Les patrons de presses privées demandent au gouvernement de régler, « leurs factures impayées »

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Les organisations patronales de la presse privée du Burkina Faso, ont dans une lettre ouverte en date du 10 mai dernier, attirer l’attention du Premier ministre Paul Kaba Thiéba sur les promesses non tenues de son gouvernement au sujet de leurs factures impayées que l’Etat garde dans ses tiroirs. Ces structures associatives des entreprises de presse privée (presse écrite, presse audiovisuelle, presse en ligne) disent avoir engagé des négociations avec le gouvernement depuis 2016 pour l’apurement des factures impayées que l’Etat leur doit depuis des années.

Le Chef de l’Etat Roch Kaboré, a été mis au courant à la faveur d’une audience entre lui et le bureau de la société des éditeurs de la presse privée, qui avait fait la promesse d’instruire le gouvernement pour un traitement diligent du dossier.

A cela, il faut ajouter la rencontre entre le ministre de la Communication et les associations patronales de médias en vue d’échanger sur la créance des entreprises de presse. Au conseil des ministres du 31 mars dernier, une résolution avait été prise pour soulager un tant soit peu les presses privées. Mais depuis lors, indique les signataires de la lettre, c’est le statuquo. « Le non-paiement des créances de la presse privée, semble obéir à une forme de censure que l’Etat, à travers ses institutions et ses démembrements, exerce de manière pernicieuse sur un instrument clé de la démocratie » s’indignent-ils.

Les promoteurs d’entreprises privées qui disent avoir toujours privilégié la voie du dialogue et de la négociation, se sentent frustrés de cette négation de leur situation. C’est pourquoi disent-ils prendre acte d’une telle indifférence qui frise le mépris et la volonté de liquidation des entreprises de presses privées qui sont également pourvoyeuses d’emplois et d’impôts comme les autres secteurs.

Désormais elles se réservent le droit d’entreprendre toute initiative qu’elles jugeront utiles en vue d’obtenir le recouvrement intégral de leurs créances. « Ce n’est pas la charité que nous demandons. Nous réclamons le paiement de prestations que nous avons réalisées pour l’Etat et qui, en retour, ne respecte pas ses engagements » ont-ils souligné.

A les entendre, cette lettre ouverte tient donc lieu de préavis pour toutes les actions nécessaires que les entreprises de presses privées seront amenées à entreprendre ultérieurement pour sauver les espaces de liberté et tous les autres acquis qu’elles ont chèrement arrachés.

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