Législatives au Mali : Les contestations persistent contre les résultats de la Cour constitutionnelle

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Législatives au Mali : Les contestations persistent contre les résultats de la Cour constitutionnelle

Au Mali, les manifestants ne décolèrent pas après la proclamation des résultats des élections législatives par la Cour constitutionnelle. En effet, de nouvelles manifestations ont éclaté le lundi 4 mai 2020, dans des communes de Bamako et à l’intérieur du pays. Les manifestants, en plus de contester les résultats définitifs, accusent la présidente de la Cour constitutionnelle, Manassa Danioko, et les huit autres juges d’avoir préparé un hold-up électoral en faveur du parti présidentiel, le RPM.

Selon les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, le parti au pouvoir gagne dix sièges de députés de plus que dans les résultats provisoires donnés par le ministère malien de l’Administration territoriale. Il n’en fallait pas plus pour que les manifestants descendent dans la rue. « Nous voulons les vrais résultats des élections législatives », scandaient des manifestants dans la commune 2 de Bamako. Ils estiment que c’est injustement que la victoire a changé de camp.

Dans la localité de Sikasso, dans le sud du pays, c’est le même scénario. « Le parti qui a perdu dit qu’il a gagné. Donc on coupe les routes, personne ne rentre ni ne sort tant que justice n’est pas faite », explique un manifestant.

Des partisans de l’alliance Adema-Asma-ADP-CFD, liste déclarée non gagnante par la Cour, ont convergé vers le gouvernorat de la ville pour protester contre le verdict. « Nous allons paralyser le trafic routier et les activités de l’administration jusqu’à ce qu’on rende notre victoire », proteste un manifestant à Sikasso.

Rien que dans le cercle de Sikasso, la Cour constitutionnelle a annulé plus de 20 mille voix dans douze communes. De quoi susciter la colère des partisans de la liste Adema-Asma-ADP-Maliba et CFD qui, pourtant, était arrivée en tête lors des résultats provisoires des législatives proclamées par le ministre de l’Administration territoriale.

Depuis la proclamation des résultats définitifs, les neuf membres de la Cour constitutionnelle sont au centre des débats. Au point qu’un important dispositif sécuritaire a été déployé devant le domicile de la présidente de la Cour.

Avec cette situation, certains proposent de réduire le pouvoir de la Cour constitutionnelle, d’autres parlent de changer le processus de désignation des membres de la Cour. Il faut noter que six des neuf membres de la Cour sont nommés par le président de la République et celui de l’Assemblée nationale, qui sont tous issus du parti au pouvoir.

Voilà de quoi susciter les débats sur l’impartialité de la Cour constitutionnelle après chaque consultation électorale. Les requêtes analysées par la Cour sont, pour la plupart, favorables au parti présidentiel.

O.I

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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