Le parcours démocratique du Burkina à la loupe de la CODER

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Dans son élan de contribuer à «la sauvegarde de la démocratie» dans notre pays, la CODER (Coalition pour la démocratie et la réconciliation) a organisé un panel autour du thème «Processus démocratique au Burkina Faso de 1960 à nos jours: Bilan, enjeux, défis et perspectives». C’était le samedi 17 juin à Ouagadougou où plusieurs aspects du paysage politique burkinabé ont fait l’objet de communications.

Ce panel, aux dires du président de la CODER, Rasmané Ouédraogo, marque l’ouverture du «chantier de promotion de la démocratie dans notre pays» à la suite des tournées pour prêcher la nécessité d’aller à la réconciliation nationale. Dans ce sens, l’accent a été mis, ce samedi 17 juin, sur le bilan du processus démocratique burkinabè considéré à partir de 1960. L’objectif visé étant, selon le président de la CODER, «de contribuer à créer une société burkinabè que tout le monde appelle de ses vœux; une société en laquelle chaque Burkinabè se reconnaît, où tous les Burkinabè s’acceptent malgré leurs différences, où tous les Burkinabè sont effectivement des Burkinabè».

Au-delà de la capitalisation des actes du présent panel, la CODER espère que le chantier ainsi ouvert, bénéficiera de la contribution d’autres acteurs.

En attendant, le Pr Albert Ouédraogo, l’un des panélistes de ce samedi 17 juin, dit trouver que la violence qui émaille par moment l’activisme politique dans notre pays est dû à la prise du pouvoir et à sa gestion durant longtemps (de janvier 1966 à octobre 2014) par l’armée. C’est donc à juste titre qu’il trouve salutaire, la loi excluant les militaires en activité de la politique. Mais pour endiguer la violence en politique au Burkina Faso, il faut, selon lui, à la fois une véritable éducation civique et citoyenne, mettre un terme aux inégalités criardes ainsi qu’à la politisation de la société civile et de la religion notamment.

Même durant cette longue période, dira Siaka Coulibaly, un autre panéliste du jour, les Burkinabè ont toujours affiché leur attachement à la démocratie, tout en exprimant leurs positions politiques plurielles, leurs réprobations face aux violations des droits humains, en militant pour l’émergence et le rayonnement d’une société civile active dont l’image, malheureusement, est en régression par ces temps qui courent.

Après avoir résisté à tant de tumultes, la démocratie dans notre pays, de l’avis du Pr Abdoulaye Soma, doit se nourrir de réformes discutées et acceptées – du moins les grandes réformes constitutionnelles et institutionnelles – par les différentes sensibilités représentatives de la société burkinabé. Au-delà, la gouvernance politique doit être aussi inclusive que possible, et la gouvernance économique doit être assise sur la transparence rigoureuse dans la gestion des ressources publiques.

Cet élan de réformes consensuelles souhaitées gagnerait, selon Dr Abdoul Karim Saïdou, enseignant-chercheur et autre communicateur du jour, à donner lieu à la mise en place d’une police des campagnes électorales. Celle-ci doit, précise Dr Saïdou, travailler en intelligence avec la justice qui, elle, devra se charger de sanctionner sans complaisance les manquements qui viendraient à être portées à sa connaissance.

Paangui Parè

Bayiri.com