La « poétique magique » : Une trouvaille de littéraires burkinabè

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La Foire internationale du livre et de la lecture de Ouagadougou (FILO) s’est tenue du 23 au 26 novembre 2017 sous le thème général « Livre et lecture dans le cadre familial ». La foire a été aussi une occasion pour des chercheurs burkinabè en matière de littérature de démontrer la vitalité et le dynamisme de la littérature nationale.

Dans le cadre de la tenue de la FILO 2017, le centre de promotion culturelle et artistique « Educ Afrique » a initié une conférence autour du thème « La poétique magique : Pour une relecture des récits de magie ».

Présentée le samedi 25 novembre 2017 à l’Institut Goethe par le doctorant Adamou Kantagba, cette communication a permis de faire découvrir une nouvelle théorie de critique initiée par le Professeur Issou Go de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki Zerbo.

Des chercheurs burkinabè qui cherchent et qui trouvent, on en trouve. La poétique magique en est une preuve, si besoin en était. Telle est la conviction de Adamou Kantagba. La poétique magique, selon lui, est la science permettant de décoder les récits magiques. Dans le cadre de cette science, l’on distingue une triade de magie à savoir : la magie des maléfices, la magie du pacte diabolique et la magie de la transgression d’un interdit.

Pour développer le thème portant sur la poétique magique, le conférencier a d’abord dévoilé les fondements théoriques de cette nouvelle trouvaille. Il a ensuite expliqué comment elle permet de décoder ces systèmes encodés que sont les récits magiques.

A côté des méthodologies traditionnelles (sociocritique, psychocritique), instruments ordinaires d’analyses des textes littéraires, le professeur Go Issou dit avoir expérimenté avec « bonheur » une nouvelle approche des textes littéraires.

La « poétique magique » : Une trouvaille de littéraires burkinabè
Adamou Kantagba

Ce nouvel exercice de critique littéraire, précise-t-il, convient à l’étude d’un certain type de textes littéraires africains, en l’occurrence les récits de magie dont foisonne la littérature du continent. Le substantif « poétique », formule le doctorant Kantagba, n’est pas à prendre fondamentalement dans son acception traditionnelle où elle se résume à l’étude de la seule poésie.

Elle peut être envisagée aussi et surtout au sens structural comme l’étude des procédés et des techniques qui entrent en jeu dans la création littéraire. A la question comment opère alors la poétique magique en tant que stratégie d’interprétation et d’évaluation des récits magiques, le conférencier a tenu à lever le doute sur certaines idées qui font croire que la magie est une spécificité africaine.

« Pour certains, affirme-t-il, le continent noir est le lieu des mystères et la magie, la sorcellerie, une manière propre aux Africains de traduire leur être au monde ». Contre cette prénotion, la magie est une pratique universelle, insiste-t-il. Elle se définit comme le fait de produire des phénomènes extraordinaires en contradiction apparente avec les lois de la nature.

Pour le principal conférencier, « ce n’est point la magie qui échappe à l’entendement humain, mais sans doute tout ce qui échappe à cet entendement que les humains ici ou ailleurs appellent magie ». Les principales caractéristiques d’un récit magique, foi de Adamou Kantagba, sont l’intrigue magique, la triade magique, le crime et le secret magique.

Il illustre que si dans le roman policier, l’on fait appel au détective pour élucider le crime, démasquer le coupable et le sanctionner, dans le récit magique, seuls les acteurs de la magie ou magiciens ont compétence pour démêler l’énigme.

Le chercheur burkinabè conclut que l’application des outils théoriques et méthodologiques de la poétique magique permet d’aboutir à des conclusions captivantes. Il s’agit notamment de l’existence d’un code pénal africain, d’un code scientifique africain et celui d’un code moral africain.

Correspondance particulière

Pour Burkina 24

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