Me Gilbert Noël Ouédraogo de la CODER : «Il faut travailler à exclure l’exclusion»

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Une délégation de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) a séjourné à Tenkodogo, le samedi 8 avril 2017. L’objectif était d’expliquer aux autorités coutumières et religieuses, la démarche de la structure pour la réconciliation nationale.
Des membres de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER), avec à leur tête, Me Gilbert Noël Ouédraogo, étaient à Tenkodogo, le samedi 8 avril 2017. L’objectif du déplacement était d’expliquer aux autorités coutumières et religieuses, leur démarche dans la réconciliation nationale. Le message livré à toutes ces autorités a été le même. «Nous sommes tous des Burkinabè et nous devons travailler à construire notre nation, parce que chacun a sa part de contribution qu’il peut apporter. Nous pensons qu’il faut travailler à exclure l’exclusion, parce que pour nous, le principe de la démocratie même veut qu’il appartienne au peuple de choisir ses dirigeants (…). Nous ne souhaitons pas qu’il y ait des gens qui soient plus burkinabè que d’autres. C’est dans ce cadre que nous avons entamé une série de tournées auprès des autorités morales, politiques et religieuses», a dit dans sa déclaration liminaire, le chef de la délégation de la CODER, Me Gilbert Noël Ouédraogo. Et d’ajouter que pour la CODER, la justice doit être au cœur du processus de réconciliation nationale. Selon lui, la réconciliation doit concerner tous les faits et les évènements touchant toute l’histoire de la Haute-Volta devenue le Burkina Faso. A cet effet, à entendre Gilbert Ouédraogo, la CODER propose une solution en 4 points : le 1er est la justice, la paix et la réconciliation nationale. Parce que la CODER, explique-t-il, estime que les Burkinabè ont besoin d’une justice indépendante, impartiale et équitable, un élément précurseur de la réconciliation nationale à même de conduire à une véritable paix au pays des Hommes intègres. Le 2e élément, c’est la remise du pays au travail. Les membres de la CODER estiment que depuis les évènements de 2014, le Burkina est en sommeil et il y a nécessité de revoir comment réactiver les activités de développement. Le 3e point de l’offre concerne la relance économique. Pour la délégation, il y a nécessité de s’attaquer aux problèmes réels auxquels sont confrontés les Burkinabè tous les jours. Le 4e point, c’est la promotion et la sauvegarde de la démocratie. Gilbert Noël Ouédraogo a dit avoir demandé l’accompagnement du chef de l’Etat dans cette mission de réconciliation nationale à travers un forum national préparatoire, qui va regrouper toutes les composantes de la société burkinabè. La suite consistera à déclencher le processus véritable de réconciliation. A la question de savoir si la CODER est comprise dans sa démarche de réconciliation nationale, Me Gilbert Noël Ouédraogo a répondu par l’affirmative. «On a souvent tendance à réduire l’histoire du pays à un certain nombre de faits et nous disons qu’il faut aller au-delà de ces clichés. Si vous prenez par exemple la question de l’emploi des jeunes, ce n’est pas un juge qui pourra prendre une décision pour qu’on emploie tous les jeunes du Burkina Faso. Si vous prenez la question de la femme dans le cadre de l’accès à la terre, la question politique notamment, les divergences politiques entre les hommes, ce n’est pas en justice qu’on règlera ce problème», a-t-il ajouté.
Bougnan NAON
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L’adresse de Sa Majesté Naaba Guiguem Pollé à la CODER
«La CODER est une organisation qui veut la paix entre les Burkinabè afin qu’ils puissent travailler ensemble. Que cette action puisse se réaliser afin que la réconciliation et la joie reviennent. Le Burkina Faso est un pays qui ne peut être gouverné dans la division. C’est un pays où la parenté est très étendue. On ne peut entrer dans une cour sans retrouver un parent. Si ce n’est un parent du côté paternel, c’est un du côté maternel ou de ton épouse. Ce pays ne peut se développer que dans la paix, l’union et la concorde. J’exhorte la CODER à œuvrer dans le sens de la sensibilisation pour la réconciliation, afin que beaucoup de Burkinabè comprennent et entendent la voix de la majorité qui se dégagera dans ce sens. Ils doivent entreprendre les démarches dans le calme, l’amour, la démocratie et prendre en compte toutes les préoccupations. En tant que chef, c’est une nécessité de faire l’union autour de soi. Si la population est en désaccord, le royaume ou le pays est ingouvernable. J’appelle au rassemblement de toutes les couches. En cas de problème, il est impérieux de discuter pour trouver les solutions».
Propos recueillis par B.N.

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