Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, 2020

50
Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, 2020

Cette année, la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose sera célébrée le 24 mars, sur le thème « Il est temps ». Ce thème met l’accent sur la nécessité d’intensifier notre action, afin d’atteindre les cibles des objectifs de développement durable liées à l’éradication de la tuberculose d’ici à 2030.

Le nombre de nouveaux cas de tuberculose est en baisse dans la Région africaine de l’OMS, tout comme le nombre de décès liés à cette maladie. L’Afrique du Sud, le Botswana, Eswatini, le Lesotho, la Namibie et le Zimbabwe figurent parmi les pays du monde qui affichent les plus fortes baisses du taux de prévalence de la tuberculose. L’élargissement de la couverture du traitement antirétroviral a favorisé un net recul du nombre de cas de tuberculose liée au VIH/sida et une diminution du nombre de décès imputables à cette maladie. En 2018, quatre personnes sur cinq (80,2 %) avaient entamé un traitement contre la tuberculose multirésistante ou contre la tuberculose ultrarésistante.

En dépit des progrès accomplis, il semble fort peu probable que la Région africaine atteigne, à l’horizon 2030, les cibles des objectifs de développement durable liées à la tuberculose. En effet, le nombre de nouveaux cas de tuberculose enregistrés dans notre Région reste supérieur à celui de n’importe quelle autre Région de l’OMS. À l’échelle du continent, seul un patient tuberculeux sur deux (56 %) est placé sous traitement. Moins d’un tiers (29 %) des enfants vivant avec un cas confirmé de tuberculose active suivent un traitement préventif. Les budgets consacrés à la lutte contre la tuberculose sont chroniquement sous-financés et la majorité des pays ne disposent pas d’informations sur les familles qui supportent des coûts catastrophiques pour traiter des cas de tuberculose. Pourtant, ces informations sont essentielles pour évaluer les progrès accomplis par rapport aux cibles des objectifs de développement durable.

L’OMS œuvre de concert avec les partenaires pour former le personnel de santé à la prévention et à la prise en charge de la tuberculose. Cette collaboration permet d’atteindre les groupes à haut risque et de veiller à l’application des meilleures pratiques.

Nous menons des actions conjointes avec les programmes de lutte contre le VIH, et avec les programmes relatifs à la santé de la mère et de l’enfant et à la lutte contre les maladies non transmissibles, le but étant de renforcer les mesures de dépistage des personnes les plus exposées au risque de contracter la tuberculose, particulièrement les enfants, les personnes vivant avec le VIH et les diabétiques.

Nous collaborons aussi avec tous les pays pour faire adopter des politiques favorables à l’utilisation des technologies de diagnostic sensibles. Des investissements accrus en faveur des solutions innovantes s’avèrent nécessaires pour que ces technologies servent d’outils diagnostiques de première intention dans la prise en charge des cas suspects de tuberculose.

En vue d’assurer le suivi des progrès accomplis dans la Région, nous procédons chaque année à l’évaluation des programmes et avons conçu à cet effet un tableau de notation continental, en collaboration avec l’Union africaine. Nous menons aussi une action de sensibilisation en faveur de la collecte d’informations sur les ménages qui encourent des dépenses catastrophiques liées à la tuberculose.

Afin de mettre à profit les acquis que nous avons engrangés ensemble, nous devons prendre des mesures audacieuses pour atteindre les cibles fixées. Ainsi :

• Il est temps pour les pouvoirs publics d’accroître les investissements nationaux consacrés à la lutte contre la tuberculose, et de renforcer les cadres réglementaires qui permettent de faciliter l’importation, le suivi et l’utilisation des produits de qualité.

• Il est temps pour le personnel de santé d’appliquer les normes minimales de soins, conformément aux recommandations de l’OMS relatives aux méthodes de diagnostic, aux schémas thérapeutiques et aux traitements préventifs administrés aux groupes à haut risque.

• Il est temps pour les États de mener une action de plus grande envergure contre la tuberculose, en associant d’autres parties prenantes au secteur de la santé. Nous devons collaborer avec les autres départements ministériels, ainsi qu’avec les parlementaires, les responsables communautaires, les chercheurs, les institutions universitaires, les associations de défense des patients et les personnes touchées par la tuberculose. Des mesures multisectorielles doivent être prises pour garantir l’accès universel aux services.

• Il est temps pour les gouvernements et les partenaires de coordonner leur action, afin d’agir sur les facteurs de risque de la tuberculose tels que la promiscuité, d’encadrer les métiers à risque comme les travailleurs miniers et le personnel de santé, et de réduire les comorbidités avec le VIH et le diabète, tout comme la malnutrition chez les enfants.

Pour mettre fin aux flambées épidémiques de tuberculose et d’autres maladies, nous devons édifier des systèmes de santé solides qui serviront de socle à la couverture sanitaire universelle.

Pour une Afrique sans tuberculose, œuvrons ensemble en faveur de la disponibilité de produits diagnostiques de qualité, et de services de prise en charge et de suivi à proximité des communautés, en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté.

Source : lefaso.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici