La CODER : « Un doublon qui fâche et divise » (Marcel Tankoano, M21)

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Cinq OSC sont montées au créneau, le jeudi 20 avril 2017 à Ouagadougou, pour dénoncer les agissements de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) qu’ils jugent contraires aux actes de réconciliation. Pour eux, ce regroupement est de trop, car il y a déjà le Haut Conseil pour la réconciliation nationale (HCRN). Ils appellent à sa dissolution par le président du Faso.

Le M21, c’est-à-dire le Mouvement du 21 avril 2013, la Coordination des organisations de la société civile pour l’alternance (COSCA), les Citoyens africains pour la renaissance (CAR), le Mouvement des jeunes du Burkina Faso, le Mouvement plus rien ne sera comme avant (MPRESCA), pour faire passer leur message, ont choisi le ‘’carré des martyrs’’ pour clamer que la lutte du peuple est en train d’être vendue. Il ressort de la déclaration que des personnes comme Gilbert Noël Ouédraogo, qui ont pleuré pour demander pardon, sont aujourd’hui à la tête de cette action de défiance des insurgés.

«Ablassé Ouédraogo, qui a soupé à toutes les tables et qui suit la direction du vent, a décidé, lui aussi, de défier les insurgés. La foutaise suprême, c’est qu’ils osent dire que Blaise Compaoré nous pardonne. Les bourreaux pardonnent à ceux qu’ils ont tués, spoliés, ruinés… du jamais vu ! ». Et le porte-parole des OSC, Marcel Tankoano, de poursuivre que les martyrs ont dû se retourner dans leurs tombes et que leurs familles doivent être au bord des larmes. «La CODER, qui aurait reçu un soutien financier de Blaise Compaoré a franchi la ligne rouge. Ils ont un agenda caché et cherchaient juste à rencontrer Blaise Compaoré. Poursuivez dans l’arrogance, testez la résistance du peuple burkinabè et vous verrez!», a-t-il dit.

Pour le président du M21, Marcel Tankoano, Il ne peut y avoir de réconciliation sans vérité et justice. « Nous attirons l’attention des juges sur les dossiers de l’insurrection, du putsch manqué, demandons qu’ils accélèrent leur traitement sans délai, car le temps presse, et qu’ils arrêtent d’accorder des libertés provisoires indignes à ces barrons de l’ancien régime. Nous gardons l’œil ouvert sur leur procès qui a lieu le 27 avril prochain ». Et le porte-parole de conclure qu’ils espèrent que la CODER saura s’arrêter à temps et la justice, comprendre son rôle historique et suivre le cours de l’histoire», a-t-il conclu.

A en croire Ousmane Ouédraogo, représentant des parents de victimes, c’est dommage qu’après avoir évacué l’eau à l’aide de motopompe pour inhumer leurs parents dans la douleur, la CODER les nargue de la sorte en insinuant qu’ils ont rencontré Blaise Compaoré et qu’ils en étaient contents.

W. Harold Alex Kaboré

Bayiri.com