MENA : « Un instituteur  sans salaire depuis des années »

73

Ceci est une interpellation d’un citoyen adressée au ministère de l’éducation nationale sur le cas d’un enseignant.

 À la faveur du projet des écoles satellites, Monsieur Thombiano Jean-Marie a été recruté et servait dans la région de l’Est. Quelques années après, le projet a pris fin. Le MENA décide d’intégrer tous les enseignants de ces écoles satellites. Monsieur Thombiano qui servait déjà dans une des CEB de la région de l’Est n’a pas pu déposer son dossier d’intégration. Et pour quelle raison? Tout compte fait, la hiérarchie de Monsieur Thombiano Jean-Marie n’a pas acheminé son dossier. Monsieur Thombiano ne le savait pas.  Grande était donc sa surprise quand il a constaté que tous ses collègues des écoles satellites ont été intégrés sauf lui.

  Monsieur Thombiano Jean-Marie entreprend donc  de mieux comprendre cette histoire. Des autorités coutumières aux autorités administratives, personne n’a été épargné. Par la suite, Monsieur Thombiano apprend que sa hiérarchie avance comme preuve qu’il aurait démissionné et qu’il se serait fait recruter avec le CEP au lieu du BEPC.

   Depuis cette date, monsieur Thombiano s’est battu corps et âme afin d’être rétabli dans ses droits. Il a même fait le tour des différents services au MENA. C’est en 2013 que les services du MENA se sont réellement engagés à mener une véritable enquête.

  Les enquêtes entreprises par des inspecteurs des services du MENA ont donné les résultats suivants :

1.Monsieur THIOMBIANO Jean Marie n’a jamais démissionné des écoles satellites. Toutes ses décisions d’affection sont complètes et signées par des autorités compétentes. Ses états des services à jour, il est bel et bien dans son service, malgré les difficultés.

  1. Monsieur THIOMBIANO Jean Marie fut admis au test de recrutement des enseignants des écoles satellites avec le BEPC et non avec le CEP et est titulaire du CEAP depuis 2007 et est toujours en service à l’inspection de Matiacoali (Fada N’Gourma).

Après cette enquête, Monsieur Thombiano a espéré jusqu’en 2018 où il décide de saisir la justice. Le procès a eu lieu le 5 mars et le verdict a été prononcé le 5 mai 2018. Le verdict est en faveur de Monsieur Thombiano. C’est ainsi que la justice déclare et ordonne:

  1. L’intégration de Monsieur Thombiano Jean-Marie dans la fonction publique à compter du 1er janvier 2009 comme ses collègues.
  2. La normalisation de son salaire, avancements et autres à compter du 1er janvier 2009 jusqu’en 2018, et un dommage de 3.000.000 de francs CFA à lui reverser.

Jusqu’à présent Monsieur Thombiano Jean-Marie est sans salaire et espère rentrer dans ses droits le plus tôt possible. Une fois de plus, nous interpelons les autorités du MENA, qu’un agent est entrain de travailler depuis des années sans salaire malgré l’injonction de la justice et le rapport des différents services techniques du MENA. Nous espérons tous que le ministre Ouaro saura redonner à ce brave citoyen burkinabè le sourire que chacun a besoin pour vivre dignement.

 Traoré Abdoulaye Fundjé

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Burkina24.com