Nouveau CHU à Bobo-Dioulasso : La charrue a devancé les bœufs

198

Le projet de construction d’un nouveau Centre hospitalier universitaire (CHU) à Bobo-Dioulasso divise. Pendant que certains demandent son érection à proximité de l’Institut supérieur des sciences de la santé, d’autres campent sur le village de Borodougou, où un site y aurait retenu l’attention de l’ancien ministre de la Santé, Smaïla Ouédraogo. Depuis lors, hommes politiques, organisations de la société civile et populations affichent des positions tranchées. Enquête !
Borodougou, secteur n°33 de Bobo-Dioulasso, est situé à l’est de la ville. Ce village qui relève de l’arrondissement n°4, n’est pas loti. C’est dans cette localité que l’ancien ministre de la Santé, Smaïla Ouédraogo, a porté son attention, le 12 août 2016, sur un site de 79 hectares, situé à la lisière du secteur n°24, pour y construire le deuxième Centre hospitalier universitaire (CHU) à vocation régionale dont le coût s’élève à près de 72 milliards de F CFA (71 879 837 400 FCFA). Sur ce site, des habitats spontanés, communément appelé « non lotis » ont poussé, de même que des lieux de cultes (églises et mosquées) et des établissements privés d’enseignement. Du coup, un problème se pose. Qui sont ceux qui ont construit sur le site ? Pourquoi ont-ils décidé d’y habiter, pendant que les autorités communales disent avoir acquis la superficie auprès des chefs du village ? L’Etat peut-il construire le CHU sur ce site ? Pourquoi des voix appellent-elles à la délocalisation du site ? Ce sont autant de questions que plus d’un se pose. Borodougou est dirigé par le chef Bakary Sanon. Il est signataire d’un procès- verbal en 2014, qui autorise la construction du CHU dans le village. Lequel document a été rédigé à l’issue d’une rencontre tenue entre l’ex-maire Salia Sanou, le chef coutumier Korossin Sanou (le plus âgé des chefs en son temps) et les chefs de cinq quartiers de Borodougou, dit-il. Selon lui, le maire Salia Sanou est venu leur expliquer le projet et demander un espace pour sa réalisation. « Quand le chef Korossin a donné l’ordre de signer, j’ai exécuté. Tout le monde était d’accord », assure-il. Sauf que la réalité est toute autre en 2017 : il y a des contestations sur le site choisi. « Pourquoi ? Maintenant que le vieux Korossin ne vit plus, des gens viennent dire qu’ils ne sont pas d’accord. Il fallait dire non quand il vivait ! », fulmine le chef,  devant ses conseillers. Il ajoute que des sacrifices ont été faits : « Salia Sanou a donné de l’argent, on a tué des gallinacées, des bœufs et même des chiens pour le village. L’hôpital Souro Sanou, ce sont des gens qui ont donné leur terroir». Donc pour lui, il n’est pas question de renier les engagements pris. 
Un site vendu par des propriétaires terriens
Mais cette version est contredite par des occupants du site. De l’avis de Mamadou Drabo, président de l’association « Héré Bugu », il n’y a pas eu d’entente dans le village à propos du choix du site. « Ce sont des champs d’autres personnes que le vieux Korossin Sanou  a donnés pour construire le CHU », a rétorqué Mamadou Drabo, rencontré le 22 mai 2017.  « L’argent remis pour le sacrifice n’a pas été accepté », poursuit-il. A propos de la mésentente, un des conseillers, Do Sanou, fait remarquer : « Entre temps, on a senti qu’il y avait une mésentente entre nous, mais on ne savait pas d’où cela provenait. Le chef a apposé sa signature malgré lui, parce que le chef de terre fut le premier à signer. Il ne pouvait pas refuser ». Autre fait à prendre en compte sur ce site, suivant Mamadou Drabo, c’est que des particuliers qui ont acheté des terres avec des propriétaires terriens ont parcellé leurs superficies pour les revendre à d’autres personnes. Ces dernières y ont construit des maisons d’habitation. Le chef de Borodougou, Bakary Sanon, dit être au courant de certaines ventes de terre. Il reconnaît lui-même avoir signé des attestations de vente de terre. « Avant ce projet, les villageois ont vendu les terres. D’autres ont vendu 3 hectares, 2 hectares, ½ hectare…Je suis au courant pour certains. L’acheteur s’il est malin, vient voir le chef pour avoir une garantie. Je fais une attestation de vente. Les acheteurs ont parcellé leurs superficies, 10m2 et revendent à 250 000 F CFA et 300 000 F CFA », a expliqué le chef. « Les villageois ont perdu. Ils ont vendu l’hectare à 200 000 F CFA, 250 000 et même 150 000 F CFA. Ceux qui ont gagné maintenant ont eu un million », ronronne le chef, qui reconnaît avoir bénéficié de paiement pour ses services. « Ils me paient le prix de carburant, quand on part au service domanial pour les papiers», avoue-t-il. Pour le chef, la somme perçue est un droit. Et de soutenir : « tous ceux qui ont acquis des terrains sur le site du CHU ont tous récolté des bénéfices. Ceux qui ont racheté et construit, je ne suis pas au courant. Dans tous les cas, il est prévu de dédommager tout le monde». A propos de la vente de terre sur le site, le maire de l’arrondissement n°4, Bakoné Millogo dit n’avoir pas ces informations. « Je ne savais pas que des gens achetaient des terres, les morcelaient pour les revendre à d’autres personnes ! Ceux qui ont acheté pouvaient ignorer qu’il y a un projet sur le site, mais ceux qui vendaient en étaient bien informés, parce qu’ils ont accepté de prendre de l’argent pour faire les sacrifices », déclare-t-il, mercredi 24 mai 2017. Tout de même, M. Millogo dit avoir connaissance de détenteurs de titres fonciers récents sur le site. Il a sa lecture de la situation. « Des propriétaires terriens et des habitants du village pensaient qu’ils pouvaient vendre leurs terres et s’attendre à quelque chose d’autre. Ce sont des gens qui voulaient gagner deux fois », a fait comprendre Bakoné Millogo qui atteste que Bourodougou a été choisi par l’ex- ministre de la Santé : « Dans tous les cas, c’est le choix du ministre. C’est une zone non lotie. Au Burkina Faso, la priorité est à l’investissement pour le projet ». 
Aucune étude de faisabilité réalisée
Selon le Pr Robert Tinga Guiguemdé rencontré le 30 mai 2017 à Bobo-Dioulasso, le projet de construction du CHU est né avec la création d’une faculté de médecine en 2005 (NDLR : lire interview). En 2014, à la première rencontre du comité de pilotage, le problème du site va être posé. Selon le représentant de la commune dans le comité de pilotage du CHU, Ardiouma Sanou, le site de Borodougou a été choisi, parce que celui de l’INSSA présente des risques de pollution du site de captage de l’eau de l’Office national de l’eau (ONEA). « J’ai vu les résultats d’une étude réalisée par la direction régionale de l’hydraulique et l’ONEA qui fait ressortir la vulnérabilité du site de l’INSSA. Nous avons vu qu’il y a certains types d’infrastructures qu’on ne peut pas réaliser là-bas, en allant  vers le Kou », dit-il, le 29 mai 2017 dans son bureau. En effet, le document évoqué par M. Sanou, un arrêté signé par un ancien gouverneur en 2010, Pascal Temaï Benon, délimite « des périmètres de protection des captages d’eau destinée à la consommation humaine dans la forêt classée du Kou ». Trois périmètres ont été créés : le périmètre de protection immédiat 3,5 km2, le périmètre de protection rapproché 14 Km2 et le périmètre de protection éloigné sur une superficie non précisée. Mais, il est dit ceci en ce qui concerne le troisième périmètre : « Le périmètre de protection éloignée est une zone large qui a pour but la sauvegarde de l’ensemble de l’aire d’alimentation dans laquelle les activités existantes et futures peuvent être la cause de pollution diffuse et chronique». C’est en tenant compte de cette étude que l’ancien ministre de la Santé rencontré le 15 juin 2017 à Bobo-Dioulasso,  dit avoir porté son choix sur Borodougou. M. Ouédraogo ajoute : « Ce site a été choisi par le ministre Léné Sebgo. Un autre ministre est venu choisir Nasso. Je vois une polémique. Mon problème est que l’hôpital puisse être construit le plus rapidement possible. J’ai reconfirmé la première décision qui avait été prise».  Cependant, dans le cadre de ce projet, une étude a été suggérée pour trois sites : Nasso, Borodougou et Banakéladaga. Le troisième a été vite délaissé par le comité de pilotage au regard de sa distance avec la ville, selon Ardiouma Sanou, par ailleurs directeur de la promotion de la santé et de l’hygiène de la commune. Une étude avait été d’ailleurs prévue par le ministère de la santé  sous la délégation spéciale : « Le ministère de la Santé nous a écrit en tant que PDS, pour demander l’autorisation pour mener une étude sur les trois sites. Nous avions écrit au ministre de la Santé pour donner notre accord pour ces études sur le terrain » le 26 mai 2017,  dit Jérémie Kouka Ouédraogo, actuel haut-commissaire. Jusqu’au choix du site par l’ancien ministre Smaïla Ouédraogo, aucune étude n’a été menée, ni sur celui de l’INSSA, ni sur Borodougou, malgré une enveloppe de 700 millions de F CFA prévue à cet effet. « Nous n’avons pas voulu mener des études sur un site dont nous connaissons déjà les risques. Il fallait faire des études sur le site de Borodougou et réaliser le CHU là-bas », justifie Ardiouma Sanou. Il poursuit que le comité de pilotage a proposé le déplacement de l’INSSA sur le site de Borodougou et même l’ENSP. « A l’époque, on avait fait comprendre que ce n’est pas mauvais de déplacer l’INSSA et que les locaux pouvaient servir à d’autres facultés », fait-il savoir. Somme toute, cette enquête révèle que dans le cadre du projet, il y a eu de la précipitation. Un CHU d’une telle envergure nécessite au moins une étude d’impact environnemental et socioéconomique. Ce qui n’a été fait, ni par les responsables de l’INSSA, ni par le comité de pilotage. L’existence d’un arrêté sur les périmètres de la forêt classée de Kou n’empêchant pas de facto une autre étude, sur ce site et même sur le site de Borodougou. Il y a également une méfiance des résidents vis-à-vis des autorités municipales, ceux-ci craignant de se voir exproprier sans dédommagement juste. Mais, si les propriétaires terriens,  eux également,  n’avaient pas fait de leurs terres un fonds de commerce, on ne serait pas à ce stade de contestation. Tout est donc à recommencer. Peut-être que le nouveau ministre de la Santé, le Pr Nicolas Méda saura trouver la bonne voie.
OUEDRAOGO Rabalyan Paul 

