« Mode Ethique » : le Faso Danfani et le Bogolan pour sauver 10 mille artisans de la précarité

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Ouagadougou – Les tissus Faso Danfani du Burkina Faso et Bogolan du Mali sont de plus en plus prisés par des grands magasins de luxe en Occident. A travers le projet  »Mode Ethique », le Centre du Commerce international ambitionne d’aider les petits artisans de ces deux pays, à répondre aux exigences de quantité et de haute qualité et à avoir des revenus plus substantiels.

 »Il y a un grand marché, une demande forte des produits de cette région (Afrique de l’Ouest, ndlr) au Japon, en Suisse, aux Etats-Unis, au sein de l’Union européenne, au Brésil, en Corée, en Turquie… Notre objectif, c’est d’articuler la chaine de production qui regroupe ici plein de petits artisans, de manière à ce qu’elle puisse être connectée aux marchés internationaux », a affirmé mardi soir Arancha Gonzalez.

La Directrice exécutive du Centre du Commerce international présentait à des journalistes, le projet ‘’Mode éthique’’ qui sera exécuté au Burkina Faso et au Mali.

 »Mode éthique est un projet financé par l’Union européenne à hauteur de 10 millions d’Euros (6,56 milliards de FCFA) pour quatre ans (2017-2021) et qui vise la création de 10 mille emplois directs et indirects dans la chaine de valeurs de la mode (coton, filature, tissage, confection, manufacture) », a expliqué Arancha Gonzalez.

Mme Gonzalez a précisé qu’une phase pilote du projet (2013-2016) a déjà permis de créer deux mille emplois au Burkina Faso.

 »Les types de marchés vers lesquels nous nous orientons, c’est le marché de la haute mode, de la haute qualité qui nécessite des quantités, de la qualité et des délais de livraisons qui sont très strictes mais dont les prix sont également très conséquents », a-t-elle déclaré.

Pour y arriver  »Mode Ethique » compte organiser d’une part, les artisans qui sont aujourd’hui dans l’informel afin de leur assurer des conditions de travail et des revenus meilleurs ; et d’autre part, former des profils qui n’existent pas encore.

Mais pourquoi le choix du Burkina Faso et du Mali ?

 »Le Burkina Faso et le Mali ont un savoir-faire, une expertise, un artisanat spécial (…). Vous avez ici au Burkina le Faso Danfani et personne d’autre n’a ça au monde. Et il y a plein de stylistes, plein de maisons de mode qui recherchent quelque chose de différent à valoriser. Et ils sont prêts à payer pour cela. (…). Le commerce international, c’est valoriser ce que vous avez, c’est exploiter vos avantages comparatifs », a indiqué Arancha Gonzalez.

 »Le Danfani que veut la mode ne se trouve qu’au Burkina. Le Bogolan, c’est le Mali. Mais il y a une complémentarité qui est historique, culturelle entre les deux pays (…). C’est là, la valeur ajoutée principale. Des hommes et des femmes motivées, fières de leur travail et de leur savoir-faire qui sont demandés par un marché international. Le projet mode éthique ne fait que faire un pont entre ces deux », a renchéri la représentante du projet au Burkina Faso, Haram Sidibé.

 »Mode éthique connecte les artisans marginalisés qui à eux seuls, ne peuvent pas être inclus dans le circuit compliqué du commerce international », a insisté Mme Sidibé.

Toutefois, le projet ne travaille pas avec des individus mais avec des regroupements (quelle que soit la taille), formellement constitués.

La visite d’Arancha Gonzalez au Burkina Faso est la première étape d’une tournée régionale qui la conduira également au Benin et au Mali.

Outre l’organisation et la formation des artisans, Mme Gonzalez a insisté sur la nécessité de synchroniser la chaine de valeurs coton, fil, filature et tissage pour avoir une meilleure plus-value pour les producteurs.

Elle a aussi évoqué le besoin de lever les obstacles tels que  »l’excès de bureaucratie » et les barrières tarifaires non douanières qui empêchent, d’après elle, la libre circulation des intrants à l’intérieure de la zone UEMOA mais qui rendent aussi difficile, l’exportation des produits faits au Burkina, lesquels devant être nécessairement certifiés made in Burkina.

Arancha Gonzalez a indiqué également avoir échangé avec le ministre burkinabè du Commerce Stéphane Sanou, de la possibilité de répliquer la philosophie de Mode Ethique dans d’autres secteurs à valeurs ajoutées, tels que le sésame, le karité, les cuirs et les peaux, l’anacarde, la mangue et le miel.

Agence d’Information du Burkina

ata/

Bayiri.com