« Nous n’allons pas diaboliser le CDP la journée et courir aller voir ses responsables la nuit » (dévoile Adama Sosso, secrétaire général de l’UPC)

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« Nous n’allons pas diaboliser le CDP la journée et courir aller voir ses responsables la nuit » (dévoile Adama Sosso, secrétaire général de l’UPC)

Ainsi, au sujet de la crise consécutive à la création d’un deuxième groupe parlementaire du parti, UPC/RD, à l’Assemblée nationale (http://lefaso.net/spip.php?article79708), le secrétaire général du parti, Adama Sosso, a tenu à rassurer l’opinion publique qu’elle relève du passé.

« Nous disons que cette crise est derrière nous. Dans toutes les provinces où nous avions eu des situations de ce genre, la question a été immédiatement prise en compte par les militants du parti à la base.
C’est-à-dire que les gens n’ont même pas attendu que le sommet leur dise qu’est-ce qu’il faut faire ; ce sont eux-mêmes qui ont décidé de dire : à l’UPC, si une personne s’en va, cinq autres viennent. Donc, nous savons très bien qu’à ce niveau, nous n’avons pas de souci.

A la faveur du renouvellement de nos structures, aujourd’hui, toutes les provinces qui connaissaient cette situation ont vu la mise en place des structures et les choses fonctionnent normalement, avec certainement de nouvelles personnes. Nous n’avons vraiment pas d’inquiétude, ce n’est donc pas un problème.
Surtout que l’UPC est un parti de conviction ; c’est cela qui fait notre force », a exposé M. Sosso, président du comité national d’organisation du parti pour qui d’ailleurs, le départ de quelques députés ne va rien changer dans la mobilisation des militants du parti.

Sur la ‘’volonté’’ des députés ‘’dissidents’’ de prendre part au congrès, mais à condition d’être rassurés de leur sécurité, Adama Sosso a lancé : ‘’ nous, nous pensons déjà que Simon Compaoré a valablement assuré la sécurité de ces camarades, donc il n’y a plus d’inquiétude ! Entre temps, on a vu à l’Assemblée nationale, chacun avait un garde du corps…
Pour nous, il n’y a pas de problème, ils sont en sécurité à tout moment. Ils sont même mieux sécurisés que nous qui sommes ici, présents. La sécurité n’est pas assurée par l’UPC, elle est assurée par des forces compétentes dans ce pays et nous allons faire appel à ces forces pour assurer la sécurité de tous les participants au congrès. Tous, sans exception.

Mais, nous n’allons pas particulariser… Celui qui pense qu’il est militant du parti…, je ne vois pas pourquoi un militant sincère d’un parti va demander une protection pour venir à une réunion de son parti. Ça soulève des questions. En tout cas, moi, je n’ai pas besoin de protection pour aller à cette rencontre ’’.

« Dans ce pays, les gens n’aiment pas la vérité »

Sur la présomption d’accointance entre l’UPC (parti ayant participé à l’insurrection populaire) et le CDP (ex-parti au pouvoir, renversé par ladite insurrection population), les animateurs de la conférence de presse ne sont pas non plus allés du dos de la cuillère.
‘’Nous sommes en accointance avec le peuple burkinabè tout entier. Au niveau du CDP, vous avez vu, à son congrès, les gens qui y étaient ; ce ne sont pas des gens venus d’ailleurs, ce sont des Burkinabè. (…). Nous ne faisons donc pas une fixation sur le nom d’un parti. Pour nous, ce qui nous intéresse le plus, c’est de pouvoir travailler à ramener cette cohésion au niveau de notre pays.

Certes, il y a eu l’insurrection populaire, même si certains pensent aujourd’hui que ce sont eux qui sont les maîtres de l’insurrection (pourtant, les ouvriers de la 25ème heure), tout le monde sait celui qui a porté le combat ; nous l’avons fait, pas dans un sens d’opposer les Burkinabè les uns aux autres, mais dans un sens de restaurer un Etat de droit dans ce pays. Et aujourd’hui, notre combat est le même », convainc en substance le secrétaire général de l’UPC, le député Adama Sosso.

L’UPC estime qu’on ne peut faire la réconciliation en diabolisant d’autres personnes, en faisant de l’exclusion, de la démarcation. ‘’Ce n’est pas possible. Si nous voulons nous réconcilier, nous devons être tous à même de pouvoir nous asseoir, travailler. Maintenant, c’est au peuple libre du Burkina Faso, de désigner qui doit présider aux destinées de notre pays’’, analyse-t-il.

« Maintenant, ceux qui jouent à la politique et disent très souvent que l’UPC est en accointance avec le CDP, ou ceci ou cela, doivent se dire, comme notre président l’a dit : nous, quand nous travaillons, c’est au grand jour ; nous n’allons pas diaboliser le CDP la journée et courir aller voir ses responsables la nuit.
Nous ne le ferons pas. Si nous devons travailler avec le CDP, au moment opportun, tout le peuple le saura, nous ne le ferons pas dans la cachette », ont poussé les responsables de l’UPC.

« Nous n’allons pas diaboliser le CDP la journée et courir aller voir ses responsables la nuit » (dévoile Adama Sosso, secrétaire général de l’UPC)
Adams Sosso, entouré du Poé Naaba (à gauche) et de Rabi Yaméogo.

Pour le porte-parole du parti, Rabi Yaméogo, l’UPC reste logique dans ses convictions. « Dans la majorité MPP au pouvoir, il y a des gens qu’ils ont combattus avec nous, qui sont avec eux, et personne ne trouve à redire. Même des maires, qu’on a emprisonnés, qui étaient du CDP, et qu’on a sortis de la prison, mettre dans des organes du MPP. Personne ne trouve à redire.
Il y a des gens qui ont dormi à l’hôtel indépendance, pour voter la modification de l’article 37, qu’on a appelés au gouvernement. On ne trouve rien à redire », a contrarié le porte-parole de l’UPC, précisant au passage que l’UPC est un parti souverain qui sait ce qu’il fait. Mieux, poursuit-il, l’UPC n’est mêlé ni de près ni de loin à la mal gouvernance de ce pays (référence faite au nombre d’années passées et aux responsabilités occupées avec le régime Compaoré).

Analysant la situation du pays, Rabi Yaméogo déplore : « Dans ce pays, les gens n’aiment pas la vérité ». Ici, le porte-parole de l’UPC soulève à titre d’exemple, la gestion du front social par les dirigeants actuels. « Il a fallut qu’il fasse du cas par cas, jusqu’à se fracasser la tête, pour revenir faire une conférence nationale.
C’est du pipeau, c’est un échec flagrant de la majorité », a déclaré M. Yameogo, qui dit constater ces dirigeants, après 25 ans passés au pouvoir, agissent toujours en novices. Ce qu’il qualifie de « catastrophe », car, ajoute-t-il, ils se sont battus pour conquérir le pouvoir, mais ne sont pas à la hauteur de l’assumer.

« L’UPC est une force, le seul parti politique à pouvoir répondre aux attentes, parce qu’étant le seul qui n’est pas mêlé à la gestion avant, pendant et après », a invité Rabi Yaméogo.

OLO
Lefaso.net

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