Un précédent en 2013
Mamadou Drabo et ses fidèles ont fait comprendre qu’ils n’ont pas confiance aux autorités municipales. Selon M. Drabo, la superficie dégagée pour la construction du CHU fait 300 hectares au lieu de 79, comme annoncé. Il a également fait remarquer qu’en 2013, l’arrondissement n°4 a tenté de faire un lotissement à Borodougou et à Kwa qui s’est mal passé. Et Mamadou Drabo d’ajouter : «  On a voulu tuer Ali Sanou (Ndlr : agent domanial). C’est moi qui l’ai sauvé  lors de la manifestation ». Ali Sanou, tout comme l’actuel maire Bakoné Millogo (Ndlr : conseiller municipal en ce temps) ont reconnu l’échec du lotissement. « Je suis au courant de ce problème mais ce n’était pas dans le cadre de l’hôpital », a dit Ali Sanou, qui souligne que c’est plutôt Dieu qui l’a sauvé. « J’étais sur le site. Il y a eu une bagarre, parce que les gens de Kwa n’étaient pas d’accord avec la manière », a expliqué Bakoné Millogo. C’est un an après que le maire Salia Sanou et les chefs coutumiers ont convenu du choix du site pour la construction du CHU. En ce temps, selon Ali Sanou, agent domanial à l’arrondissement n°4, il n’y avait pas d’habitations en 2014. Pour lui, c’est après l’insurrection que des habitats spontanés ont été construits. Suivant Bakoné Millogo, aucun projet de lotissement n’est à l’ordre du jour.
R.P.O.

