découvrir d’importants lots de documents liés à l’enquête en cours.

Le sieur P.Z. est un imprimeur domicilié à Ouagadougou. Selon les enquêtes menées par la gendarmerie, ce dernier serait le cerveau, « le chef d’orchestre » de cette pratique frauduleuse. Avec la plainte déposée par l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, à l’entame des investigations, les pandores se sont aperçus de certaines incohérences dans l’orientation des nouveaux bacheliers.

Il ressort que certains d’entre eux qui n’avaient pas la moyenne requise pour s’inscrire dans les filières dites scientifiques prennent contact avec le sieur P.Z. pour la falsification des documents. « Plusieurs parents l’ont contacté afin qu’il les aide à faciliter les inscriptions dans la filière voulue », informe le Major Abdoulaye Sawadogo, le directeur d’enquête, le lundi 10 avril 2017.

130 cachets de toutes les administrations confondues…

La méthode de P.Z. consiste à rassurer les futurs étudiants et leurs parents qu’il « dispose de contacts à l’université ». Ensuite, il contrefait les relevés de notes et le certificat provisoire en y mentionnant une forte moyenne pour les rendre compétitifs. P.Z. se charge de déposer les dossiers par la suite tout en intimant ses « clients » de s’abstenir d’en faire de même. Pour ce travail, il recevait une somme allant de 75 000 à 50 000 F CFA.

Outre la fraude au baccalauréat, P.Z. excellait également dans la contrefaçon de divers documents administratifs : casier judiciaire, certificat de nationalité, permis urbain d’habiter, livret de famille, acte de naissance, acte de décès, acte de mariage, diplômes d’enseignements général et technique, certificats provisoire du BAC, certificats de visite technique, cartes grises de véhicules, permis de conduire, certificats de célibat, timbres communaux, quittances, etc.

Il a aussi été retrouvé en la possession de P.Z., 130 cachets de toutes les administrations confondues qu’il a lui-même confectionnés pour les légalisations. P.Z. disposait également, par le système de scannage, des signatures d’autorités concernées, comme celles des maires de communes de Ouagadougou, de Koudougou, de Kongoussi et de Pabré, les plus utilisées.  

P.Z. « est allé faire des études à l’extérieur. Il connait bien son travail »

Selon le directeur d’enquête, le Major Abdoulaye Sawadogo, les timbres communaux saisis entre les mains de P.Z. est de 12 millions de F CFA pour les timbres de 10 000F et 60 000 F CFA pour les timbres de 5 000F. Pour la rémunération de ses services, P.Z. réclamait la somme de 10 000 F CFA pour l’établissement d’un faux casier judiciaire ou d’un certificat de nationalité. Pour les faux actes de naissance, de décès, de mariage ou de résidence, c’est 6 000 F CFA la prestation.

A en croire le directeur d’enquête, P.Z. « est allé faire des études à l’extérieur. Il connait bien son travail », dit-il. Le présumés faussaire aurait commencé ses « activité » depuis « 2008-2009 ». Dans le cadre de l’enquête, des parents d’élèves ont été interpellés, mais P.Z. agissait seul. Quant aux « faux papiers », le Major Sawadogo appelle à la vigilance des uns et des autres.

Le Pr Mahamadou Sawadogo, représentant de l’Université Joseph Ki-Zerbo, explique que dans ces cas de figure, « d’habitude », les fraudeurs décelés sont désinscrits et rétrogradés en fonction de leur compétence. Mais pour ce cas-ci, il dit attendre la suite de l’enquête.  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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