Les avortements clandestins au Burkina sont passés de 1.300 à plus de 1.900, entre 2010 et 2012 (Juriste)

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Ouagadougou – La chargée de projet de l’Association des femmes juristes du Burkina Faso, (AFJBF), Awa Yanogo, dans une interview accordée au quotidien d’Etat Sidwaya, a relevé que de 2010 à 2012, les chiffres sont passés de 1300 à plus de 1900 avortements clandestins au Burkina Faso.

La juriste a indiqué que concernant les conditions de pratique de l’avortement autorisé, les dispositions juridique sont claires.

Citant l’article 387 du Code pénale, Awa Yanogo a expliqué que «l’interruption volontaire de grossesse peut être pratiquée à toute époque si deux médecins, dont l’un exerçant dans une structure sanitaire publique, atteste après examen, que le maintien de la grossesse met en péril la santé de la femme ou qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic».

Et de poursuivre que : «En outre, en cas de viol ou d’inceste établis, la matérialité de la détresse est établie par le ministère public et la femme enceinte peut demander à un médecin dans les dix premières semaines, l’interruption de la grossesse».

Selon Mme Yanogo, l’on peut définir l’avortement comme l’expulsion hors des voies génitales d’un produit pesant moins de 500 grammes. «Quand on dit que le fœtus a moins de 500g, il correspond à peu près à 20-22 semaines de grossesse. Quand le fœtus dépasse les 500g, on parle d’accouchement prématuré », a-t-elle détaillé.

Pour elle, le constat est que la plupart des femmes qui partent pour des soins après avortement dans les centres de santé, répondait aux critères pour avoir un avortement légal et sécurisé.

«Au Burkina Faso, les gens ont tendance à négliger l’avortement alors que c’est un problème sérieux. De 2010 à 2012, les chiffres sont passés de plus de 1300 à plus de 1900 avortements clandestins. Et ces chiffres sont recensés dans les centres de santé», a-t-elle déploré.

De son avis, si on légalise l’avortement, l’on peut espérer une réduction du taux des avortements clandestins, surtout les complications liées à ces avortements.

fo/ak

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