Pr Guiguemdé dénonce un hold up
Dans cette interview, le Pr Robert Tinga Guiguemdé, ancien directeur de l’Institut supérieur des sciences de la santé (INSSA), revient sur la genèse du projet de second CHU de Bobo Dioulasso. 
Sidwaya (S.) : Comment avez-vous appris le projet de construction d’un nouveau centre hospitalier universitaire à Bobo-Dioulasso ?

Pr Robert Tinga Guiguemdé (R.T.G.): C’est nous qui avons initié le projet. Les choses sont parties depuis 2005, quand nous avons pensé qu’en plus de la faculté de médecine de l’Université de Ouagadougou, on pourrait construire une faculté de médecine à Bobo-Dioulasso. Le président de l’université a mis en place une commission de réflexion sur la faisabilité. Au mois de juin 2005, la commission a été mise en place. Aux termes de trois mois de travaux, elle a fourni son rapport. Ce rapport a conclu qu’il est possible d’ouvrir cette deuxième faculté de médecine, mais avec un cahier des charges, dont la construction d’un nouveau CHU. Les conclusions ont été remises en septembre au ministère de l’Enseignement supérieur qui a fait introduire le dossier en conseil des ministres. Il y a eu un décret permettant l’ouverture de cette faculté à Bobo-Dioulasso. Les cours ont débuté en janvier 2006, en attendant le nouveau CHU. Un CHU, c’est pour la formation pratique des étudiants en médecine mais également pour la prise en charge de la santé de la population. Pour cela, il faut rapprocher la structure de santé de la population. Il faut faire en sorte que la faculté de médecine ne soit pas trop loin de l’hôpital où il faut faire la formation pratique, comme c’est le cas des facultés de médecine contemporaines. C’est pour cela que la faculté n’a pas été implantée sur le site de Nasso mais dans la ville de Bobo-Dioulasso, à Belle-ville, un endroit assez proche du CHU Souro Sanou. On a déménagé en 2009 sur le site de l’INSSA, tout en continuant à plaider pour le CHU. Pour avoir une formation de qualité, nous avons limité le nombre d’étudiants à 30, compte tenu de la capacité d’accueil. Cela fait que tout le temps, on était harcelé pour prendre beaucoup d’étudiants. Or, pour nous, en matière de formation médicale, la qualité prime sur la quantité. Et nous continuions à dire de construire le CHU pour nous permettre de prendre cents à deux cents étudiants. La construction du CHU est le programme prioritaire du projet d’établissement 2012-2016 de l’INSSA, de même que le bitumage de la voie conduisant à l’INSSA et au site du CHU. En 2013, l’année de sortie de la première promotion, nous avons sollicité le chef de l’Etat pour présider la cérémonie de sortie. On lui a rappelé les conditions du cahier des charges. Avant de venir, il a pris la décision de construire un CHU. C’était donc prévu qu’en marge de la cérémonie, il y ait la pose de la première pierre. Mais cette pose n’a pas eu lieu. Le projet a été créé, un coordonnateur a été nommé et un comité de pilotage constitué pour la mise en œuvre de ce grand projet. Le coût approximatif se situe entre  50 et 100 milliards de F CFA. 
S. : Pourquoi le site que vous avez choisi est  contesté ?

