La BAD dans le capital de la banque agricole: « Très encourageant » (PKT)

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Pour le financement du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) et celui d’appui au développement  des économies locales (PADEL) à hauteur de 851,46 milliards de F CFA, le gouvernement peut compter sur ses partenaires. Ils l’ont témoigné par la voix de leurs représentants venus prendre part à la conférence internationale de deux jours axée sur la transformation agro-sylvo-pastorale. 

« Il est ressorti une volonté générale des PTF d’accélérer leurs appuis dans la région du Sahel (dans le cadre du PUS-BF) et des appuis ciblés auprès des populations vulnérables (en cohérence avec les objectifs du PADEL) avec des engagements nouveaux de financement à hauteur de 220 milliards de F CFA », a déclaré le porte-parole du gouvernement lors de la cérémonie de clôture. Avec ces engagements, le total des financements des deux programmes entrant dans le cadre du PNDES s’élève à 621 milliards de F CFA sur un besoin de 851,46 milliards de F CFA.

Il n’en faudra pas plus au chef de l’exécutif pour se réjouir. Pour le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, ce bilan de la conférence est le signe que « le chemin que le gouvernement a tracé en élaborant le PNDES depuis Paris en 2016 est bien balisé » et que son équipe a « vu juste non seulement en organisant cette rencontre qui intervient à mi-chemin de la mise en œuvre du PNDES mais également en choisissant le thème de la conférence ».

Le thème, c’est accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso. Il figure au niveau de l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES). Selon les estimations faites par le chef du gouvernement, le Produit intérieur brut est constitué par 20% d’apport de la part secteur secondaire (industrie), d’à peu près 30% par le secteur primaire (agriculture,  pêche, exploitation forestière minière) où « le potentiel est immense » en termes d’emplois, de création de richesses et d’investissements et le secteur tertiaire (tourisme, assurance, enseignement, grande distribution) à 50%.

Au regard de la contribution du secteur primaire dans la constitution du PIB, il y a nécessité de « stimuler davantage afin de créer plus de richesses au niveau de ce secteur, plus de valeurs ajoutées » dira Paul Kaba Tiéba. « C’est là que nous allons axer nos efforts désormais », réorientera-t-il plus tard au cours d’une conférence de presse.

De la nécessité de faire dans l’intelligence économique

Le Premier ministre veut voir « exporter la créativité » des Burkinabè. L’exposition des produits issus de la transformation de produits issus du secteur primaire qui s’est tenue en marge de la rencontre de 48 heures lui a donné une idée du stade où le pays se trouve en termes de qualité de transformation et de compétitivité. « Quand j’ai fait le tour ce matin, j’ai vu des choses incroyables. On voit qu’il y a vraiment un changement qualitatif aussi bien dans le conditionnement, dans la présentation », rapporte-t-il.

Et si parmi les exposants, certains ont pu obtenir des certifications nécessaires qui leur ouvrent les portes des marchés étrangers, ce n’est pas le cas de la majorité d’entre eux et donc des transformateurs à l’intérieur du pays.

Le chef du gouvernement qui vise loin dit avoir instruit ses ministres de l’industrie,  de l’agriculture, et de l’économie pour accompagner les transformateurs  tout le long de la démarche de recherche de la qualité, de la compétitivité pour leur permettre d’avoir l’expansion qu’ils méritent. « Cela fait leur bonheur, leur enrichissement mais cela fait également la richesse du Burkina Faso à travers les devises qu’ils vont rapporter et la création d’emplois ».

La BAD entre dans le capital de la Banque agricole

La Banque africaine de développement (BAD), sous l’égide de son président AKinwumi Adesina, ancien ministre nigérian de l’agriculture, s’est engagée à débloquer 24 milliards de dollars pour soutenir l’agriculture au cours des 10 prochaines années à investir sur le continent pour qu’il atteigne l’autosuffisance alimentaire et pour l’industrialisation agricole.

S’il a opté de faire de  l’agriculture sa « plus haute priorité », c’est parce qu’il se dit mû par un « un souci d’apporter un soutien rapide à la diversification des économies en Afrique et à la relance des zones rurales sur le continent ».

A la conférence de Ouagadougou sur la mise en œuvre du PNDES, son représentant de la BAD a annoncé la décision de l’institution d’entrer dans le capital de la Banque agricole du Burkina Faso (BABF). « Si la banque africaine de développement accepte d’entrer dans le capital de la banque,  conclut Paul Kaba Thiéba, c’est qu’elle a confiance dans les missions et dans les résultats que l’on pourra attendre de cette banque ». A ses yeux, « cela est très encourageant » pour l’avenir du secteur agricole burkinabè.     

Oui KOETA                       

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