Les attentes du Peuple burkinabè sous Kaboré (suite)

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La configuration de la nouvelle Assemblée Nationale

Telle que se présente l’Assemblée Nationale actuelle, les burkinabé ont foi que la démocratie a devant elle de beaux jours. Les hommes et les partis politiques vont probablement s’alterner au pouvoir et les populations auront le loisir de juger les uns et les autres en fonction de ce qu’ils auront produit comme résultats durant leurs mandats. C’est en allant à plusieurs marchés qu’on fait la différence des marchés, et opérer ses choix en fonction de ce qu’on a à acheter ou à vendre. C’est ce qu’on dit dans notre pays, une vérité aussi juste en politique. Aucun parti ne peut se vanter présentement d’avoir la majorité absolue, la majorité absolue pour un pouvoir absolu. C’était la politique du toug-guili avec l’ex majorité, ‘ le tout rafler ’’. Les burkinabé ont un mauvais souvenir de cette majorité qui permettait de réduire les autres au néant, en votant quelques fois des lois contre le devenir des populations. La forme actuelle de notre assemblée est une grande force pour la démocratie, une force qui va apprendre aux uns et aux autres à compter avec tout le monde pour réussir. Cela ne profitera qu’au peuple. Les lois qui y seront votées seront sans doute de qualité supérieure à celles que nous offraient les conclaves du régime déchu. Le parti au pouvoir actuellement est contraint d’être sobre et tempérant dans ses positions. Il est conscient que les partis politiques de l’opposition veulent aussi le pouvoir et exploiteraient ses erreurs, s’il le faut. Et comme ils veulent aussi le pouvoir, ils ne feront pas de suggestions et des propositions creuses à ceux qui tiennent déjà les rênes du pouvoir. Dans cette auguste assemblée, le peuple les jugera tous à chaque heure qui passe ! Les meilleurs conseils et les meilleures idées pour le parti au pouvoir viendraient indiscutablement de l’opposition. Le parlement actuel a donc toutes les chances d’être véritablement un sanctuaire national, dans lequel on discutera des vrais problèmes de la nation, pour en prendre des mesures légales et idoines pour leurs résolutions.

Ainsi on n’amènera plus devant nos députés, des projets de lois liberticides, sans tête ni queue, et leur demander un vote obligatoire sous haute surveillance. Avec la fin du jeu cynique qui consistait à se faire élire dans un parti pour rejoindre un autre parti à l’Assemblée, tous les élus assumeront désormais, la main sur le cœur, le mandat qu’ils ont reçu de leurs électeurs. C’est là qu’ils mériteront tous le qualificatif d’honorable. Tous les espoirs sont permis avec cette nouvelle assemblée qui a désormais à sa tête un connaisseur de la chose politique. Un des rares citoyens du monde, très peu friand du pouvoir et des biens matériels. On dit de lui qu’il est un grand travailleur et qu’il a toujours eu le soucis de faire quelque chose pour les populations . C’est un révolutionnaire, disent certains. Pour nombreux de ses concitoyens, l’ex ‘’parti majoritaire ‘’ le CDP, était populaire à Ouahigouya grâce à lui. Parlant peu comme tous les hommes d’action, les Burkinabé attendent de lui, qu’il mette tout son talent au profit de notre représentation nationale. Son passage au Niger est une preuve suffisante qu’il a de la matière grise fertile et une personnalité à même de donner une nouvelle aura à notre Assemblée Nationale. Sauf cas de force majeur, on peut penser qu’avec lui, ce qui sera dit à l’Assemblée Nationale ne ressemblera plus aux paroles sans importance de bambins trainant dans la poussière. Il faut le dire, l’autorité de l’Etat commence par le respect des hommes d’Etat, des textes que les autorités elles- mêmes ont écrits. Le respect de la parole donnée est une qualité essentielle des hommes et des personnes morales. Les africains disent qu’une bouche qui ne reconnaît jamais ce qu’elle dit n’est pas une bouche, et le Moagha d’exprimer tout son dégout en ces mots : un derrière vaut mieux qu’une bouche qui ne reconnait pas ses propres paroles. Aussi un père qui donne des conseils que lui-même n’applique pas n’est pas un modèle. Un état qui ne respecterait pas ses propres textes et lois n’est qu’une somme de contractions déshonorantes, sans crédit. Le respect des principes qu’on s’est soi-même imposés s’appelle burkinlem, l’intégrité. C’est la seule voie capable de réconcilier le peuple burkinabé avec lui-même et avec ses dirigeants. La seule voie qui nous permettra d’avoir une orientation pour le progrès. Cette voie, on peut le croire, sera bientôt opérationnelle sous la direction de Salif DIALLO, le chef de tous les Gulimantcéba du Yatenga.