R.T.G. : Il y a eu une réunion du comité de pilotage en 2014 et il a été question du site. Le directeur adjoint de l’INSSA qui a pris part à cette réunion, a fait savoir qu’il y a un site prévu depuis la création de l’INSSA. Le représentant de la mairie, lui, a indiqué que le site est prévu à Borodougou (secteur n° 33 de Bobo-Dioulasso). Les membres du comité sont allés visiter le site, mais le représentant de l’INSSA a refusé. Le problème de site a donc été posé. Pour un CHU, on ne peut pas faire le choix du site sans tenir compte de ceux qui sont appelés à travailler dans cet hôpital. Nous avons choisi le site parce que c’est nous qui avons demandé de créer la faculté et le CHU. C’est là que le représentant du maire a fait comprendre qu’il y a un problème de nappe phréatique et de risques sanitaires sur le site en question. Par la suite, le maire a écrit au ministre de la Santé, en envoyant deux rapports d’une étude hydrogéologique qui a été faite en 2009 sur la délimitation des périmètres de protection de la vallée du Kou et du site ONEA de captage d’eau de Bobo-Dioulasso. Pour lui, le rapport montrait les preuves que le site proposé par l’INSSA était dangereux. Le ministère nous a envoyé ces documents pour que nous soyons convaincus. Mais au contraire, ces documents seront une chance pour nous. Dans ces rapports, le centre de gravité des périmètres de protection est le point de captage d’eau de l’ONEA. A partir de là, il y a une première circonférence où il est dangereux de mener des activités parce que cela va polluer le site. On peut l’appeler zone rouge. Il y a une deuxième circonférence où il faut étudier le type d’activité avant de se lancer. Il s’agit de la zone orange. Tout ce qui est en dehors de cette zone orange pourrait s’appeler zone verte, car il n’y a pas de problème. Nous avons fait appel à un expert en géographie de la santé qui est venu prendre les coordonnées GPS du site proposé par l’INSSA pour le CHU, et les coordonnées GPS des périmètres de protection précisées dans les rapports d’étude. Il ressort que le site que nous avons choisi est dans la zone verte, mieux, à plus de quatre kilomètres de la zone orange. Il n’y a donc pas un risque par rapport au site de captage. Nous avons fait borner le site du CHU par la mairie de l’arrondissement n°7. 
 S. : Votre position a-t-elle rencontré l’assentiment de ce comité de pilotage ?

R.T.G. : Il ne nous a pas été donné la possibilité de démontrer carte sur table que notre site ne présente aucun risque pour la nappe phréatique. Comme il n’y a pas de consensus, le ministre a demandé au bureau d’étude de prendre en compte l’analyse des avantages comparatifs des différents sites. Le site de Borodougou nécessite la mise en place d’un système de transport en commun pour la population, pour les étudiants pour les enseignants hospitalo-universitaires, pour les praticiens hospitaliers, pour le personnel administratif, technique, ouvrier et de soutien du CHU, etc. A titre d’illustration, le transport des étudiants de Bobo-Dioulasso à Nasso coûte un million de F CFA par jour. Il y a eu un appel d’offre pour le choix du bureau d’étude. Le montant prévu, c’est autour de 700 millions de F CFA. L’étude n’a pas eu lieu, compte tenu de ce qui se passe. En 2016, le budget devait être disponible.
 S. : Comment avez-vous alors apprécié le choix de Borodougou par le ministre Smaïla Ouédraogo, en l’absence de toute étude ?

R.T.G. : Je n’avais jamais eu cette information. Je n’ai pas vu de document qui montre que le ministre a choisi Borodougou, je ne peux pas faire de commentaire. Je n’ai aucune preuve. Si toutefois cela s’avérait, c’est qu’il a été induit en erreur. Compte tenu de la polémique qu’il y a autour, l’actuel ministre de la Santé a choisi la même voie que le ministre de la Transition, pour dire qu’il faut des données factuelles pour départager les gens. Le bureau d’étude va écouter tout le monde et tenir compte des avantages et inconvénients. Je pense que cette décision est sage. Il n’y a pas de parti pris du ministre. Il faut une comparaison des rapports coût/efficacité. 
 S. : Sentez-vous une récupération politique dans cette affaire ?

R.T.G. : On n’a pas besoin de le dire, vu ce que je viens d’expliquer. C’est même un hold up ! Suite aux doléances que nous avons présentées au président du Faso lors de la célébration du dixième anniversaire de l’INSSA en 2016, il a donné des instructions pour le bitumage de la voie conduisant à l’INSSA et au site du CHU. Nous ne serons pas étonnés que certains se donnent la paternité de ce projet. Ceux qui ont initié le projet, on les met à côté et c’est d’autres personnes qui s’en accaparent, comme si ce sont elles qui sont à l’origine. 
Interview réalisée par 
OUEDRAOGO Rabalyan Paul 

sidwaya.bf