Lutte contre la corruption : L’académie de police formée à être un rempart

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Lutte contre la corruption : L’académie de police formée à être un rempart

Un policier corrompu est une source d’insécurité pour la société. L’académie de police qui forme les élèves officiers et commissaires de police l’a compris et prépare ses pensionnaires. En partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations et le Programme des nations unies pour le développement au Burkina Faso, une conférence sur la corruption et ses méfaits a été animée ce 26 juin 2019 à l’académie située dans la commune de Pabré.

La corruption compromet l’autorité, les valeurs, la personnalité du policier pourtant garant de la loi. Il faut attaquer le mal à la racine, et les centres de formation sont le lieu par excellence pour en parler afin que les pensionnaires s’imprègnent des contours du phénomène et surtout de ses méfaits. C’est l’académie de police que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Programme des nations unies pour le développement (PNUD) au Burkina Faso ont choisie pour discuter de la question à travers une conférence publique.


Un choix qui n’est pas fortuit, à en croire le représentant résident du PNUD au Burkina Faso, Mathieu Ciwela. Il a dit fonder l’espoir que les commissaires, les officiers et fonctionnaires de cette noble « maison du savoir » seront des policiers intègres et soucieux de contribuer partout où ils seront notamment au Sahel et au Nord ,à la lutte contre la corruption et à la promotion des valeurs d’intégrité qui caractérisent leur métier.


Le cadre juridico-institutionnel de la lutte contre la corruption a été expliqué aux élèves officiers et commissaires de police pour leur permettre de connaitre les normes sur lesquelles s’appuyer pour combattre la corruption, les instituions susceptibles d’être actionnées dans cette lutte. Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) était également présent pour faire un focus sur la corruption au sein de la police en montrant ses manifestations, son ampleur, ses causes et les moyens de lutte aux plans individuel et collectif.


Le journaliste d’investigation Ladji Bama a, quant à lui, partagé avec l’auditoire, les cas emblématiques de corruption au Burkina Faso notamment révélés par la presse nationale.

« Une police corrompue, c’est une société gangrenée(…). Plus la police sera vertueuse, plus elle aura la confiance des populations, plus on pourra aller dans une société sécurisée », a dit le contrôleur général d’Etat Luc Marius Ibriga, conférencier, qui a salué cette initiative.


Le représentant résident du PNUD au Burkina Faso, a pour sa part expliqué que la corruption constitue l’un des plus importants facteurs d’effritement de la confiance des populations à l’égard de l’administration. « En sapant la confiance des populations, la corruption fausse les bases des conditions de succès des projets et programmes. Elle a donc un impact très négatif sur les économies nationales et sur la cohésion sociale, voire sur la paix et la sécurité », décortique Mathieu Ciwela.

Pour le Commissaire principal de police, Emmanuel Zongo, coordonnateur des études et des stages de l’académie de police, les élèves officiers et les élèves commissaires de police sont des futurs Officiers de police judiciaire (OPJ). Et à ce titre, « ils sont des maillons essentiels dans la lutte contre la corruption ». Et cette conférence vient compléter les cours magistraux déjà reçu par les pensionnaires. Au contact du terrain, ils seront de meilleurs remparts pour contrer ce fléau qui assèche les caisses de l’Etat et constitue un « cancer » pour la société en général.


Les organisateurs ont exhorté les élèves officiers et commissaires à mettre en œuvre les enseignements reçus dans le cadre de leur travail au quotidien.

Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’un projet intitulé « Appui à l’amélioration de la confiance entre l’administration, les forces de défense et de sécurité et les populations dans le Nord et le Sahel du Burkina Faso ». Il est mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations et le Programme des nations unies pour le développement au Burkina Faso en appui au Programme d’urgence pour le sahel (PUS) initié par l’Etat burkinabè pour apporter une réponse globale aux problèmes d’insécurité , d’extrémisme volent et de radicalisation.

Tiga Cheick Sawadogo

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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