Ministère de la santé : Regard sur le  « nomadisme » des médecins spécialistes

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Le premier Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) du ministère de la santé s’est tenu ce 13 avril 2018 à l’hôpital Blaise Compaoré sous la présidence du ministre de tutelle, le Pr. Nicolas Méda.

C’est sous le thème « le ministère de la santé, la transformation en marche » que se tient le premier CASEM de l’année 2018 du ministère de la santé. Selon le ministre de la santé, Nicolas Méda, l’année 2018 sera consacrée à la mise en œuvre effective du plan de transformation de son ministère, celle de la loi hospitalière et celle de l’assurance maladie universelle.

Selon lui, la réflexion sera désormais accentuée au niveau de la prévention. « Nous avons dit qu’il valait mieux empêcher les Burkinabè de tomber malades, que d’attendre dans les hôpitaux, que les Burkinabè tombent malades et que nous les soignons à grands frais », explique Nicolas Méda.

Nomadisme

Pour lui,  3 actions phares doivent retenir l’attention. La première est la nouvelle loi hospitalière  qui, si elle est opérationnalisée, comprendra principalement l’obligation de la qualité de soins, de continuité des soins et l’incitation à la redevabilité.

 «La première obligation, explique le ministre, c’est l’obligation de qualité de soins. L’obligation de qualité de soins va interdire le nomadisme des spécialistes entre le système privé et le système public où les spécialistes sont beaucoup plus permanents dans le secteur privé et vacataires dans le secteur public alors que ce sont des fonctionnaires de l’Etat burkinabè. Ce qui est interdit par la loi».

« Un hôpital ne ferme jamais »

En ce qui concerne l’obligation de continuité des soins, Nicolas Méda interpelle le personnel hospitalier. « Un hôpital ne ferme jamais », dit-il.   «Quelqu’un ne doit pas tomber malade et se voir refuser les soins ».

Pour lui, il est incompréhensible qu’en milieu rural « les après-midi, il n’y a personne dans les formations sanitaires ». Il informe qu’avec la nouvelle loi hospitalière, les services seront fournis de 7h à 18h et le reste du temps sera consacré à la permanence.

Quant à l’incitation à la redevabilité, le ministre promet de lutter contre les déserts médicaux au niveau des régions périphériques. Et cela en donnant une prime de 100 à 150 000 F CFA sur les salaires des agents dans les zones rurales.

« Vous avez 0 franc  en termes d’incitation si vous êtes à Ouagadougou ou Bobo-Dioulasso alors que si vous êtes dans les zones vraiment reculées du Burkina,  vous avez par exemple 100 à  150 000 F CFA de plus sur votre salaire », dit-il.

La deuxième action phare est la dotation des formations sanitaires en équipements. Le ministre assure que le maximum sera fait «  pour qu’à tous les niveaux des systèmes de soins, il y ait la fonctionnalité ». L’objectif visé est de rendre fonctionnelles les « formations sanitaires du niveau de base jusqu’au niveau tertiaire des hôpitaux universitaires ».  

La troisième action phare est au niveau de la santé de la reproduction. Le ministre envisage de développer des semaines nationales de planification familiale pour multiplier par 10 les nouveaux utilisateurs de planification familiale afin de permettre au Burkina d’accélérer sa transition démographique.

Priscille Jinette BANSE (Stagiaire)

Burkina 24          

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