Mot de Monsieur le Ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques à l’occasion de la 20e édition de la Journée Nationale du Paysan (JNP)

124

De Léo 93 à Kaya 2017, vingt (20) éditions de la Journée Nationale du Paysan (JNP) se sont succédé. La 20e édition de la JNP se tient du 11 au 13 mai 2017 à Kaya, sous le thème : « Journée Nationale du Paysan : 20 ans d’existence, bilan et perspectives ».

Le temps est venu pour les acteurs du monde rural de mener une introspection de l’existence de notre grand-messe. Pour commencer cet exercice, marquons une halte sur les faiblesses de l’évènement : l’absence de structure pérenne (secrétariat permanent) chargée du suivi de ses actions, des engagements et recommandations, la faiblesse du budget au regard de son envergure, les insuffisances dans la formulation des engagements, l’absence de ressources spécifiques consacrées à la mise en œuvre des décisions prises.

Malgré ses insuffisances, la JNP s’est labélisée grâce à la régularité des éditions, soutenue par la volonté politique et l’adhésion des acteurs directs. En outre, la JNP peut être créditée d’une bonne dose d’inclusion : elle prend en compte l’ensemble des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques, implique les acteurs à travers les foras régionaux et s’efforce de respecter son caractère tournant dans les différentes régions.

En somme, l’impact positif de la JNP sur le secteur sylvo-agro-pastoral, halieutique et faunique n’a eu de cesse de se confirmer tout au long des 19 précédentes éditions. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer l’évaluation des engagements pris et des recommandations adressées aux acteurs. A titre illustratif, à la 19e édition tenue du 28 au 30 avril 2016 à Tenkodogo, les producteurs avaient recommandé au Gouvernement, entre autres : la création d’une banque agricole adaptée aux besoins des acteurs, la subvention des prix des intrants agricoles, l’appui à la création d’unités de transformation des produits agricoles, le renforcement des infrastructures de commercialisation des produits agricoles. Ils avaient également souhaité l’adoption du Code des investissements agricoles et l’implication des acteurs non étatiques dans l’élaboration et la mise en œuvre du Programme national du secteur rural (PNSR2).

A l’heure du bilan, soulignons : les actionnaires de la Banque agricole sont déjà connus et son opérationnalisation est imminente. Les intrants agricoles ont été subventionnés à hauteur de 13 milliards de francs CFA au profit des producteurs au cours de la campagne 2016-2017.

S’agissant du soutien à l’entreprenariat agricole, on peut relever la formation de 150 entrepreneurs agricoles aux techniques managériales et de 45 acteurs aux techniques de transformation des céréales, la réalisation de quatorze (14) infrastructures de stockage et de conservation et l’appui à l’organisation de 22 journées promotionnelles à travers le Burkina Faso.

Quant au Code des investissements agricoles, un projet de loi y relatif a déjà été soumis à l’appréciation du Conseil des ministres. Son affinement et sa réintroduction dans le circuit de la légistique nationale sont en cours.

Relativement à la prise en compte des acteurs non-étatiques dans l’élaboration du PNSR 2, il faut mentionner la tenue de la cérémonie de lancement de la régionalisation du PNSR, le mardi 04 avril 2017 à Ouahigouya. Les concertations se sont poursuivies dans toutes les régions du pays, du 19 au 21 avril 2017. Pendant cette phase de régionalisation, les acteurs non étatiques étaient fortement représentés par les Organisations professionnelles agricoles et les Chambres régionales d’agriculture, le Secteur privé rural les Organisations non gouvernementales, et les Associations de développement.

Instrument privilégié de dialogue entre le chef de l’Etat et les producteurs, la JNP s’est également exportée dans d’autres pays comme le Mali, le Niger et le Togo. Ce qui témoigne, une fois de plus, de la pertinence et du bien-fondé de cet événement.

Pour un rayonnement plus important du label et pour une efficacité plus grande dans l’organisation de la JNP, des innovations seront introduites. Il s’agira de transformer l’évènement en biennal, de créer un Secrétariat Permanent de la JNP pour l’organisation et la coordination du suivi et de l’évaluation des engagements et des recommandations, puis de déterminer à l’avance le thème de la JNP lors des éditions en cours.

J’invite tous les acteurs à apporter leur pierre au renforcement des acquis de la JNP.

Vive le secteur rural !
Vive la JNP !

Bayiri.com