Les frasques des premières dames

v Derrière les grands hommes, se cachent toujours de grandes dames, dit-on. Un homme n’est jamais assez grand pour ne pas avoir besoin des conseils de sa femme. Au Moogho soutient-on, lorsque le roi dit que la nuit lui a prodigué des conseils, c’est qu’une bonne part de ces conseils proviennent de sa femme. La connaissance du juste milieu étant la qualité des grands hommes, ceux qui sont grands et qui tiennent à le demeurer, savent ingénieusement faire usage des influences et des conseils de leur femme. Malheureusement, Certains une fois au pouvoir, oublient leur mission et l’abandonnent entre les mains de leur épouse. C’est le cas de Ferdinand MARCOS de philippines dont l’histoire de 1965 à 1986 ressemble quelques peu à celle du Burkina Faso, du Front Populaire à l’investiture du Président KABORE. Démocratiquement élu président en 1965, Ferdinand MARCOS deviendra un vrai despote à partir des années 1970 avec tout le soutien de sa belle épouse Imelda Marcos. Miss de son pays avant son mariage avec le jeune officier de l’armée philippine, Madame Marcos a été une véritable vice-présidente du pays pendant la dictature de son beau- joli- Ferdinand. C’était une première dame de grande classe. Elle faisait ses provisions pour la cuisine à Rome. Les supers marchés de Manille n’offrant rien de satisfaisant par rapport à la classe de sa famille. Des langues ont soutenu qu’une fois de retour d’Italie, elle ordonna au pilote qui la conduisait à faire demi-tour ; parce qu’elle avait oublié d’acheter des spaghettis. Au même moment, les Philippines étaient un pays pauvre comme elles le sont encore aujourd’hui, avec une bonne frange de la population qui vit avec moins d’un dollar US par jour. Toutes ces exagérations ont fini par produire la Révolution EDSA qui poussa Marcos à la démission. Corazon AQUINO, La veuve de Benigno AQUINO assassiné en 1983, soutenue par Fidel Valdez RAMOS l’ancien bras droit de MARCOS, venge son époux et accède au pouvoir en 1986. Le prestigieux couple était ainsi contraint à exil dans les iles Hawaii. A la même période exactement, une autre dame accompagnait un autre dictateur dans les crimes économiques et de sang en Afrique. C’était Madame TRAORE du dictateur Moussa TRAORE du Mali. A maintes reprises, elle fut condamnée à mort avec le dictateur. Sans la tempérance et la grâce du président KONARE, ce couple se serait longtemps rendu à Golgotha. Le Président KABORE fera donc tout pour que dans les faits, Madame KABORE ne devienne pas chef du gouvernement et présidente de l’Assemblée Nationale, comme l’a si bien été cette autre première dame, Madame GBAGBO Simone, l’épouse du panafricaniste et grand socialiste ivoirien. Elle fit le pouvoir de son époux, et le défit malicieusement par la suite, en rendant impraticable le tunnel de la dépendance de Cocody. Son influence a été telle que dans la vie politique en Côte d’Ivoire, elle avait réussi semble- t-il, à imposer une séance de prière à l’Assemblée Nationale. Madame KABORE est sûrement d’un autre genre. Nous l’avons connu sobre et discrète au moment où elle avait beaucoup d’opportunités d’être à toutes les cérémonies, au moment où le Président KABORE était encore Premier ministre et Président de l’Assemblée Nationale. Si l’entourage de Monsieur KABORE a toujours vu en lui un homme simple et respectueux, c’est qu’il ne vit pas l’enfer à la maison, sinon, il serait devenu philosophe comme Socrate, qui fuyait le domicile conjugal pour accoucher les idées dans l’agora. Une autre manière de se rendre utile à la société. Par expérience, les burkinabé savent que les parents de Madame KABORE, ses copines et les griots chercheront à pomper de l’air chaud et étourdissant dans sa tête. Qu’on ne la perturbe pas en voulant qu’elle devienne forcement une maman nationale. Qu’elle demeure la tendre mère de ses enfants et la digne épouse de Monsieur KABORE. Qu’elle reste humble, discrète et efficace dans la recherche du bien, comme la femme du Moogho Naba qu’on ne voit jamais, ou la femme de BARACK Obama qui ne se présente que là où les américains l’attendent.

