« Le meilleur discours sur la situation de la nation, c’est celui que le Président de l’Assemblée nationale a fait ce jour-là », estime le porte-parole de l’opposition, Zéphirin Diabré

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« Le meilleur discours sur la situation de la nation, c’est celui que le Président de l’Assemblée nationale a fait ce jour-là », estime le porte-parole de l’opposition, Zéphirin Diabré

Pour Zéphirin Diabré, ce diagnostic de Paul Kaba Thiéba est en déphasage avec la réalité que vivent les Burkinabè. Le porte-parole de l’opposition ne trouve pas de meilleurs propos pour résumer cette sortie du Premier ministre que ceux du président du groupe parlementaire UPC pour qui, « le meilleur discours sur la situation de la nation, c’est celui que le Président de l’Assemblée nationale a fait ce jour-là ». Pour « Zèph. », il n’y a rien à dire.

‘’Notre réaction, c’est la réaction du Président de l’Assemblée nationale, par rapport au Premier ministre et l’appréciation qu’il a apportée à ce qu’il a dit. Nous partageons entièrement cela. Il (Président de l’Assemblée nationale) a dit qu’il faut qu’il écoute d’abord l’opposition, et qu’il ne la traite pas d’ennemi ; le mot est très fort. Nous sommes des adversaires politiques, on n’est pas des ennemis. Peut-être que celui qui n’est pas habitué, qui était un peu étranger à notre affaire-là, voit les choses comme cela. Mais, nous sommes des habitués de la politique, nous avons des divergences, des différences, mais nous n’avons pas d’ennemis ; parce que nous avons le sentiment que, ce que chacun d’entre nous fait dans son camp (l’Etat, le gouvernement, le MPP et nous), tout doit contribuer à l’édification de la nation.

Personne n’est contre le meilleur devenir du Burkina, personne ne veut mettre le feu au Burkina. Nous tous qui sommes-là, à des degrés divers, on a quand même été présent dans des moments importants de notre histoire, où le pays aurait pu se déchirer et prendre le feu. C’est parce que de part et d’autre, il y a une certaine pondération que nous en sommes-là aujourd’hui, que des gouvernements sont formés, que des Premiers ministres peuvent venir et exercer des fonctions. Donc, nous ne sommes pas des ennemis’’, a exprimé Zéphirin Diabré pour qui, le Président de l’Assemblée nationale a simplement traduit et véhiculé les pensées de l’opposition.

‘’ Le Président de l’Assemblée nationale dit ensuite au premier ministre de ne pas se contenter des rapports qu’on lui amène, mais de descendre sur le terrain. C’est exactement ce que nous, on dit : un pouvoir doit descendre sur le terrain, doit s‘informer, au lieu de s’asseoir et prendre les documents qu’on envoie sur les critères macro-économiques… Mais, les gens ne mangent pas ça ! On doit descendre dans la rue, et c’est ce que le Président de l’Assemblée nationale a dit ’’, soutient le chef de file de l’opposition, M. Diabré. Il a également rappelé les propos du Président de l’Assemblée nationale au sujet du PNDES (Plan national de développement économique et social) et sur lequel, le premier ministre a été interpellé sur l’urgence de traduire en actes, ce référentiel de développement.

Pour l’opposition, il y a donc une déconnexion entre le discours du Premier ministre, « écrit dans des conditions souvent que l‘on sait, et la réalité que vivent nos concitoyens ; des hommes et des femmes qui, à longueur de journée, triment et qui ont surtout le sentiment que le vrai changement qu’ils attendaient n’est pas là ».

C’est pourquoi suggère-t-elle au premier ministre d’être ouvert… ‘’ Il faut que le Premier ministre apprenne à écouter davantage, parce qu’un homme politique doit écouter. Surtout quand on a la charge de diriger un gouvernement et diriger les affaires de la nation, on doit écouter. Et même quand souvent ce qu’on entend est désagréable…, c’est justement la force que doit avoir un homme politique. (…).On ne s’agite pas parce qu’on a entendu une appréciation… Les gens disent ce qu’ils pensent et ça correspond à la réalité. Mais, je pense que s’il suit bien les conseils que semble lui donner le Président de l’Assemblée nationale, et s’il n’oublie pas les menaces que l’intéressé a faites à son endroit, peut-être que son affaire va s’améliorer et que prochainement, on sera dans de meilleures dispositions’’, peut-on résumer des propos de Zéphirin Diabré.


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Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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