En plus des premières dames, les hommes d’états africains ont un monde impressionnant qu’ils doivent savoir gérer, les parents directs et indirects, les cousins et les neveux des oncles, le village. Un homme politique africain ne peut prétendre à une quelconque popularité à l’échelle nationale tant qu’il n’est pas d’abord connu et aimé dans son fief. La beauté d’une tête dit-on en Afrique, réside d’abord dans la forme de la boite crânienne et non dans l’abondance de la chevelure qui la couvre. Quels que soient les atouts d’un homme politique africain, il doit savoir compter avec ce monde sans se laisser téléguider par certains d’eux qui voient moins bien que lui. Avec l’accession à la présidence de Monsieur KABORE, ses parents, les plus vrais et les plus valeureux, continueront à cultiver leurs champs, avec leurs dabas, ils continueront à vaquer à leurs occupations comme de par le passé. Ils vont rendre service à Roch en cas de besoin, dans la discrétion et souvent sans qu’il ne le soupçonne.

A côté de ces femmes et de ces hommes courageux, il y aura les autres. Ceux qui n’auront que le nom du président comme carte de visite. Ils seront partout dans l’administration, peut- être même dans le gouvernement ou à l’Assemblée Nationale. Ces hommes voudront se substituer à tout le monde et à toutes les occasions, éloigner Roch de ses électeurs et de ceux qui l’ont fait président. Ils chanteront même à l’oreille de leur cousin que tous les coups sont permis en politique, et de ne rien craindre, même quand le danger sera en face. Dites-leur ceci : « je suis l’oncle et le cousin de tous ceux qui ont voté pour moi à kampti, à Nafiéra et à Zéko. Je suis bien aussi le neveu de ceux qui n’ont pas voté pour moi à Ouagadougou. Ne mettez pas du sable dans mon couscous que j’ai mis du temps à cuir. ». Pour certains de ceux- là qui sont sans emploi, dites-leur d’aller cultiver des choux comme le font les braves jeunes de Zoungou et de Zam. Faites des piscines géantes à Sapaga pour ceux qui voudront élever des grenouilles. Il y a certainement plusieurs moyens pour réussir en politique et de s’y maintenir. Pour y échouer, il n y a qu’une seule stratégie : C’est de tourner le dos à ses camarades et amis de longues dates ; minimiser les efforts et les conseils de ses proches, et tout ramener à sa famille. Personne au Burkina n’ignore cette vérité, encore moins les hommes politiques. Dans de pareilles situations, quand monsieur Apocalypse se présente, avec derrière lui les travailleurs, les syndicats, la société civile et les étudiants, la famille et les nouveaux amis deviennent inutiles. En écoutant mieux les vrais conseils des techniciens que les paroles flatteuses des courtisans, votre équipe jouera la finale comme les étalons, si elle ne remportait pas le trophée. Pour un homme d’Etat, c’est la meilleure façon de garantir avec sérénité et dignité sa retraite, au lieu se contraindre à quitter le pays sous un soleil de plomb. Certains en ont déjà fait l’amère expérience.

Lire la première partie ici : Les attentes du Peuple burkinabè sous Kaboré

YAMEOGO Ignace
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